Tourisme : agences de voyage et tour-opérateurs se replient en urgence sur la France pour sauver leur été

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(Crédits : Reuters)
Pour limiter la casse face à la pandémie qui a complètement anéanti le tourisme international, de très nombreux tour-opérateurs et agences de voyage ont dû renforcer, voire développer à la hâte, leurs offres de séjours en France. Autre difficulté de l'équation : cet été, les Français vont fuir le tourisme de masse. Une certitude : les professionnels ne se font aucune illusion en termes de chiffres d'affaires.

Oubliés le long-courrier et les horizons lointains: nombre de tour-opérateurs et d'agences de voyage ont dû renforcer, voire développer à la hâte, leurs offres de séjours en France, pour limiter les dégâts face à la pandémie qui a anéanti le tourisme international.

"La France répond à toutes les espérances de dépaysement". Cette petite phrase, choisie par Voyageurs du Monde pour présenter ses voyages itinérants dans l'Hexagone, résume le défi auquel tous les voyagistes ont été confrontés en raison du confinement: répondre à la demande des Français qui vont majoritairement passer les vacances d'été dans leur pays.

"Nos offres pour la France étaient essentiellement destinées à la clientèle non-française; mais nous avons du coup décidé de les mettre plus en avant, directement sur la page d'accueil du site de Voyageurs du Monde", indique à l'AFP Jean-François Rial, président du groupe.

Il souligne que les randonnées ou les treks dans l'Hexagone sont particulièrement plébiscités: "Notre marque Terres d'Aventure a par exemple réalisé en une semaine 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires, ce qui est quatre fois plus que d'habitude."

Virage à 180 degrés

Chez Asia, la volte-face a été radicale: le tour-opérateur, spécialiste de la zone Asie où il propose une quarantaine de destinations, a monté en six semaines une offre de voyages en France où il n'avait jusqu'alors aucune activité.

"On est partis de zéro. Dès fin mars, des clients qui devaient partir avec nous en Asie cet été nous ont demandé de leur organiser des vacances en France. Cette demande a grandi, et on sentait aussi que c'était mal engagé pour les voyages à l'étranger", explique le PDG Guillaume Linton.

Asia a ainsi contacté des opérateurs touristiques régionaux français, "privés cette année de leur clientèle étrangère", et grâce aux partenariats noués, il a lancé début juin une "collection" d'une centaine d'escapades dans l'Hexagone, en Corse, le long du Canal du Midi ou au Pays Basque.

"Il fallait faire preuve d'agilité, et on a voulu valoriser le fait qu'on était concepteurs de voyages avant même d'être des spécialistes de l'Asie", résume M. Linton, qui suite à cette diversification forcée par la crise sanitaire, envisage de conserver à l'avenir cette programmation locale.

"Éviter encore plus le tourisme de masse"

Du côté de Lidl Voyages, la décision de se recentrer sur la France a aussi porté ses fruits: l'offre hexagonale ne représentait jusqu'alors que 30% de ses parts de marché "mais ce chiffre a plus que doublé pour juillet et août", indique Mélanie Marchand, responsable de l'agence 100% en ligne, qui propose plus de 25.000 séjours et revendique 60.000 clients.

"L'offre existante a été étoffée, notamment pour les résidences et les campings qui restent incontournables, et on est aussi allé chercher de nouveaux produits, comme des villas pour que les vacanciers aient la possibilité de se retrouver avec leur famille", détaille-t-elle.

En comparaison avec l'année dernière, "on a le même nombre de dossiers et de clients, ce qui est une bonne surprise, mais le chiffre d'affaires est plus bas car les paniers pour la France sont moins élevés que pour l'étranger", met en avant la responsable de Lidl Voyages.

Chiffre d'affaires : "On ne se fait pas d'illusions sur l'été"

"On ne se fait pas d'illusions sur l'été" en termes de chiffre d'affaires, renchérit Eric de la Bonnardière, président d'Evaneos, plateforme pionnière du voyage sans intermédiaire qui met en relation directe les internautes avec des agences locales.

Et si le concept d'Evaneos - proposer des voyages lointains et difficiles à organiser soi-même - "ne se prête pas forcément à la France", il propose cet été une dizaine de séjours français, comme "La Corse cachée en liberté" ou "La côte de granit rose en vélo électrique".

"Pour répondre à une demande, on a réactivé ou étoffé nos offres sur la France et l'Europe, qui ne représentent que 20% de ce que nous proposons d'habitude. La reprise sera lente, mais on mise à plus long terme, car on estime que notre positionnement a été renforcé par la crise sanitaire: les gens veulent encore plus éviter le tourisme de masse et sortir des sentiers battus", résume Eric de la Bonnardière.

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Commentaires
a écrit le 25/06/2020 à 6:43 :
Comment le racisme FR désingue l’économie du tourisme FR en France ...

Super sujet ! Faites le test , essayez de réserver , avec un nom «  préjugé «  pas aimé et un nom FR : incroyable , le 2 ème est accepté et le 1 er est refusé , des étudiants et étudiants se sont amusés à faire les tests en lignes ...sur tous les sites en ligne ...

Pour le «  vivre ensemble « ... un rassemblement, une union dites vous ?
bravo , les sites qui proposent des vacances aux FR : continuez à foncer droit dans le mur !

J’espère bien que le M le Maire leur bloquera toutes les subventions à ces loueurs de vacances et autres sites qui autorisent ces pratiques discriminatoires en ligne à «  ces c**** » de racistes sans cerveau qui désingue l’économieFR
a écrit le 23/06/2020 à 16:58 :
Le soucis, c'est que les touristes étrangers représentent plusieurs fois le volume des français qui partent à étrangers.
Alors compenser va être difficile, il va falloir revenir a des congés accessibles au plus grand nombre à rebours de la montée en gamme. Néanmoins, cette occasion permettrai que plus de français puissent partir en vacances et préserver l'emploi local.
Les colonies de vacances, les pensions familles, les voyages itinérants, les campings...
C'est un changement de paradigme important pour le tourisme et il faudra éviter l'écueil des mini structures à l'italienne ou de l'usine touristique.
Après tout c'est cela qui a rendu possible le succès du tourisme français d'après guerre aux années 2000. C'est donc viable et possible.
a écrit le 23/06/2020 à 10:01 :
Les Vacances sont un moment où l'on arrête son activité pour faire autre chose. L'activité c'est généralement de la contrainte, du stress, de la vitesse. Les Vacances devraient être l'inverse, le calme, la sérénité, la lenteur. Commencer des Vacances par encore plus de stress dans des aéroports surchargés, des avions bétaillère,
pour finir dans une zone industrielle d'hôtels/usines...ou sur des "paquebots" HLM... où des plages noyées de monde!. Vous avez dit Vacances ? Vacances? Comme c'est bizarre !
a écrit le 23/06/2020 à 10:00 :
En Coree du sud ces compagnies low cost n'existent pas, ni meme au Japon.
"Pourvou que ca dure", comme disait Letitzia en son temps.
Pour le fiston, ca n'a pas ete le cas.....
a écrit le 23/06/2020 à 8:48 :
9 euros pour aller de Dordogne en Corse, 9 euros, alors je veux bien croire que le prix du carburant a un peu baissé mais quand même hein, notre économie n'a décidément aucune crédibilité

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