Masques, blouses, gants, charlottes, draps ou encore seringues : crise sanitaire oblige, le nombre de matériels médicaux à usage unique a explosé, en même temps que la pandémie de coronavirus. Selon la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l'environnement (Fnade), tandis que les déchets brûlés ont diminué d'environ 80% dans la construction, de moitié dans les entreprises et de 10 à 30% chez les ménages pendant le premier confinement, ils ont bondi de près de 50% dans le secteur de la santé.
Et la plupart sont composés de plastique, omniprésent à l'hôpital. En premier lieu les déchets d'activité de soins à risques infectieux (DASRI), qui concernent notamment les seringues jetables, ont été étendus aux objets manipulés au sein des unités Covid et finissent en grande majorité en cendre - à cause du risque sanitaire posé par leur réutilisation. Leur incinération n'est pourtant pas sans conséquences : celle-ci dégage des substances chimiques extrêmement toxiques, sources de « problèmes de reproduction et de développement, endommager le système immunitaire, interférer avec les hormones et causer également le cancer », affirme l'OMS.
Une pollution mise en lumière par le contexte de crise, mais loin d'être isolée dans le secteur de la santé. Elle serait même l'arbre qui cache la forêt : fabrication des médicaments, emballages multiples mais aussi gaspillage alimentaire ou mauvaise conception des bâtiment, le bilan écologique des hôpitaux serait en fait très lourd, avance le Comité pour le développement durable en santé (C2DS). L'association travaille depuis des années à sa décarbonation, « une priorité » selon François Mourgues, son président.