On se calme

La chronique quotidienne de la Tribune inspirée par l'actualité. Aujourd'hui,ce que nous dit le vote Beppe Grillo, Arnaud Montebourg remercie Coca-Cola et le chômage continue son ascension.

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Beppe Grillo. Copyright Reuters
Beppe Grillo. Copyright Reuters

La surprise du scrutin italien lundi, c?est le score obtenu par Beppe Grillo, dont le parti, le Mouvement 5 étoiles, est en toute rigueur la première formation politique d?Italie, puisque tant à gauche, Pier Luigi Bersani, le leader du Parti Démocratique, qu?à droite, Silvio Berlusconi, à la tête du Parti de la Liberté, dirigeaient des coalitions de partis pour ces élections.

Une campagne électorale de proximité

On a, à raison, taxé l?ex-humoriste de populiste. Sa gouaille et son franc-parler à l?égard de la classe politique italienne et de l?Union européenne, a mis non seulement les rieurs et les râleurs de tout poil de son côté mais a aussi permis à nombre d?acteurs associatifs locaux de trouver avec lui un relais de leur parole. Beppe Grillo a, il faut le souligner, fait une campagne électorale de proximité, sillonnant toute l?Italie, n?hésitant pas à tenir des meetings dans nombre de villes moyennes de la péninsule. Il s?est adressé notamment aux jeunes, la population la plus gravement touchée par le chômage.

Car le Mouvement 5 étoiles va envoyer dans les deux chambres italiennes des élus qui sont tout sauf des professionnels de la politique : jeunes, certains ont tout juste 25 ans, l?âge minimum pour pouvoir siéger, chômeurs, militants écologistes et associatifs, dont de nombreuses femmes. Le cocktail devrait être détonnant et la façon dont ces élus seront reçus par leurs pairs des autres partis sera un test sur la capacité de la classe politique italienne à intégrer ce nouveau paysage. Au final, le score de Grillo vient souligner combien l?imposition d?un politique décidée au sommet de l'Etat sans discussion et subie en bas provoque un rejet.

Il n'y a pas de rejet de l'Europe

Faut-il pour autant voir dans ce coup de tonnerre un véritable rejet de l?Europe? PAs si sûr, si l?on se fonde sur les expériences passées. En Grèce, après de nouvelles élections, c?est le parti de centre-droit Nouvelle Démocratie qui gouverne. En Irlande, malgré les critiques contre Bruxelles, une majorité d?électeurs s?est prononcée contre la sortie de la zone euro lors d'un référendum, et même en Finlande lors des dernières élections, le parti populiste contre l?Europe, malgré un score honorable n?était pas au second tour. Finalement, le coup de gueule anti-européen est davantage une critique du fonctionnement des élites enfermées dans leur tour d?ivoire. Les citoyens veulent être écoutés et comprendre - la pédagogie et le meilleur rémède contre la démagogie -, ce qui est la moindre des choses dans une démocratie.

Les Etats-Unis, premier investisseur en France

Le facteur de Bercy apporte selon les jours des bonnes et mauvaises nouvelles. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Monterbourg, vient de l?expérimenter. L?échange de lettres incendiaires avec Maurice Taylor, le patron du fabricant de pneus Titan International, un temps intéressé par la reprise du site de Goodyear à Amiens-Nord, avait laissé un brin d?amertume, tant la polémique et la caricature ne répondaient pas à l?enjeu qu?est le redressement industriel français.

 

Aussi, la lettre au ton posé du patron de Coca-Cola France, Tristan Farabet, renouvelant a volonté du fabricant du célèbre soda d'investir dans l?Hexagone a dû donner du baume au c?ur au ministre. Nombre d?entrepreneurs venant des Etats-Unis, qui sont, on ne le sait pas assez, le premier pays étranger investisseur en France, ont voulu se démarquer du bouillant Maurice Taylor, et de ses raccourcis polémiques. La lettre vient rappeler que loin des solutions miracles, la crise que traverse la France nécessite des changements profonds et sérieux qui ne peuvent sûrement pas se régler par des polémiques stériles façon "café du commerce".

Que ce soit d?ailleurs l?austérité en Italie ou la désindustrialisation en France, le point commun à l?ensemble de ces inquiétudes populaires est résumé par un seul mot : chômage, dont le taux monte inexorablement dans plusieurs pays européens. Le chiffre de janvier est tombé en France mardi, et il n?est pas bon : 3.169.300 demandeurs d?emploi, soit 43.900 supplémentaires par rapport à décembre. Et il y a désormais en ligne de mire le seuil psychologique du record absolu atteint en janvier 1997 : 3,2 millions. Difficile de garder son calme.

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