Coronavirus : "un déclic pour la lutte contre le changement climatique"

LE MONDE D’APRÈS. Pour Julien Tchernia, président et co-fondateur du fournisseur alternatifs d'électricité verte d'ekWateur, la crise du coronavirus a démontré la capacité des Etats à prendre des mesures drastiques rapidement. Il espère une telle mobilisation pour le climat.

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(Crédits : DR)

LA TRIBUNE - La crise du coronavirus peut-elle être un catalyseur pour la transition écologique ?

JULIEN TCHERNIA - On pourrait avoir une prise de conscience parce que le problème est mondial. Les hommes sont souvent en compétition avec les autres. L'un des grands freins de la transition écologique jusqu'à maintenant c'était la compétition entre les régions, entre les pays. Là, comme tout le monde est affecté, on pourrait tous se dire que l'on va tous arrêter en même temps.  Si les conséquences sanitaires sont très graves, cela fera réfléchir, même les Etats-Unis, où le leitmotiv reste de Donald Trump de placer l'économie d'abord. Ce qui est positif par rapport à la crise climatique et écologique, c'est que la plupart des pays ont pris des décisions drastiques en 67 jours, entre le premier et le 100.000ème cas. Aujourd'hui en France, le confinement est très bien accepté. Quand les portiques écotaxes et la taxe carbone ont été mis en place, on a eu les bonnets rouges et les gilets jaunes. Si le confinement est accepté, c'est parce que l'individu est touché à titre personnel, il voit qu'il peut mourir ou infecter des gens. Il est donc prêt à faire des sacrifices. Peut-être pourra-t-on créer un déclic pour faire comprendre que le changement climatique va aussi nous toucher à plus long terme. Et donc qu'il faut accepter des changement forts, qui soient mis en place en même temps dans le monde entier. Le chemin reste étroit mais un peu moins qu'avant.

Mais dans un contexte de déficit croissant, ne risque-t-on pas d'assister à un ralentissement des investisseurs publics dans les énergies renouvelables, au profit du nucléaire ou du charbon existants ?

Je pense que ce combat est déjà gagné depuis longtemps. Après, il faut laisser le temps à la transition: il faut encore améliorer les moyens de production et de stockage. La question aujourd'hui est de savoir combien de temps certains pays vont resister à cette vague - la France, par exemple, avec son nucléaire. Ils pourront la ralentir mais ils ne pourront pas l'empêcher. Les défenseurs du nucléaire arguent que nous savons construire des centrales nucléaires mais que nous savons pas construire facilement et pour pas cher des centrales solaires ou éoliennes. C'était le cas en 2007, mais c'est de moins en moins le cas. En France, le volume d'appel d'offres CRE (commission de régulation de l'énergie), c'est à dire de mégawatts subventionnés d'énergies renouvelables, diminue tout le temps. De plus en plus, des parcs peuvent être construits et être rentables sans subventions. Dans l'éolien offshore, la France est certes en retard mais la technologie se développe ailleurs et va devenir compétitive. On pourra alors la développer sans soutien public. Et sans en faire tout un raout politique de choix énergétiques. On a une vision très nationaliste de l'énergie en France, qui a bien marché au moment où il fallait reconstruire le pays. Je pense que l'Etat a perdu la main sur l'énergie depuis longtemps, mais qu'il ne l'admet pas.

La baisse des coûts du baril pourrait-elle pousser les grands groupes pétroliers a accéléré leur transition, déjà entamée, vers les renouvelables ?

Total, Shell ou encore BP ont annoncé qu'ils voulaient devenir numéro un dans le vert. Nous le constatons concrètement parce qu'ils viennent nous parler pour nous vendre de l'énergie verte. C'est un enjeu économique. A 25 dollars le baril, beaucoup moins de réserves de pétrole sont rentables. Ces sociétés ont vu leur valorisation boursière chuter, elles doivent donc démontrer qu'elles sont capables de trouver des réserves énergétiques ailleurs. Cela ne va que conforter les conseils d'administration dans cette direction: ils vont chercher à se prémunir contre les futures variations du pétrole que pourraient entraîner de futures crises, sanitaires ou liées au changement climatique.

Quel est l'impact de la crise actuelle pour les fournisseurs alternatifs ?

La consommation de nos clients a baissé de 28% la semaine dernière. Dans le même temps, nos coûts restent les mêmes. Et nous ne pouvons pas garder l'électricité que nous devons contractuellement acheter, et qui n'était pas consommée. Nous devons la revendre sur les marchés à prix cassé. Nous perdons beaucoup d'argent. Nous sommes en train de regarder nos contrats pour savoir si on peut faire jouer la clause de force majeure, ce qui nous permettrait d'acheter moins d'électricité. La situation est difficile pour une entreprise jeune comme la nôtre. Nous essayons de voir quelles aides nous pourrons obtenir.

Cette baisse de la consommation intervient à un moment où est négocié le successeur de l'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique, qui permet aux fournisseurs alternatifs de racheter une partie de la production nucléaire d'EDF à un prix fixe). Quel pourrait être l'impact ?

Dans l'Arenh, il existe aussi une clause de force majeure, qui avait été écrite pour protéger EDF mais qui se retourne aujourd'hui contre lui. Si elle est activée, EDF devra vendre son électricité à 20 euros, au lieu de 42 euros le mégawattheure. A partir delà, ils vont dire qu'ils sont en énorme difficulté. Il est alors possible que le gouvernement décide d'arrêter de l'Arenh et de mettre en place immédiatement le nouveau mécanisme. L'Etat a toujours cherché à favoriser et à protéger EDF, dont il a toujours suivi la vision du monde de l'énergie.

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Commentaires 21
à écrit le 01/04/2020 à 13:00
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Ce Monsieur dit ce qui l'arrange. Il ne prend pas la hauteur de vue qu'il appelle pourtant de la part des décideurs, EDF inclus. Je me permets de lui faire remarquer que solliciter toujours plus d'énergies dites renouvelables reste dans le domaine de...

à écrit le 30/03/2020 à 19:51
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Ce Monsieur Tchernia est le parfait exemple de l'affairisme vert dont l'écologisme (qui n'a rien à voir avec l'écologie) est actuellement la bouée de secours idéologique du néo-libéralisme aux abois depuis la crise du coronavirus. Il fait partie de c...

à écrit le 30/03/2020 à 10:33
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Contrairement à ce qui est dit par Monsieur Tchernia, la bataille de la transition énergétique n'est pas du tout gagnée depuis longtemps. Elle est encore beaucoup trop lente et risque d'arriver trop tardivement quand beaucoup d'effets irréversibles o...

à écrit le 29/03/2020 à 11:07
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On ne savait pas que le coronavirus faisait fondre les pôles, ben ça alors ! ça fait quelque chose, mais alors les éoliennes ça ne brasse pas le covid 19 ?, il faut supposer que la bagnole électrique l'électrocute en passant ?

à écrit le 29/03/2020 à 10:50
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"wiki" votre argument est juste erroné.Il faut déjà distinguer les notions "d'énergie primaire" et "d'énergie finale". Cette dernière est celle que nous consommons effectivement. Sur le plan mondial , le nucléaire pèse très peu .En effet , cette éner...

à écrit le 29/03/2020 à 10:15
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Trente ans que l'on entend le même discours c'est peut-être pour cela que l'on ne l'entend plus malgré les aspirations des humains.La principale question et je n'ai pas trouvé l'amorce d'un début de réponse dans l'article ,c'est comment fait-on pour ...

à écrit le 28/03/2020 à 20:41
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L'espoir de cette crise sanitaire sans précédent, c'est surtout, entrevoir enfin la possibilité d'un "gouvernement mondial". Là, même les septiques peuvent voir que la solidarité entre pays et même continent, cela paie. Les Chinois ont été exemplai...

le 29/03/2020 à 13:06
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Faire croire au grand soir de la gouvernance mondiale releve de l'imposture quand toutes les réactions actuelles des "opinions" sont marquées par le complotisme. Sérieux ? Vos croyez vraiment que les agenda chinois, russe, américain, européen sont l...

à écrit le 28/03/2020 à 19:45
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"il voit qu'il peut mourir ou infecter des gens. Il est donc prêt à faire des sacrifices. " Oui mais quand il habite à 30 bornes de son lieu de travail avec des horaires comme tout le monde à savoir hétérogènes, les trois quarts des voies ferrées...

à écrit le 28/03/2020 à 16:30
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Encore un article qui veut faire croire que supprimer le nucléaire c’est bon pour le climat. Répétons encore, que remplacer du nucléaire par des enr ne sert à rien, fait dépenser de l’argent là où on n’en a pas besoin et empêche de s’occuper du reste...

à écrit le 28/03/2020 à 15:19
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Il faut en effet un déclic dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais pas celui que l'on croit. Faut-il un déclic de prise de conscience qu'il faut lutter, fortement, contre le réchauffement climatique ? Non, c'est déjà fait, dans les...

le 28/03/2020 à 15:42
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"Non, c'est déjà fait, dans les pays développés." Les pays développés ne luttent en rien contre le réchauffement climatique. Si on prend la consommation par tête elle est l'une des plus élevé au monde. Les pays développé ont juste produit aille...

le 29/03/2020 à 9:34
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@ RetourVersLaRéalité  "Les pays développés ne luttent en rien contre le réchauffement climatique." Vous avez raison... et c'est ce que j'ai écrit. J'ai écrit 1] que les pays développés ont pris conscience qu'il y a un problème de réchauffemen...

à écrit le 28/03/2020 à 12:56
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Et pk le virus Conona.C'est en virus Chinois ces chinois 1.5 milliards ils mangent tout des bats des rats des chiens etc...

à écrit le 28/03/2020 à 12:30
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Le réchauffement climatique ne sert à rien la surpopulation mondial est la vraie cause des problèmes de l'humanité

à écrit le 28/03/2020 à 12:06
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"De plus en plus, des parcs peuvent être construits et être rentables sans subventions." Vous avez des exemples ? Les Pays-Bas comptent organiser un appel d'offre sans subvention en mars. Je suppose que l'on pourra juger si cela marche à ce moment...

à écrit le 28/03/2020 à 10:31
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I Conséquences délétères des politiques anti-CO2 et de la « transition énergétique » a) La lutte contre le Réchauffement Climatique : une croisade absurde, coûteuse et inutile. « Réduire nos émissions de CO2, qui n’ont aucune influence sur le cli...

le 28/03/2020 à 12:01
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Merci pour toutes ces bêtises. Vous avez raison la Terre ne se réchauffe et les activités fossiles et leurs rejets atmosphériques ne contribuent en rien au réchauffement de la planète. Continuons comme ça. Le covid est une mise en garde de la nature ...

le 28/03/2020 à 14:37
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Excellente démonstration qui montre que le remède est souvent bien pire que le mal. À l'image de Tesla, véritable désastre écologique quand on voit la colossale dépense énergétique qu'il faut pour faire avancer chacune de ces voitures-plaisir aux bat...

le 29/03/2020 à 18:27
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Un bel amalgame de conneries climatosceptiques fondé sur des études pseudo-scientifiques partisanes. Trouvez une meilleure occupation que de véhiculer le discours d'incultes ou allez réchauffer les commentaires du Figaro avec ce genre de vomi. Et...

à écrit le 28/03/2020 à 9:53
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ou alors toutes les munitions auront ete cramee contre le coronavirus les deux pbs sont differents, le corona, c'est urgence a 15 jours, c'est pas le meme horizon de temps

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