« La CCI Métropole de Bourgogne va devenir un opérateur ferroviaire de proximité »

Président du Medef Côte-d’Or de 2006 à 2012, Pascal Gautheron, vient d’être élu à la tête de la nouvelle CCI Métropole de Bourgogne, fusion de la Côte-d’Or et de la Saône-et-Loire, le 29 novembre dernier. L'une de ses priorités est de doper l'activité des trois plateformes portuaires multimodales du territoire afin de favoriser le transport de marchandise via le fret ferroviaire.

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(Crédits : CCI Métropole de Bourgogne)

LA TRIBUNE - Pourquoi avoir accepté cette mission ?

PASCAL GAUTHERON -  J'ai consacré ces trois dernières années à la transmission du groupe financier Fimadev à mon fils de 26 ans, jeune diplômé de Burgundy School of Business (BSB). Ayant désormais des disponibilités et souhaitant servir l'intérêt général, j'ai accepté de présider cette nouvelle CCI Métropole de Bourgogne.

En quoi êtes-vous légitime pour ce poste ?

De par mon cursus : j'ai un parcours de créateur, une expérience de transmission d'entreprise et de président du Medef 21, mais également dans mon savoir-être. Ma campagne c'était : mon cœur est à Chalon (71), ma tête à Dijon (21). Quand il y a des fusions, chaque territoire craint de se faire absorber par l'autre. Moi, je suis né à Louhans (en Saône-et-Loire), j'ai fait une carrière de rugbyman dans ce même département, puis j'ai créé des entreprises à Autun (71), Chalon (71), et Dijon (21). J'étais donc le candidat de synthèse, qui ne clivait pas.

Pourquoi cette fusion des deux CCI ?

Cette fusion avait été abordée dès 2012 grâce à la volonté de leurs anciens présidents qui ont progressivement mutualisé les services depuis 2012. Une mutualisation nécessaire au regard de la baisse de la taxe fiscale qui a été réduite de 70% en dix ans. Nous sommes passés de 24 millions d'euros de recettes à 5 millions d'euros aujourd'hui. Les CCI sont désormais des prestataires de services, qui doivent aller chercher des clients en sortant de la logique purement administrative. Notre mission est de conquérir des parts de marché.

Quel est son rôle et son budget ?

Notre budget est de 30 millions d'euros, dont 5 millions issus des recettes fiscales. La CCI Métropole de Bourgogne compte 50 membres élus, hommes et femmes à parité, dirigeants et dirigeantes d'entreprises des deux départements, contre 100 auparavant sur les deux CCI. Ils ont été désignés lors du scrutin de novembre 2021, et siègeront jusqu'en 2027.

Cette nouvelle CCI compte également : 250 collaborateurs répartis sur l'ensemble du territoire (il faudra donc gérer également cette fusion du personnel en interne), un siège à Dijon et six bureaux de proximité, trois plateformes portuaires multimodales, quatre centres de formation, un CFA de l'Automobile, sans oublier les écoles supérieures auxquelles elle est liée : BSB, l'École de Gestion et de Commerce Centrest, l'École Supérieure Appliquée au Design et au Digital (ESADD) ou encore l'École supérieure de l'immobilier.

Quels sont les priorités pour cette nouvelle grande CCI ? Vos premières actions ?

Notre première action, c'est d'ouvrir le capital à des opérateurs qui viendront renforcer la crédibilité de nos projets. La CCI Métropole de Bourgogne devrait devenir opérateur ferroviaire de proximité. Ce qui lui permettra de doper l'activité des trois plateformes portuaires multimodales (Chalon-sur-Saône, Mâcon et Pagny, réunies sous la marque Aproport ), qui en 2020 ont généré un chiffre d'affaires de huit millions d'euros.

Nous allons ouvrir le capital de cette structure à un transporteur, Delta rail, basé à Aix-en-Provence, qui a souhaité participer au capital du port de Pagny, qui sera la tête de pont du projet. D'autres entreprises souhaitent déjà rejoindre ce projet multimodal. Nous affrétons des trains qui vont du Sud de la France jusqu'au Nord de l'Europe. L'objectif est de permettre aux entreprises d'avoir des outils de chargements et d'agir dans une logique de décarbonation. Un train évite à 50 camions de rouler sur la route.

Le CFA automobile de Mâcon rentrera aussi dans les actifs de la future CCI, ainsi que l'école supérieure de commerce et de management Burgundy School of Business.

La mission principale de la CCI Métropole de Bourgogne reste de créer l'environnement favorable pour les 48.000 entreprises du commerce, de l'industrie et des services de Côte-d'Or et de Saône-et-Loire afin qu'elles aient toutes les chances de réussir. Nous agissons désormais sur deux départements, comparables et complémentaires. Un grand territoire qui représente 38 intercommunalités, avec lesquelles nous contractons dans le cadre de leurs activités économiques et commerciales. Celles-ci souhaitent de plus en plus externaliser une part de l'appui économique.

C'est une volonté forte de mon mandat de développer ces partenariats avec les intercommunalités car ce sont des prestations qui rapportent de l'argent. La baisse de la fiscalité nous incite à nous tourner de plus en plus vers des ressources privées.

Quel est votre regard sur le monde de l'entreprise aujourd'hui ?

Avec 6% de croissance du PIB, le vent est porteur pour les entreprises. Même si certains secteurs souffrent depuis deux ans, le Covid a créé des opportunités. Certes, une entreprise sur deux rencontres des difficultés, mais ce n'est pas la commande qui manque, c'est la main d'œuvre ! J'ai toujours eu pour maxime : l'art du succès, c'est tirer profit de ce qu'on ne peut pas éviter ! Dans cette période, les dirigeants doivent être créatifs et résilients.

Quelle sera « la touche » Pascal Gautheron ?

Convivialité, bienveillance, professionnalisme et troisième mi-temps !

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