L'éolien en France : la transition énergétique mérite cohérence et clarté

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OPINION. Neuf acteurs de la filière demandent au gouvernement d'adopter une posture constructive et des décisions opérationnelles pour un développement de l'éolien ancré localement et à la hauteur des enjeux de la transition énergétique.

Alors même que le gouvernement confirme ses ambitions dans la prochaine PPE en multipliant par 2,3 l'éolien terrestre d'ici à 2028, les propos tenus par le Président de la République à Pau en janvier puis par la Ministre de la Transition écologique et solidaire au Sénat en février vont à rebours de cet objectif. Nous, acteurs de la transition énergétique et citoyenne, appelons le gouvernement à faire preuve de la cohérence nécessaire pour instaurer un climat serein sur l'éolien et assurer une transition écologique qui ne peut plus attendre.

L'éolien est un pilier incontournable de la transition énergétique.

RTE, l'ADEME ou l'association négaWatt le soulignent dans leurs scénarios: l'éolien, mature et compétitif, est indispensable à la transition énergétique.

Le développement de l'éolien en France est soumis à la réglementation la plus stricte d'Europe. Exclu de certaines zones pour des enjeux de biodiversité, de paysage ou de patrimoine, l'éolien est fortement limité sur la moitié du territoire en raison de contraintes aéronautiques et radars. Enfin, c'est à la suite de l'analyse de l'étude d'impact de chaque projet par divers services de l'Etat, de la consultation des communes et d'une enquête publique qu'intervient l'autorisation du Préfet.

Bien évidemment, le développement de l'éolien comme de toutes les énergies renouvelables doit aller de pair avec la préservation de la biodiversité et s'accompagner de politiques de sobriété et d'efficacité énergétique pour assurer la transition écologique.

Pour un modèle énergétique partagé, décentralisé et ancré localement 

Les sondages le montrent: le soutien à l'éolien se renforce. En 2018, 73% des Français indiquaient en avoir une bonne image, 80% pour ce qui est des riverains d'un parc éolien (Harris Interactive); en 2019, ils étaient 77% selon OpinionWay.

Il ne s'agit pas de nier les éventuelles craintes ou interrogations mais de les comprendre pour les dépasser: c'est en donnant un réel pouvoir aux habitants dans le développement des énergies renouvelables que l'on en facilitera l'appropriation et donc l'essor. C'est d'ailleurs tout le sens de la notion de "communautés énergétiques" récemment introduite dans le droit européen. L'heure n'est plus à la politique énergétique centralisée du siècle dernier, dont citoyens et collectivités étaient les grands absents. La nouvelle donne des renouvelables permet de les remettre au centre du jeu ; ils en sont demandeurs !

A ce titre, de plus en plus de territoires prennent en main leur avenir énergétique et s'engagent dans des projets d'énergie renouvelable, en particulier éoliens, permettant à leurs habitants d'être parties prenantes de la transition énergétique et fiers de "leurs" éoliennes. C'est notamment le cas des TEPOS - territoires à énergie positive.

Il est donc essentiel de faciliter l'entrée des acteurs locaux à la gouvernance des projets éoliens - et d'énergie renouvelable en général. La participation de ces acteurs aux décisions stratégiques permet en effet une maîtrise partagée du projet et de ses risques ainsi qu'une meilleure répartition de ses bénéfices avec les acteurs privés classiques. Une récente étude réalisée avec le soutien de l'ADEME montre ainsi que les opérations qui impliquent fortement citoyens et collectivités dans leur gouvernance génèrent deux à trois fois plus de retombées économiques locales que les projets privés.

Nous, porteurs et accompagnateurs de projets éoliens dans leur diversité, attendons par conséquent du gouvernement une posture constructive et des décisions opérationnelles pour un développement de l'éolien ancré localement et à la hauteur des enjeux de la transition énergétique.

Signataires :

Alenka Doulain et Arnaud Brunel, Co-présidents d'Energie Partagée

Jean-Baptiste Lebrun, Directeur du CLER - Réseau pour la transition énergétique

Nicolas Wolff, Président de France Energie Eolienne

Serge Nocodie, Vice Président d'AMORCE en charge des énergies renouvelables

Amandine Albizzati, P-DG d'Enercoop

Michel Dubromel, Président de France Nature Environnement

Alain Grandjean, Président de la Fondation Nicolas Hulot

Anne Bringault, Responsable Transition Énergétique au Réseau Action Climat

Hugues Sibille, Président du Labo de l'ESS

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Commentaires
a écrit le 03/03/2020 à 22:58 :
Cet article est particulièrement honteux. J'habite le nord du 87 et je peux vous affirmer que les riverains des éoliennes sont pour la grande majorité mécontents de leur présence : Destruction du bocage pour installer ces machines industrielles, absence totale de vraie concertation avec les habitants et chute de la valeur des biens immobiliers.
J'ai une seconde maison dans la région de Rochefort en Yvelines. Rassurez-vous ! Ici, les gens sont puissants et ont de l'argent, les promoteurs d'éoliennes n'osent pas y mettre les pieds. C'est bon pour les ploucs du Limousin tout ça, les pauvres....
a écrit le 03/03/2020 à 14:22 :
Bravo ! C'est bien de vous faire entendre. Ras le bol des associations anti-éolien, à peu près toutes fédérées par deux ou trois acteurs, qui sont en réalité pro-nucléaires. J'entends de leur part de telles absurdités dans leur argumentation que je suis bien heureux que la filière éolienne montre enfin les dents pour que le gouvernement respecte la feuille de route qu'il s'est lui même fixée depuis des années.
Réponse de le 03/03/2020 à 19:10 :
Espérons que l'on attendra pas les coupures d'électricité pour relancer la constructions de tranches de nucléaires, car ni l'éolien, ni le solaire ne fourniront les quantités dont nos sociétés ont besoin (max 20%? et en plus intermittents). Entre les émissions de carbone, (8,8 millions de décès chaque année selon une étude de la Société Européenne de Cardiologie publiée ce jour, et bien sûr le réchauffement climatique) et les quelques accidents nucléaires (historiquement quelques dizaines de décès très regrettables) il va falloir choisir.. Nous allons assister à un retour en faveur du nucléaire dans les esprits..
a écrit le 03/03/2020 à 12:31 :
Les sondages sont payés par le lobby éolien, ou qui ne s'est adressé qu'aux bobos-en-capitale-déconnectés des réalités, des hors sol, car dans la vraie vie des ruraux c'est une opposition massive et pour cause ! Nous connaissons tous les travers de l'éolien, intermittent, (dépendant de l'énergie nucléaire pour fonctionner), dont tous GES sont produits en amont (leur faisant dire qu'ils ont les fesses propres ! = gros menteurs), et vivant (comme des émirs) de subventions sur le dos des citoyens ! Pous ZERO gain carbone, pour aucune action bénéfique sur le climat, pour ne pas remplacer le nucléaire, puisque énergie non pilotable ! Bref c'est un bilan en dessous de tout ! C'est raté !
a écrit le 03/03/2020 à 11:31 :
"l'éolien, mature et compétitif"

Et pourtant on continue à le subventionner à hauteur de 1,1 milliards d'euros par an. Or ça fait 20 ans qu'on subventionne cette énergie au niveau européen...

On constate une fois de plus que l'éolien comme le PV, en l'absence de stockage massif d'électricité, sont des impasses technologiques :

Elles ne produisent pas toujours quand on en a besoin, imposant de financer des centrales en plus, en backup.

Et quand elles produisent, elles produisent toutes en même temps, plaçant le marché en surcapacité et faisant effondrer les prix. Leurs revenus baissent alors, et à cause de ça elles nécessitent des subventions sans fin.

Le stockage d'électricité est aussi une impasse technologique : Pas de technologie suffisamment disponible et efficace pour stocker à grande échelle, et pas de modèle économique pour le financer sans subvention.

Normalement le stockage se finance en achetant de l'électricité pas chère en heures creuses et en la revendant plus cher en heures pleines, mais ces technologies sont largement trop chères pour les écarts de prix constatés quasiment tout le temps.
Réponse de le 03/03/2020 à 14:26 :
Les centrales thermiques qu'il serait nécessaire d'ajouter pour compenser la soit disante intermittence de l'éolien, c'est une fake news. L'Allemagne a un taux important d'eolien dans son mix énergétique et dans le même temps a diminué le recours aux énergies fossiles. Ne pas oublier que l'éolien est prévisible et pilotable.
a écrit le 03/03/2020 à 11:07 :
L'éolien terrestre a encore un potentiel d'évolution technique et de baisse des prix importants. Il est le moins émetteur de Ges, a un EROI meilleur que le nucléaire, il apporte des revenus bien répartis en France et s'il y a quelques communes qui ont sans doute abusé, il n'y a pas lieu d'en faire une généralité. Les recours sont issus d'une minorité d'extrémistes anti-éoliens propagandistes de fakes news répétées à longueur de temps et qui sont souvent des bénéficiaires de factures EDF à prix réduits. L'éolien offshore à un meilleur facteur de charge mais plus de phénomènes de corrosion etc. Donc il y a lieu de bien modéliser les apports éoliens terrestre et de mettre un nombre d'éoliennes raisonnable car nous avons besoin d'une énergie peu chère qui est déjà proche des 40 euros/MWh en terrestre et a encore un potentiel de baisse. La variabilité du vent se gère très bien à l'échelle d'Entso-e et Entso-e entre autres réseaux et les 7 régimes de vents pour beaucoup complémentaires en Europe sont encore loin d'être correctement exploités.
Réponse de le 03/03/2020 à 12:19 :
Cela me parait très discutable: l'éolien terrestre, avec ses facteurs de charge trop faibles, sous 20%, n'a pu se développer que grâce aux aides publiques irréfléchies! L'addition des simples promesses faites va être absolument considérable (les prix au kw/h ont été certes revues considérablement à la baisse). Et plus personne ne veut encore de l'éolien sur terre: destruction des paysages, des machines maintenant de 200 mètres de haut dont les pales sont des hachoirs à oiseaux, et chauve-souris tournant à 250 voire 300 km/h, de massifs d'ancrage impossible à traiter (plusieurs milliers de m3 de béton par éolienne etc..). Et tout cela pour un gain carbone très limité (compte tenu de l'intermittence et de la nécessité de compléter par des centrales au gaz).. L'éolien terrestre, c'est FINI! reste bien sûr l'éolien off shore aux facteurs de charge acceptables (50%), et bien sûr, la seule alternative crédible pour limiter nos rejets carbone, le nucléaire, donc décidément les dangers sont incomparablement plus faibles si l'on se réfère aux 8 millions de morts dus aux énergies fossiles chaque année (les articles de ce jour dans de nombreux médias).. ! Il ne peut y avoir débat aujourd'hui sur ces questions devant les évidences!
Réponse de le 03/03/2020 à 12:39 :
Aures habent et non audiunt, oculos habent et non videunt.
PS. Ma facture EDF serait sûrement à prix réduit si l'on enlevait les 51% de taxes qu'elle comporte pour le soutien aux énergies renouvelables, qui ne servent en rien à la diminution de nos émission de CO2 électrique, (dixit Mme Meynier-Millefer,(LREM) rapporteur de la commission d'enquête sur l'éolien.
En fait de fake-news, pour parler bobo, les obcurantistes anti-nucléaires ne sont pas en reste. Même Macron ouvre les yeux!
Réponse de le 03/03/2020 à 17:25 :
@ Polytech,
Désolé de vous contredire: le nucléaire est en France, en ACV, moins émetteur de GES que l'éolien 6 g /kWh, 4 depuis que l'enrichissement e l'uranium se fait par centrifugation contre 10 à 15 g/kWh. Même l'ADEME, organisme d'état antinucléaire dans sa pratique, le dit.
Comparer les sources d'électricité d'après leur coût de production n'a guère de sens ! l'éolien aura beau diminuer ses coûts de production, l'intermittence fait que l'électricité produite est non-pilotable et inutilisable en l'état par le consommateur en sortie d'éolienne. Sa valeur marchande est donc alors strictement nulle, car pourquoi acheter une électricité que l'on ne peut pas utiliser? Cette électricité ne peut être utilisée qu'associée à de l'électricité produite par une centrale pilotable, nucléaire en France ou charbon en Allemagne. Etant donné que la consommation d'électricité est à peu près stable en Europe, cela signifie que l'on fait un double investissement, non pilotable ( éolien) et pilotable ( nucléaire ou charbon) pour produire la même quantité d'électricité. Le coût de l'électricité est donc automatiquement plus élevé avec de l'éolien que sans éolien.
En Europe de l'ouest, le coût de l'électricité pour les ménages est d'autant plus élevé que la capacité installée par habitant en éolien + solaire photovoltaïque est élevée. Vérifiez le vous même ,si vous ne me croyez pas, avec les données de l'ENTSO E
Cette tribune associe de soi-disant "grands défenseurs de l'environnement". Comment se fait-il qu'il veulent encore plus d'éolien alors que les Français en ont ras-le-bol dans les campagnes et que l'éolien ne peut rien pour la lutte conte le réchauffment climatique puisque l'électicité éolienne remplace de l'électricité nucléaire plus décarbonée qu'elle. Il s'agit donc d'une dépense parfaitement inutile de ce point de vue, mais très coûteuse pour les Français. Observons que cette électricité est aussi inutile dans l'absolu, puisque les Français sont déjà correctement approvisionnés;
Observons pour finir quel'éolien ne peut servir à fermer de réacteur nucléaire, car il faut garder toute notre puissance pilotable disponible pour les jours d'hiver froid sans vent et sans soleil.
Les signataires de cette tribune ne seraient -ils pas plutôt les sherpas du capitalisme "vert" qui se goinfre depuis des années avec les généreuses subventions accordées à l'éolien et au solaire PV par notre gouvernement; éolien et solaire PV dont les Français n'ont pas réellement besoin. Cette question peut se poser, au vu des effarantes désinformations qu'ils entretiennent sur ces sujets.
a écrit le 03/03/2020 à 10:49 :
MENSONGES! MENSONGES! Je suis riveraines d'éoliennes dans le Nord de la Haute-Vienne et je peux vous dire que les avis favorables à l'éolien dans le périmètre des éoliennes sont loin d'être à 80%! Des éoliennes qui n'ont pas tourné pendant les 3 mois d'été, et qui font un bruit d'avion qui décolle quand il y a du vent en hiver, au point que certains riverains sont obligés de partir en hiver, comment peut-on croire que l'éolien est indispensable à la transition énergétique!? Oser dire de tels mensonges, c'est bien la preuve que ceux qui les profèrent n'habitent pas à proximité et ont des intérêts FINANCIERS dans l'affaire!!!! Article écrit par et avec des membres de FEE!!! L'Allemagne qu'on donne toujours en exemple a plus de 22 000 éoliennes et qui, malgré "tout ça" est obligée de construire toujours davantage de centrales au charbon (lignite qui pollue jusqu'en France quand les vents soufflent de l'Est ou Nord-est et qui rend les gens malades: problèmes respiratoires +++) C'est ce qu'on veut pour la France? Une augmentation du nombre de centrales au gaz et au charbon avec augmentation du CO2 et des gaz à effet de serre qui vont avec?
Donner la parole aux citoyens? OUI, TENIR COMPTE DE L'AVIS DES GENS qui s'expriment LORS DES ENQUÊTES PUBLIQUES!!! Aujourd'hui à 99% opposés au projet, on n'en tient pas compte! Et ne pas tenir compte des financiers ni des promoteurs (membres de France Energie Eoliennes) - PETITS ARRANGEMENTS (financiers) ENTRE AMIS sur le dos des riverains - de la biodiversité - du Patrimoine archéologique et architectural - des PAYSAGES DE FRANCE et du cadre de vie des Français, etc...
a écrit le 03/03/2020 à 10:08 :
Quand on voit que plus de deux tiers des projets éoliens sont en recours, que notre Président et notre Ministre de la transition énergétique disent clairement que les parcs éoliens ne sont pas acceptés par les riverains, je ne vois pas d'où sort un tel sondage: "avoir une bonne image, 80% pour ce qui est des riverains d'un parc éolien".
Cet article est écrit par des pro éolien et des industriels lobbyistes.
C'est honteux qu'un journal de votre qualité laisse publier un article aussi partisan
a écrit le 03/03/2020 à 9:59 :
IL serait bien plus intelligent, productif et rentable de développer en masse l'éolien offshore avec notre premier domaine maritime mondial, le potentiel par la suite étant phénoménal mais nos comptables ne font pas des dirigeants.

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