On s'attendait à tout, sauf à cela... En sortant de Paris, il suffit de rouler pendant deux heures pour se retrouver face à ces champs en apparence banale, régulièrement repérés au cours de nos divers déplacements. De loin, on aurait dit des épis de maïs dorant sous le soleil de la fin d'été. Pourtant, l'apparence est trompeuse... D'ailleurs, à y regarder de plus près, ces épis n'ont pas l'air si familiers que cela. Tout cela est bien normal, car ce n'est pas du maïs, mais du sorgho ! Du sorgho dans nos contrées ? Quelle drôle d'idée ! Cinquième céréale mondiale derrière le maïs, le riz, le blé et l'orge, le sorgho demeure en effet relativement méconnu dans nos régions. Et pour cause : domestiqué il y a plusieurs millénaires dans le Sahel en Afrique, de la même famille que le mil ou le millet, il constitue une des bases de l'alimentation subsaharienne mais reste, pour l'heure, peu usité dans la gastronomie européenne. Une donne qui pourrait néanmoins changer, et plus rapidement que l'on ne le croit... Car réchauffement climatique oblige, les agriculteurs français cherchent désormais des solutions tous azimuts à leurs problèmes. Parmi ces derniers notamment, la grêle, le gel, les inondations et les canicules à répétition viennent saper leur travail année après année, en interrogeant parfois tout bonnement sur le maintien d'une agriculture tricolore aux rendements suffisants. Autre inquiétude se muant peu à peu en obsession : cette pénurie d'eau estivale qui est devenue une angoisse persistante pour toute la branche. Il faut voir et lire les chiffres. En l'occurrence, jusqu'au mois de juin 2022, notre pays affichait déjà un déficit hydrique de 33 % alors même que les fortes chaleurs n'étaient pas encore avancées. Par la suite, canicule faisant, on apprit que le mois de juillet 2022 fut le mois le moins abondant depuis le début des relevés météorologiques. Le mois d'août fut ensuite celui des restrictions et de la prise de conscience de la pénurie.