Catastrophes naturelles : la facture des assureurs risque de doubler d’ici 2050
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A l'heure où le monde se penche sur le climat, la Fédération française des assurances (FFA) s'est essayée à un exercice délicat, mais consubstantiel au métier de l'assureur, celui se projeter dans l'évolution prévisible des sinistres liés aux catastrophes naturelles sur très longue période. Et la facture s'annonce lourde.
Elle pourrait même doubler, sur la période 2020-2050, à 143 milliards d'euros, contre 74,1 milliards d'euros déjà constatés sur la période 1989-2019. Soit un rythme annuel de près de 5 milliards d'euros, contre 2 milliards dans les années 90 et 2000, puis 2,8 milliards par an dans les années 2010 et même 3,8 milliards sur les quatre dernières années. « L'inflation des coûts est déjà un phénomène que nous observons », souligne José Bardaji, directeur des études à la FFA.
Certes, ces projections sont fondées sur le scénario le plus pessimiste du GIEC d'un réchauffement global de 4 degrés d'ici à la fin siècle, donc bien au-dessus de l'objectif de 1,5 degré de l'Accord de Paris de 2015, dont on sait aujourd'hui qu'il ne pourra pas être tenu.
Pourtant, c'est l'accroissement des richesses (comme l'augmentation du prix des biens ou l'extension des zones bâties) qui explique plus de la moitié de cette inflation attendue des sinistres. Selon la FFA, l'extension d'une ville de 10% peut ainsi expliquer une hausse des sinistres de 50%. Le réchauffement climatique et ses conséquences pèseraient néanmoins pour environ un tiers de la hausse, soit environ 24 milliards d'euros de plus que sur la période 1989-2019. Le solde étant lié à des évènements extrêmes, comme les tempêtes, dont les experts n'ont pas réussi jusqu'ici à relier, de manière évidente, leur intensité ou leur fréquence au réchauffement climatique.
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Par type de sinistres, ce sont les dégâts liés à la sécheresse qui devraient connaître la plus forte hausse. Le montant devrait ainsi tripler pour atteindre 43 milliards d'euros entre 2020 et 2050, dont 17 milliards directement imputés au réchauffement climatique. De fait, les épisodes de sècheresse deviennent à la fois plus fréquents - quasiment chaque année, à l'exception de 2021 - et surtout de plus en plus coûteux. Le sinistre le plus fréquent est celui des fissures qui apparaissent sur les habitations construites sur des sols argileux, en particulier dans le Sud-Ouest de la France.
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