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Entreprises & FinanceIndustrie financière

Les nouvelles réglementations bancaires ne pénalisent pas les entreprises...pour l'instant

Christine Lejoux

Publié le 28 février 2013 à 11:33 - Mis à jour le 28 février 2013 à 11:42

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Robert Ophèle, sous-gouverneur de la Banque de France, estime que la faible demande de crédits est actuellement satisfaite. Mais il redoute que les banques ne puissent plus y répondre lorsqu'elle augmentera à nouveau. Et ce, en raison du ratio de liquidités à court terme que leur imposera la future réglementation dite de Bâle III.

Les banques seraient-elles au rendez-vous du crédit, alors que nombre d'entreprises prétendent le contraire ? "La demande de financements par les entreprises françaises est globalement satisfaite", a assuré Robert Ophèle, sous-gouverneur de la Banque de France, lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi par l'Association française des trésoriers d'entreprise (AFTE). Pourtant, les crédits aux entreprises (hors secteur financier) ont progressé de 0,8% seulement en 2012, en France, selon des chiffres publiés récemment par la Banque de France, précisément.

Mais, pour Robert Ophèle, si les crédits aux entreprises s'essoufflent, c'est en raison de "la forte baisse de la demande" de ces dernières, la crise économique ne les incitant guère à investir. "Il n'y a pas de rationnement des entreprises dans leur accès au financement, que ce soit sur les marchés financiers pour les grands groupes ou auprès des banques pour les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire)", a insisté le sous-gouverneur de la Banque de France. Il est vrai que la demande de crédit bancaire des PME et des ETI avait continué de chuter, au quatrième trimestre 2012, 34 % seulement des PME déclarent avoir fait une nouvelle demande de crédit.

Le problème du ratio de liquidité

En revanche, lorsque la demande de crédits reprendra des couleurs, à la faveur d'une amélioration de l'économie, "il n'est pas sûr que notre système bancaire puisse y répondre", a prévenu Robert Ophèle. Ce dernier invoque la future réglementation dite de Bâle III, relative au renforcement des fonds propres des banques. Et, plus particulièrement, le ratio de liquidité de court terme, dénommé "LCR (liquidity coverage ratio)", qui imposera aux banques de détenir des actifs liquides suffisants pour faire face à des sorties de capitaux durant les 30 jours suivant le déclenchement d'une crise financière.
Le problème, c'est que le calcul de ce ratio de liquidité est en partie basé sur les ressources stables de la clientèle de la banque de détail. Or "les banques françaises sont handicapées sur ce point, car ces ressources stables [les dépôts bancaires ; Ndlr] sont siphonnées par l'assurance-vie et par l'épargne réglementée, largement centralisée auprès de la Caisse des dépôts (CDC)", met en garde Robert Ophèle.

Réorienter l'épargne vers les banques

Résultat, pour respecter ce futur ratio de liquidité, les banques accorderont forcément moins de crédits. "Du fait de la structure de l'épargne financière, le financement des entreprises françaises est en danger", insiste Robert Ophèle. Qui plaide donc pour "une réorientation de cette épargne financière vers les banques", notamment via des incitations fiscales. Ou bien encore pour une révision des dispositifs permettant aux assureurs de prêter de l'argent, une faculté aujourd'hui strictement encadrée par le Code des assurances.

Vers une augmentation du financement sur les marchés

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En tout état de cause, "le recours au financement sur les marchés ne pourra que prendre de l'importance", décrypte Robert Ophèle. Pour qui "on ne peut donc que se réjouir "du maintien de la tenue de marché au sein de la maison-mère, dans le cadre du projet français de séparation des activités bancaires. Cette activité de "market making", qui consiste pour les banques à assurer la liquidité des marchés pour leurs clients - par exemple pour une entrepris émettant des obligations - a suscité un vif débat entre politiques et banquiers, ces dernières semaines, les premiers redoutant que la tenue de marché n'abrité des activités spéculatives et souhaitant donc en partie la filialiser, et les seconds assurant qu'une pareille initiative nuirait au financement de l'économie.

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Christine Lejoux

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