« L'art de la prudence »

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Le président François Hollande. Son gouvernement table sur une croissance de 0,8% en 2013,l'OCDE sur + 0,3%. Copyright Reuters
Le président François Hollande. Son gouvernement table sur une croissance de 0,8% en 2013,l'OCDE sur + 0,3%. Copyright Reuters
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L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié mardi ses prévisions de croissance. Pour la France, qui n'est pas le seul pays dans ce cas, elles les a révisées à la baisse : désormais, après + 0,2% en 2012, l'activité devrait progresser de + 0,3% en 2013. Le gouvernement, lui, maintient officiellement + 0,8%. Pêcherait-il par une « exubérance irrationnelle » imprudente?

On ne sait si c'est pour éviter de peiner un gouvernement en plein effort, mais la note des experts de l'organisation qui accompagne la prévision intrigue, quant à elle, par sa prudence. Prudence des plus mesurées. Car si l'organisation internationale encourage dans un premier temps le gouvernement à « lancer une stratégie globale à moyen terme d'assainissement des finances publiques, de réduction des dépenses et de réformes structurelles », qui permettra - selon la formule désormais consacrée - de « stimuler la confiance et améliorer la compétitivité et la croissance », cet encouragement ne vaut qu'à partir de 2014. Alors seulement, « il conviendra de contenir (on ne dit plus les baisser, mais simplement qu'elles n'augmentent plus, notez-le bien) les dépenses publiques afin de faciliter la baisse des impôts nécessaires au rétablissement de la compétitivité... »

Sauf miracle

Et entre-temps ? Et bien les dépenses publiques devront augmenter en 2013, car, recommande l'OCDE, « les stabilisateurs automatiques doivent pouvoir jouer pleinement si la croissance se révèle inférieure à l'hypothèse retenue dans le budget », ce qui, sauf miracle, devrait être le cas. D'ores et déjà, l'organisation prend pour hypothèse que le chômage en France pourrait grimper à 11,25% l'année prochaine. Une aggravation qui mécaniquement pèse sur les comptes sociaux.

Si on récapitule, l'année 2013 s'annonce mauvaise pour l'économie française, avec une croissance faible, des dépenses publiques en hausse, et un chômage à plus de 11%. En revanche, 2014 devrait voir le PIB augmenter de 1,3%, les impôts baisser et les dépenses se stabiliser. Comment ? On ne sait pas. 2014 c'est loin...

Surtout,  en renvoyant à 2014 la fin des mauvais jours, l'OCDE évite soigneusement les sujets qui fâchent comme par exemple l'objectif de ramener le déficit public sous les 3% du PIB l'année prochaine, comme l'exige le pacte de stabilité. Un objectif qui paraît pourtant - et depuis longtemps - bien hardi.

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