L'adaptation aux impacts croissants du changement climatique est la grande oubliée des négociations internationales sur le climat, dénoncent depuis des années les défenseurs de l'environnement. Or, sans une accélération des efforts en ce sens, la planète risque une "immense perturbation", met en garde le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) dans l'édition 2021 de l'"Adaptation Gap Report" son rapport annuel, publié aujourd'hui, qui mesure les écarts entre les besoins et la réalité.
Pourtant, les projets visant à réduire les dégâts causés par le réchauffement de la planète (incendies, sécheresse, inondations, etc.) ne manquent pas, note le PNUE qui, en se fondant sur des données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en recense 2.600 financés par les 10 principaux donateurs entre 2010 et 2019. Ils concernent l'agriculture, les écosystèmes, l'eau, les infrastructures. L'adaptation aux risques climatiques trouve aussi progressivement sa place dans les politiques publiques, puisque 8 pays sur 10 ont déjà adopté au moins un plan, une stratégie ou une loi planifiant l'adaptation au niveau national. Mais la mise en œuvre et le financement de ces actions font encore défaut, regrette le PNUE.
Le rapport pointe du doigt la faiblesse des systèmes d'évaluation, dont disposent seulement un quart des pays. Mais il déplore surtout un écart croissant entre les coûts de l'adaptation au réchauffement et l'argent mobilisé. Les premiers se situent en effet désormais dans le haut de la fourchette de l'estimation qu'en faisait l'Adaptation Gap Report en 2016 pour les seuls pays en développement: entre 140 et 300 milliards de dollars américains par an d'ici 2030, et entre 280 et 500 milliards par an d'ici 2050. Quant au deuxième, les financements développés par les pays du Nord au profit des pays du Sud n'ont globalement atteint que 79,6 milliards en 2019, dont à peine un quart est allé à l'adaptation, a calculé en septembre l'OCDE.