Grève : comment la SNCF parvient à assurer 9 TGV sur 10 pour le pont du 8 mai

Le trafic ne devrait être que peu perturbé pour le pont du 8 mai selon la SNCF.
BENOIT TESSIER

Le trafic ne devrait être que peu perturbé pour le pont du 8 mai selon la SNCF.
BENOIT TESSIER
[Article publié le 6 mai à 11 h 30, mis à jour à 15 h 11]
« Nous sommes loin d'une semaine noire ». C'est par ces mots qu'Alain Krakovitch a débuté son point de situation devant la presse, ce mardi sur le parvis de la Gare Montparnasse à Paris. Le directeur de l'activité TGV-Intercités de la SNCF a ainsi affirmé que depuis le début du mouvement de grève le 5 mai, toutes les circulations TGV, Inoui et Ouigo, étaient normales. Surtout, il s'est voulu rassurant pour le pont à venir.
Pour la période du jeudi 8 au dimanche 11 mai compris, la SNCF prévoit ainsi de faire circuler 90 % de ses TGV, Inoui et Ouigo confondus. Admettant que c'est une moyenne sur l'ensemble du réseau, Alain Krakovitch a assuré qu'il n'y avait pas d'axe (Sud-Est, Atlantique...) privilégié ou plus touché qu'un autre avec des taux de grève « assez homogènes ». Le trafic des TGV internationaux (Lyria, Eurostar) ne devrait pas être touché, tout comme les Intercités.
En parallèle, le patron de TGV-Intercités a assuré qu'un dispositif renforcé d'informations aux voyageurs était à l'œuvre depuis hier, avec des confirmations ou des annulations signifiées par SMS et emails. Tous les voyageurs doivent ainsi être avertis d'ici demain matin.
En cas d'annulation, les passagers auront la possibilité de se repositionner gratuitement sur un autre TGV dans la même journée et la même destination. Ils auront aussi la possibilité de se faire rembourser gratuitement et sans frais.
Enfin, la SNCF versera une compensation exceptionnelle à ses clients dont le train a été supprimé, qu'ils se soient fait rembourser ou repositionner sur un autre train, à savoir un bon de réduction de 50 % à valoir sur un prochain TGV jusqu'au 29 août.
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Pour l'instant la SNCF n'a reçu que quelques milliers d'annulations, à en croire le patron de TGV-Intercités, sur les 1,8 million de passagers qui ont pris des billets pour ce week-end.
Pour arriver à maintenir ce niveau de service, la SNCF va faire appel à des réservistes pour suppléer les agents du service commercial train (ASCT) grévistes. Plus connus sous le nom de chefs de bord, ces derniers sont en effet au cœur du mouvement, avec un préavis déposé par Sud-Rail du 9 au 11 mai, après les agents du commercial (5 mai), du matériel (6 mai) et de conduite (7 mai). En parallèle, la CGT Cheminots a appelé les ASCT à débrayer dès le 5 mai.
Ces réservistes sont des cadres de la SNCF qui se sont portés volontaires pour prendre le relais des chefs de bord, à l'issue d'une dizaine de jours de formation pour assurer notamment les missions de sécurité à bord (contre quatre mois environ pour la formation classique ASCT). Alain Krakovitch a fait plusieurs fois un parallèle avec les « gilets rouges », volontaires pour fournir de l'information aux passagers en gare lors des grands départs ou des mouvements sociaux. Mais il ne s'agit pas ici de donner un coup de main aux collègues, mais de remplacer des grévistes.
Alain Krakovitch réfute néanmoins toute atteinte au droit de grève. Interrogé sur ce point, il a répondu : « Je considère que le fait d'avoir des volontaires est une pratique classique, que nous avons depuis très longtemps au niveau des gares avec les gilets rouges. Et cela me paraît assez normal que dans les trains, pour assurer l'émission de chef de bord, nous ayons aussi formé des cadres à ce qui est vraiment le cœur de notre activité commerciale. » S'il concède que le nombre de réservistes à augmenter ces dernières années, il s'est refusé à donner un chiffre précis.
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Interrogé par La Tribune sur le coût de la grève, il a botté en touche assurant que cela n'avait pas encore été chiffré mais a assuré que cela devrait faire « plusieurs millions d'euros ».