Ryanair jette l'éponge pour Air Berlin mais veut reprendre 90 avions d'Alitalia

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Michael O'Leary, le directeur général de Ryanair, occupe le terrain médiatique sur les deux dossiers de consolidation du transport aérien européen, Air Berlin et Alitalia. Après avoir indiqué mercredi 30 août qu'il ne ferait pas d'offre sur Air Berlin car les dés étaient pipés au profit de Lufthansa, il a annoncé ce jeudi 31 août à Londres qu'il allait soumettre une offre pour reprendre 90 avions d'Alitalia.
Les entreprises souhaitant déposer une offre contraignante pour la reprise totale ou partielle de la compagnie aérienne italienne en difficulté ont en effet jusqu'au 2 octobre pour le faire. Une éventuelle phase de négociation et/ou d'amélioration des offres contraignantes est prévue ensuite jusqu'au 5 novembre. Jusqu'à présent une dizaine d'offres non liantes ont été déposées, selon les médias italiens, dont une par Ryanair annoncée fin juillet qui devrait donc évoluer vers une offre contraignante.
Peu après la conférence de presse de Ryanair, le ministre italien du Tourisme Dario Franceschini a réaffirmé l'opposition du gouvernement italien à dépecer la compagnie.
D'après la presse italienne, pour l'aviation seraient en course, outre Ryanair, Easyjet, Lufthansa et Elliot, ainsi que les fonds Usa Cerberus Capital Management et Greybull Capital. Pour les services d'assistance au sol, aux avions et aux passagers seraient intéressés Airport Handling et Alisud.
Ce mercredi, Michael O'Leary, le directeur général de Ryanair, a dénoncé une "conspiration" autour d'Air Berlin et affirmé qu'il ne soumettrait pas d'offre pour des actifs de la compagnie allemande en voie de démantèlement. Air Berlin, la deuxième plus importante compagnie aérienne allemande derrière Lufthansa, a déposé son bilan le 15 août à la suite de la décision de son principal actionnaire Etihad Airways de cesser tout soutien financier et les candidats à la reprise de ses actifs ont jusqu'à mi-septembre pour se manifester.
Pour Michael O'Leary, la procédure de faillite manque de transparence et vise clairement à favoriser Lufthansa.
Ryanair demande aux autorités antitrust en Allemagne et à Bruxelles d'enquêter sur ce qui s'apparente à une "conspiration entre Air Berlin, Lufthansa et le gouvernement allemand", a-t-il ajouté. Selon lui, la procédure de faillite a été "déclenchée pour mettre un maximum de pression sur la classe politique avant les élections fédérales en septembre."
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| Voir aussi notre interview du PDG de Ryanair pendant le Paris Air Forum
Par ailleurs, l'investisseur allemand spécialisé dans le secteur aérien Hans Rudolf Wöhrl (ancien PDG de Deutsche BA qu'il avait racheté en 2003 à British Airways pour un euro symbolique avant de la revendre à Air Berlin), voudrait s'associer avec quelqu'un, de préférence Lufthansa, pour racheter Air Berlin et transformer le transporteur aérien en une compagnie charter, a dit jeudi sa société Intro.
Hans Rudolf Wöhrl veut racheter Air Berlin en son entier et la conserver telle quelle plutôt que de la dépecer. Mais il a refusé de signer un accord de confidentialité qui lui donnerait accès aux comptes d'Air Berlin, condition préalable à la présentation d'une offre formelle. Une telle démarche serait inadaptée parce que Wöhrl veut travailler avec l'un des autres candidats sur une offre commune, a précisé Intro.
Selon Intro, Lufthansa a refusé, au nom de motifs juridiques, d'avoir des discussions à ce stade, tout en ajoutant que Hans Rudolf Wöhrl avait reçu des signaux positifs d'autres candidats.
Lufthansa, qui a le soutien du gouvernement allemand pour reprendre l'essentiel d'Air Berlin, s'est refusé à tout commentaire.
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Outre Lufthansa et Wöhrl, Condor, la compagnie aérienne de Thomas Cook et easyJet sont également intéressés par tout ou partie d'Air Berlin. Niki Lauda, ex-champion de Formule 1, a de son côté laissé entendre qu'il serait intéressé par le rachat de Niki, dont il fut propriétaire, à Air Berlin.
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