Face au changement climatique, "des changements rapides et étendus" sont indispensables

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(Crédits : Brian Snyder)
Dans son rapport annuel, l'Agence internationale de l'énergie reconnaît qu'il n'existe "pas de solution simple ou unique pour transformer les systèmes énergétiques mondiaux".

Économies d'énergie, déclin du pétrole, développement de l'électricité d'origine renouvelable: le système énergétique mondial doit entreprendre des transformations "rapides" et massives pour limiter le changement climatique, met en garde l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

"Le monde a un besoin urgent de concentrer son attention, avec la précision d'un laser, sur la baisse des émissions planétaires", estime Fatih Birol, le directeur exécutif de l'agence basée à Paris, en présentation de son rapport annuel dévoilé mercredi.

"Pour cela il faut une grande coalition comprenant les gouvernements, les investisseurs, les entreprises et tous ceux qui sont engagés pour s'attaquer au changement climatique", souligne-t-il.

L'an dernier, la demande énergétique a connu une hausse importante, de même que les émissions de CO2, et cette tendance risque de se poursuivre.

Lire aussi : Le CO2, un nouveau marché ?

"Pas de solution simple"

L'AIE publie comme chaque année plusieurs scénarios: l'un extrapole sur les politiques énergétiques existantes aujourd'hui, l'autre prend en compte les changements induits par les objectifs politiques affichés pour l'avenir - mais qui restent insuffisants.

Seul un troisième scénario montre ce qu'il faudrait faire pour limiter les émissions en accord avec les objectifs de l'accord de Paris, pour contenir le réchauffement bien en dessous des 2 degrés, et plutôt à 1,5°, par rapport aux niveau préindustriels.

Lire aussi : Pour respecter l'accord de Paris, les géants du pétrole vont devoir réduire leur production

Ce dernier - le scénario de développement durable - "nécessite des changements rapides et étendus à travers l'ensemble du système énergétique", prévient l'AIE. Et "il n'y a pas de solution simple ou unique pour transformer les systèmes énergétiques mondiaux", ajoute Fatih Birol.

Il suppose en premier lieu que la demande en énergie soit plus faible en 2040 qu'elle ne l'est aujourd'hui, malgré la croissance de l'économie mondiale, grâce aux efforts d'efficacité énergétique.

Déclin du pétrole

Or celle-ci ne progresse pas assez vite, a déjà mis en garde l'AIE dans un rapport publié début novembre. Elle n'a, depuis dix ans, jamais progressé aussi lentement qu'en 2018: avec une augmentation de 1,2%, elle est bien en-dessous des 3% nécessaires.

L'atteinte des objectifs climatiques nécessite également que l'utilisation de pétrole et de charbon atteignent immédiatement un pic avant de décliner, tandis que le gaz doit encore un peu progresser avant d'entamer son déclin. Il faudrait un marché pétrolier qui chute à 65 millions de barils par jour en 2040 (contre 97 millions l'an dernier), un niveau qui correspond à celui du début des années 1990.

En revanche, l'électricité doit croître et prendre la première place dans la consommation finale d'énergie, au détriment du pétrole, d'ici 2040. Les nouvelles capacités électriques doivent être tirées presque exclusivement par les renouvelables - éolien et solaire.

"Placer les systèmes électriques sur un chemin soutenable nécessitera plus que la simple addition de renouvelables", met toutefois en garde l'AIE.

Les centrales à charbon restent problématiques

Elle souligne ainsi cette année la nécessité de s'en prendre aussi aux émissions liées au système existant, ciblant en particulier le charbon, très polluant. Les centrales à charbon sont très nombreuses et relativement récentes en Asie, elles risquent donc de continuer à émettre pendant longtemps compte tenu de leur durée de vie importante.

Le rapport publié mercredi se concentre sur ce problème et identifie plusieurs solutions. La première est de les équiper avec des capacités de captation et de séquestration du carbone - au prix exorbitant d'un milliard d'euros par gigawatt (GW) de capacité sur la base de la technologie actuelle - ou d'équipements leur permettant d'utiliser aussi de la biomasse.

La deuxième consiste à faire des centrales à charbon des moyens de production d'appoint pour assurer la flexibilité du système électrique tout en réduisant leur fonctionnement. La dernière, plus radicale, consiste à les fermer plus tôt que prévu.

Lire aussi : Fermeture des centrales à charbon en 2022 : RTE remet sa copie au gouvernement

Dans le scénario durable, la plupart des 2.080 GW de capacités au charbon existantes devraient se plier à une de ces trois solutions, prévient l'AIE.

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a écrit le 14/11/2019 à 15:37 :
30000 balles une Zoé, le changement ce n'est pas pour maintenant à moins que vous ajoutiez un zéro à nos salaires hein et derrière, pas devant comme d'habitude...

Imposer une économiede la lenteur en la protégeant par du protectionnisme qu'aucun juge au monde ne nous refuserait devrait être la priorité mais imposant un arrêt net de l'engraissage massif de nos mégas riches qui possèdent le monde.
a écrit le 13/11/2019 à 21:54 :
Un changement rapide, comme interdire les moteurs à gasoil (Diesel) et les remplacer par des moteurs à essence qui rejettent beaucoup plus de CO2. OU continuer le commerce international actuel, qui bien entendu ne génère aucune pollution. Je de dis pas qu'il faut arrêter ce commerce, mais qu'il faut le réorienter vers des fabrications de proximités.
a écrit le 13/11/2019 à 19:15 :
Il faut voir le réchauffement comme un verre a moitié plein et non a moitié vide... pour avoir des raisons de se lamenter! Il y a une opportunité pour l'agriculture, c'est la présence de la plante qui permettra la présence d'eau et non le contraire! Un changement de pratique s'impose!
a écrit le 13/11/2019 à 17:30 :
Non, mais ça, on oublie, c'est MORT. Le réchauffement est inéluctable et va accélérer.
Il est impossible d'arrêter la machine productiviste consommatrice d'énergie.
Utopique de penser que la décroissance est possible, que tout un chacun va renoncer à ses avantages, son confort.
Donc, c'est MORT. Que faire?
D'abord bien se persuader que c'est inexorable et que des bouts de solution ne seront possibles qu'individuellement.
a écrit le 13/11/2019 à 17:03 :
Les donneurs de leçons sur le changement climatique se multiplient dans le monde, parce que le sujet est à la mode. Sauf qu'aujourd'hui, il est bien trop tard. Avec une population mondiale de sept milliards et demie, faire baisser les émissions carbones à un niveau acceptable pour la planète est strictement impossible. Il aurait fallu écouter le club de Rome, en 1972, lorsqu'il était encore temps de faire quelque chose. Dans cet article, pas un seul mot sur la surnatalité dans le monde depuis cinquante ans, pourtant la cause majeure des problèmes écologiques actuels.
a écrit le 13/11/2019 à 16:00 :
De moins en moins de gens croient encore au réchauffement anthropique. La raison est qu'il n'existe aucune preuve réllement scientifique de ce réchauffement. La fameuse courbe en "crosse de hockey" publiée en 1999 par Michael Mann et qui a fourni la base des conclusions du GIEC est pde plus en plus contestée, y compris par les tribunaux (cf Cour Suprême de Colombie Britannique dans l'affaire Mann vs Ball) La communauté scientifique, après être restée longtemps silencieuse, sort de son mutisme et les arguments mettant en doute ce réchauffement d'origine humaine apparaissent. Preuves, relevés et photos sont régulièrement publiés à l'appui de leurs déclarations. A quand un vrai débat sur le sujet?
a écrit le 13/11/2019 à 15:37 :
Si les agriculteurs disparaissent ou/et ne changent pas leur pratique culturale issue du dogme de Bruxelles, vous aurez faire la loi a coup de taxe cela ne résoudra rien!
a écrit le 13/11/2019 à 11:45 :
Forcément on a laissé l'économie entre les mains d'aliénés, fallait pas rêver !
a écrit le 13/11/2019 à 11:35 :
Étonnant qu'aucun scenario ne privilégie la plantation de milliards d'arbres, vrai puit de carbone. Seule possibilité pour faire décroître rapidement le CO2 dans l'atmosphère. Comme si cette absence soulignait que le but est avant tout idéologique en faisant la promotion de la décroissance... Qui évidemment ne viendra jamais, car elle se traduirait par de dangereux reculs dans le domaine social, économique et technique.
Réponse de le 13/11/2019 à 13:08 :
Et pour planter un arbre il faut quelque chose qui se nomme le sol. Pour que la plante pousse et séquestre du carbone il faut de l'eau, des oligo-éléments etc...
Donc on en arrive à un arbre utile au bout de 25 ans pour contrôler le niveau d'émission. Au rythme actuel on doit replanter une grande partie du bassin amazonien, du bassin du congo et ces zones doivent rester intouchées pendant 50 ans. Au bout de ce temps on pourra abattre une partie des arbres et les laisser au sol pour en replanter d'autres. Faire en gros le travail que la planète a fait gratuitement à une époque éloignée = le Carbonifère.
S'il vous plaît merci d'écrire à l'ambassade de Chine, d'Inde et des autres pays en développement en leur disant simplement qu'ils aillent se faire foutre avec leur développement car vous désirez maintenir votre niveau de vie et que vous désirez qu'ils restent arriérrés. Succès garantie
Réponse de le 13/11/2019 à 18:37 :
"Étonnant qu'aucun scenario ne privilégie la plantation de milliards d'arbres"

Juillet 2019 :

Un total de 353.633.660 arbres plantés en une seule journée ! C'est le chiffre record que l'Ethiopie affirme avoir battu ce lundi. Mieux que l'Inde, qui avait réussi à mobiliser 1.5 million de volontaires pour faire pousser 66 millions d'arbres en 2017.
Ce record de plantation d'arbres en 12h fait partie d'une vaste campagne de reboisement appelée "Green Legacy", menée par le Premier ministre de ce pays d'Afrique de l'Est, Abiy Ahmed. Des millions d’Éthiopiens ont été invités à participer au défi. Les services de l'administration publique de la capitale Addis-Abeba étaient même fermés pour permettre aux fonctionnaires de participer à la campagne. Le chef du gouvernement a lui-même montré l'exemple lundi matin, en plantant quelques arbres à ArbaMinch, dans le sud du pays.
Au cours de la journée, Abiy Ahmed a écrit sur Twitter qu'environ 150 millions d'arbres avaient été plantés et a encouragé les Ethiopiens à "poursuivre sur leur lancée dans les heures à venir". Au bout de 12 heures, le Premier ministre a de nouveau communiqué sur le réseau social pour annoncer que l’Éthiopie avait non seulement atteint son objectif de 200 millions d'arbres plantés, mais l’avait largement dépassé.L’objectif de l’Éthiopie, qui entend ainsi lutter contre le réchauffement climatique et assurer son autonomie en bois, est encore plus grand. La campagne nationale de plantation vise les 4 milliards d'arbres plantés pendant la saison des pluies, soit entre mai et octobre. Un effort nécessaire alors que moins de 4% des terres du pays sont boisées, contre 30% à la fin du XIXe siècle selon l'ONU.
a écrit le 13/11/2019 à 11:18 :
Tous les tankers et tous les avions polluent 1000 fois plus que les voitures .

On veut nous obliger à changer de voiture avant que les gouvernants s'occupent de la pollution par tous ces bateaux et les avions .

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