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Éolien : de nouveaux objectifs plus ambitieux pour la France

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(Crédits : Shutterstock)
Longtemps considéré comme le parent pauvre du secteur des énergies renouvelables, l'éolien prend enfin son essor en France. Le gouvernement a récemment dévoilé 21 nouveaux projets, et s'est fixé pour objectif une production cumulée de 24,7 GW en 2023. Un programme qui permettrait au pays d'occuper la quatrième place des producteurs européens d'énergie éolienne.

Comparée à certains de ses voisins comme l'Allemagne, l'Espagne, le Royaume-Uni, ou le Danemark, la France est toujours à la traîne dans le secteur de l'éolien. La part de cette source d'énergie renouvelable dans le mix énergétique tricolore -6%- est encore faible. C'est pourquoi la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie prévoit d'inverser cette tendance. Précisons tout d'abord que la France a déjà rattrapé une partie de son retard. En 2018 et 2019, les capacités installées ont augmenté chaque année de 1,5 GW, après un excellent cru 2017. A l'heure actuelle, l'Hexagone compte 7 950 éoliennes, réparties dans 1 380 parcs. Ensemble, elles possèdent une capacité de production cumulée de 15,8 GW d'électricité entièrement renouvelable. La filière représente 18 000 emplois directs et indirects, chiffres en augmentation, ce qui en fait le premier employeur dans le secteur des énergies renouvelables. Après des années difficiles, l'éolien se porte donc mieux et remplit les objectifs fixés par le gouvernement. A ce titre, il connaît la trajectoire inverse de celle du solaire, qui ne parvient plus à atteindre les puissances cumulées prescrites par le ministère de la Transition écologique.

40 GW en 2028

Pour sa politique énergétique future, la France s'est fixé des objectifs encore plus ambitieux : 24,7 GW en 2023, 40 GW à l'horizon 2028. Passant de la parole aux actes, François de Rugy, ministre de la Transition écologique, avait d'ailleurs dévoilé en juin dernier la liste des 21 projets sélectionnés suite à l'important appel d'offres lancé en 2017. Ils prévoient l'installation de 150 nouvelles éoliennes terrestres, qui seront capables d'alimenter 268 000 foyers en électricité verte. Mais pour parvenir aux résultats fixés par la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie, il faudra non seulement encore développer l'éolien terrestre -notamment par l'agrandissement des parcs existants-, mais également l'éolien en mer, qui devra peser entre 4,7 GW et 5,2 GW de puissance cumulée d'ici 2028. Avec ses 3 500 kilomètres de côtes, la France dispose du deuxième gisement européen d'éolien offshore. Pourtant, elle ne compte à ce jour aucun parc éolien dans ses eaux territoriales ; le premier, à Saint-Nazaire, devant être raccordé en 2022. De nombreux appels d'offre avaient été lancés en Normandie et en Bretagne au début des années 2010, mais ils ont été retardés en raison de l'opposition de certains habitants, pêcheurs, et associations anti-éolien.

La France au pied du podium

D'ici 2023, si elle remplit ses objectifs, la France devrait remonter dans le classement des nations ayant les plus grandes capacités éoliennes. Selon Wind Europe, avec 24,7 GW de puissance cumulée, elle devrait même s'adjuger une très belle quatrième place européenne, devant l'Italie (15 GW), la Suède (14,9 GW), la Turquie (11,6 GW), et les Pays-Bas (10,5 GW). L'Allemagne restera largement en tête des pays européens, puisqu'elle devrait installer l'équivalent de 14 GW d'ici 2023, portant sa capacité totale à 71,6 GW. La croissance de ce secteur est toutefois moins vigoureuse ces dernières années, ce qui annonce une stabilisation progressive du marché outre-Rhin. En deuxième position, on retrouve l'Espagne, avec 32,2 GW au total, mais seulement 8,7 GW installés d'ici 2023 ; suivie du Royaume-Uni qui, avec 8,4 GW nouvellement créés et 29,4 GW au total, occupe la troisième marche du podium.

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