« La Convention citoyenne pour le climat est déjà un succès » (Thierry Pech)
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Convention citoyenne pour le climat
Katrin Baumann
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Convention citoyenne pour le climat
Katrin Baumann
Quasiment un an après la publication par le Premier ministre de la lettre de mission qui, le 2 juillet 2019, a marqué le lancement officiel de la Convention citoyenne pour le climat, cette institution démocratique inédite, annoncée par Emmanuel Macron à l'issue du Grand débat national, achève ses travaux ce week-end. Entre vendredi et dimanche, les 150 citoyens tirés au sort voteront sur 150 propositions de mesures afin de lutter contre le réchauffement climatique, ainsi que sur un rapport faisant état de leurs réflexions. Thierry Pech, coprésident avec Laurence Tubiana du comité de gouvernance, revient pour La Tribune sur son sens et analyse son héritage.
LA TRIBUNE - La Convention citoyenne sur le climat (CCC) rend enfin ses propositions de mesures ce week-end, quasiment un an après son lancement. Quel bilan tirez-vous de cette expérience?
THIERRY PECH - Le bilan que j'en tire est extrêmement positif. Un tel exercice de démocratie représentait une première en France, et peut-être même au monde, compte tenu des ambitions fixées, impressionnantes : définir des mesures susceptibles de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France de 40% en 2040 d'ici
2030, leur donner une forme législative ou réglementaire et déterminer dire lesquelles
devaient emprunter la voie parlementaire, lesquelles la voie référendaire... Ce n'était pas évident que la CCC puisse atteindre un tel objectif. Mais les 150 citoyens tirés au sort ont énormément travaillé, et su valoriser pleinement leurs différences, leur capital d'expérience personnel. Je suis d'ailleurs également très satisfait des relations qu'ils ont su construire avec les experts: les fact checkers et les groupes d'appui qui se sont mis au service de la CCC, mais aussi les quelque 120 experts qui ont été auditionnés.
À lire également
Une source de satisfaction est encore que, malgré la méfiance réciproque du début, jamais il n'y a eu d'opposition avec les institutions traditionnelles de la démocratie représentative. Le constat de l'utilité du travail mené par la CCC a permis de lever tout doute. Au fond, en France, il n'y a pas beaucoup de climatosceptiques. Les divisions portent plutôt sur les moyens pour lutter contre le réchauffement, sur le partage des efforts à consentir. C'est pour cette raison qu'il était important que 150 citoyens aussi divers que la société française elle-même se mettent d'accord sur ces moyens d'action, car le consensus qu'ils ont atteint est susceptible de rencontrer l'adhésion de leurs concitoyens.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.
