Le solaire fait de l'argent le métal le plus recherché de l'année

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L'once d'argent s'est envolée ces derniers mois. Investisseurs privés, ETF et industriels s'arrachent le métal, qui trouve de nouvelles applications dans l'industrie photovoltaïque.

Comme le hurlait Téléphone en 1980 : « Argent, trop cher ! » Partie de 17 dollars en début d'année, la petite once de 31 grammes d'argent en vaut désormais près de 30. Le métal blanc a commencé à grimper un peu plus tard que l'or, mais a finalement accéléré nettement plus rapidement : il affiche un gain de 72 % depuis le début de l'année.

Plus volatile et plus spéculatif que celui du métal jaune, le marché de l'argent a séduit les investisseurs. L'effet « or du pauvre » a joué à plein ; les Exchange Traded Funds (ETF) ont notamment accumulé pour 1,1 milliard de dollars d'argent entre la mi-aout et la mi-novembre. Sur cette période, les ETF ont consommé 1,4 fois le tonnage utilisé par la bijouterie, comme le souligne David Wilson à la Société Générale. Ce dernier a calculé que si ce rythme avait tenu toute l'année, 7.000 tonnes d'argent auraient disparus dans les coffres-forts des banques, qui en détiennent actuellement plus de 15.000. Or contrairement à l'or, l'argent est avant tout un métal industriel.

Optimisme de mise

Ce réveil des ETF a donc déboussolé les cours, puisque la demande fondamentale se maintenait, voire progressait ! Car si l'argentique n'en finit pas d'être abandonnée par les photographes qui lui préfèrent des appareils numériques, sans pellicule baignée dans l'argent, une autre industrie pourrait largement la remplacer. Il s'agit de l'énergie : les batteries argent-zinc, considérées comme moins polluantes que les ion-lithium, ont un certain succès. Surtout dans l'énergie solaire : l'industrie photovoltaïque est devenue une grosse consommatrice d'argent, et son utilisation pourrait décoller à la faveur des investissements massifs entrepris dans l'énergie solaire, notamment en Chine.

Conscients de ce facteur, « de nombreux investisseurs connus, surtout aux Etats-Unis, achètent de l'argent », a assuré Bruce Ikemizu, analyste chez Standard Bank à Tokyo, à l'agence Bloomberg. Ce qui incite le spécialiste japonais à voir le métal continuer son envol l'année prochaine. Après avoir progressé de plus de 70 % cette année, l'argent devrait encore bondir de plus de 30 % pour atteindre 40 dollars l'once ! Pour un métal attendu en situation d'ample surplus, l'optimisme est donc de mise. Si Crédit Suisse ou la Société Générale le voit plutôt à 30 dollars par once l'année prochaine, Deutsche Bank a mis l'argent dans ses matières premières favorites. Jim Rogers, un des grands gourous des matières premières, est notamment un fervent adepte...

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Commentaires
a écrit le 27/12/2010 à 11:57 :
"Plus volatil et plus spéculatif..." serait mieux qu' une sorte de volaille (volatile). Merci.

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