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Pourquoi le Stade de France coûte si cher au contribuable

Photo de Adeline Raynal

Adeline Raynal

Publié le 27 septembre 2013 à 12:08 - Mis à jour le 27 septembre 2013 à 15:45

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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64 millions d'euros d'argent public seront économisés sur la période 2013-2017 suite à un accord avec le consortium qui gère le Stade de France. Bien qu'il ait toujours été bénéficiaire, l'État lui a versé 114 millions d'euros au total depuis le début son ouverture. Pourquoi? Explications.

Vendredi 20 septembre, le chiffre a fait le tour des médias. Le voilà repris aujourd'hui dans le projet de loi pour le budget 2014 : l'État a réussi à négocier la suspension du versement public de 16 millions d'euros annuels au consortium Vinci/Bouygues qui gère le Stade de France. Cela représente 5% du budget annuel du Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative, et autant d'économies réalisées par l'État en 2014.

>> Budget 2014: mais sur quoi exactement va économiser l'Etat?

Délégation de service public

Pourquoi autant d'argent public était-il donné aux géants du BTP chaque année depuis 1998? Un petit retour en arrière s'impose. En 1995, soit trois ans avant l'accueil de la Coupe du monde de football, le temps presse. Un appel d'offres a été lancé pour faire construire un Grand Stade à Saint-Denis (93) mais malgré plusieurs réponses, le projet retenu n'a toujours pas été déterminé.

Entre les deux tours de l'élection présidentielle, le 29 avril 1995, Edouard Balladur alors Premier ministre, signe un contrat de concession avec le Consortium Stade de France. Ce groupe apporte 173 millions d'euros et est composé de Bouygues, de GTM-Entrepose (groupe lyonnaise des Eaux) et SGE (groupe Générale des Eaux). Il jouit d'une délégation de service public pour "concevoir, construire, financer et exploiter le Stade de France pendant trente ans".

En 2000, SGE est devenu Vinci. Ce dernier contrôle aujourd'hui la part de GTM et donc 67% de l'actionnariat du consortium. De son côté, l'État avait déboursé l'équivalent de 191 millions d'euros de subventions d'équipement initial pour l'édification du Stade de France. Il en est aujourd'hui propriétaire, un cas unique en France.

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Un grand stade mais pas d'équipe résidente

Dans le contrat de concession, des clauses assurent des garanties financières au consortium en cas de pertes éventuelles, et l'une d'elles atteste de l'engagement de l'État à verser une Indemnité pour Absence de Club résident (IACR) annuelle sur toute la durée du contrat.  Ni le Stade Français en rugby ni l'équipe de France de football ne sont résidents au Stade de France Résultat :

"Bien que le Consortium ait toujours été bénéficiaire depuis l'inauguration du Stade de France au début de l'année 1998, l'État lui a versé 114 millions d'euros au total"assure-t-on au sein du Ministère des Sports.

Mais début septembre, le Ministère des Sports a obtenu la suspension de cette IACR "jusqu'à l'été 2017 ou tant que les deux principales fédérations sportives utilisatrices (football et rugby) auront une convention avec le stade". Un avenant au contrat de concession de 1995 a été signé le 9 septembre, le texte a ensuite été publié au Journal Officiel le week-end du 21 septembre.

Un accord avec la FFR jusqu'en 2017...

Le coeur de la négociation serrée qui s'est déroulée entre l'État, le Consortium et les Fédérations Françaises de Rugby et de Football 'est bien le contrat liant la Fédération de Rugby avec le Consortium qui assure un nombre minimal de matches joués au Stade de France d'ici 2017. Avec la FFF, le contrat court jusqu'en 2025. Tout se joue donc sur le rugby. Car si l'État a réussi à suspendre le versement de l'IACR en 2013, 2014, 2015 et 2016 - soit 64 millions d'euros d'économies sur quatre ans - c'est à une seule condition : la FFR s'est engagé à venir jouer au Stade de France jusqu'en 2017.

... mais incertitude pour la suite

Pour la période suivante (2017 à 2025), l'incertitude demeure.

La Fédération Française de Rugby envisage en effet de faire construire son propre stade à Ris-Orangis, d'une capacité légèrement supérieure à celle du Stade de France.

>> Ile-de-France: la guerre des stades est déclarée

Les discussions ne sont pas prêtes de s'achever.

  • "Nous sommes satisfaits de l'avenant obtenu mais l'État demeure propriétaire du Stade ,donc les négociations se poursuivent pour la période 2017-2025 . Mais on ne peut avoir une vision purement comptable dans ce dossier, l'avenir de ce Stade emblématique doit être assuré" explique-t-on dans l'entourage de la Ministre des Sport Valérie Fourneyron.

Les bénéfices fondent peu à peu

Quel avenir économique pour le Stade de France ? Au-delà de l'IACR, les autres entrées d'argent ont tendance à diminuer. La fréquentation du stade s'érode : elle est par exemple passée de 1,9 million de spectateurs en 2008 à 1,5 millions en 2011 selon le Journal du Net. En 2008, le Consortium Stade de France affichait 10,189 millions d'euros de bénéfices, mais seulement 8,924 en 2011.

Interrogé par La Tribune sur les données de 2012, le Consortium n'a pour l'instant pas donné suite à nos demandes. Il a toutefois précisé au journal que les trois grandes sources de revenus du stade sont : les contrats avec les fédérations (FFF, FFR et dans une moindre mesure avec la Fédération Française d'Athlétisme) ; la location du stade pour des concerts ; l'hospitalité offerte aux entreprises (accueil de séminaires et réunions d'entreprises, loges VIP…).

A cela s'ajoutent les recettes liées aux visites hors évènements et les accords publicitaires. Malgré nos demandes, les détails chiffrés de ces revenus ne nous ont pour l'heure pas été transmis.

Des travaux de modernisation sont à prévoir

Le Consortium du Stade de France envisage-t-il d'autres sources de revenu pour la période 2017-2025, sachant que la reconduite du contrat avec la FFR n'est pas garantie ? Mystère. Il lui faudra en tous cas probablement bientôt engager des travaux de modernisation partielle de l'enceinte de Saint-Denis, un projet discuté depuis un an avec les représentants du ministère des Sports.

D'autres stades ont par exemple eu recours au parrainage ("naming") pour ce genre d'opérations. C'est le cas du MMArena inauguré en janvier 2011 au Mans. La société MMA s'est engagé à verser environ un million d'euros par an pendant dix ans au Mans Stadium (Vinci).

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Adeline Raynal

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