EXCLUSIF. Le groupe automobile français doit annoncer dans les prochains jours la cession de la plateforme VTC achetée en 2017. Cette opération ne marque pas pour autant un revirement de Renault dans les mobilités.Renault se désengage des VTC. D'après nos informations, le groupe automobile français s'apprête à céder sa filiale Marcel. Renault avait racheté la plateforme VTC en 2017 à travers RCI Bank. A l'époque, la filiale de financement de Renault projetait de se diversifier dans la mobilité. En 2019, Renault avait réorganisé ses activités mobilités en les logeant sous un nouvel intitulé: Renault M.A.I. pour mobility as industry.
Les chamboulements stratégiques de Renault après la chute spectaculaire de Carlos Ghosn en novembre 2018, puis l'éviction de Thierry Bolloré un an plus tard, a conduit le groupe à passer en revue ses activités. Luca de Meo, arrivé le 1er juillet dernier à la tête de Renault, engage une nouvelle réorganisation des activités en nommant Clotilde Delbos, numéro deux du groupe, en charge de la branche mobilité. L'ancien patron de Seat a toujours élevé le sujet de la mobilité comme un axe de développement stratégique fort. Il avait ainsi fondé un laboratoire de start up à Barcelone couvé par Seat.
Luca de Meo, un patron branché mobilité
Pour autant, la cession de Marcel marque un recul de Renault dans cette stratégie. Il faut dire que Marcel n'a pas réussi à percer sur ce marché extrêmement concurrentiel où Uber détient encore près des deux tiers du marché francilien (où sont situés les deux tiers des chauffeurs du pays). La société fondée en 2014 par Benoit Richard et Bertrand Altmayer est même derrière FreeNow (ex-Kapten, lui-même ex-Chauffeurs Privés) et Bolt (anciennement Txfy) qui se disputent le titre de numéro deux. Enfin, il y a Heetch puis Marcel.
Le rachat de Marcel en 2017 était justifié par une stratégie d'intégration verticale. L'idée était également de positionner la plateforme VTC dans l'électromobilité grâce à des Zoé, et ainsi se différencier des autres plateformes. "Renault fabrique des Zoé, financés par RCI Bank et opérés par Marcel", nous résume un ex-cadre du groupe automobile français. "En outre, RCI Bank était intéressé par Yuso considéré comme une brique technologique pertinente et qui faisait aussi partie de Class & Co (le holding de Marcel) et vendu comme un package indissociable de Marcel", nous explique cette même source.