Tandis que le seuil fatidique des +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle ne doit pas être franchi, faut-il empêcher la promotion sur les réseaux sociaux des combustibles fossiles, au pouvoir fortement réchauffant ? En France, la question a imprégné le débat public, le projet de loi Climat et résilience visant, entre autres, à interdire les publicités pour les produits « en faveur des énergies fossiles ». Et les pouvoirs publics ne sont pas les seuls à s'emparer du sujet : l'un des principaux vecteurs d'annonces publicitaires, le réseau social Facebook, a officiellement pris position et affiche désormais son « soutien à l'action climatique ». Car dans un monde englué dans le pétrole, le gaz naturel et le charbon, qui représentent près de 85% de la consommation énergétique, la sortie imminente de ces hydrocarbures semble inévitable : en mai dernier, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pressait les Etats à stopper tout projet de forage, sous peine de conséquences dramatiques pour l'humanité.
Pourtant, le contenu des spots publicitaire tranche avec ce constat d'urgence : aux Etats-Unis, les annonces pro énergies fossiles ont été vues au moins 431 millions de fois sur Facebook rien qu'en 2020, avec 25.174 annonces et 9,6 millions de dollars d'investissement, dénonce un rapport publié jeudi par le Think tank londonien InfluenceMap. Leur plus gros financeur était ExxonMobil (5,04 millions de dollars), déjà au coeur d'une polémique outre-Atlantique, après que Greenpeace a fait fuiter une vidéo d'un lobbyiste de la compagnie pétrolière qui explique comment l'entreprise utilise sa force politique pour saper l'action climatique.