Hydroliennes : Alstom et DCNS choisis, CMN/Hydroquest en stand-by

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Un projet public prévoit l'installation au dernier trimestre 2015 de fermes pilotes hydroliennes marines sur deux sites, le Raz Blanchard en Basse-Normandie et la Zone du Fromveur en Bretagne
Un projet public prévoit l'installation au dernier trimestre 2015 de fermes pilotes hydroliennes marines sur deux sites, le Raz Blanchard en Basse-Normandie et la Zone du Fromveur en Bretagne (Crédits : EDF)
L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie a choisi Alstom et DCNS pour installer, dans le cadre d'un appel à manifestations d'intérêt (AMI), des fermes pilotes d'hydroliennes. Mais à la demande de l’Élysée, l'Ademe doit réexaminer le projet Searieus.

Sans trop de surprise, les consortiums Alstom/GDF Suez et EDF EN/DCNS ont été sélectionnés vendredi dernier par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) dans le cadre d'un appel à manifestations d'intérêt (AMI) "Énergies marines renouvelables - Fermes pilotes hydroliennes", selon nos informations. Un comité de pilotage, qui s'est réuni vendredi dernier, a sélectionné deux des six consortiums en compétition. Ce projet public, doté d'une enveloppe de 120 millions d'euros, prévoit l'installation au dernier trimestre 2015 de fermes pilotes hydroliennes marines sur deux sites, le Raz Blanchard en Basse-Normandie et la Zone du Fromveur en Bretagne.

Mais à la demande de l'Élysée, l'Ademe doit réexaminer le dossier de Searieus, un consortium composé du chantier naval Constructions Mécaniques de Normandie (CMN), de la start-up grenobloise Hydroquest et de l'opérateur en énergie verte Valorem, qui va donc bénéficier d'une seconde chance, selon nos informations. L'Ademe devrait rendre son verdict dans une dizaine de jours et officialiser sa sélection. En revanche, les consortiums composés de Siemens/UNITe et Voith Hydro/GDF Suez ainsi que le français Sabella basé à Quimper, n'ont pas été retenus par l'Ademe. In fine, cette décision doit être entérinée par le Premier ministre, Manuel Valls.

Hollande a-t-il demandé un réexamen du projet ?

Le président d'Hydroquest, Jean-François Simon, qui a participé début novembre à la délégation de chefs d'entreprise accompagnant la visite d'État de François Hollande au Canada, serait parvenu à convaincre le président de la qualité et du sérieux du projet Searieus. D'autant que ce consortium propose le développement et la fabrication d'une hydrolienne 100 % "Made in France". L'Ademe, qui trouvait le dossier financier de Searieus risqué, va-t-il faire finalement une place à ce consortium ? A suivre.

Mais ce qui joue un peu plus en faveur du consortium franco-français, c'est le gain récent d'un important contrat de trois patrouilleurs par CMN au Liban, grâce à un financement saoudien. Ce qui pérennise un peu plus le site de CMN de Cherbourg où cette nouvelle activité serait basée en cas de sélection par l'Ademe.

Une hydrolienne 100 % "Made in France"

Avec l'appui et l'expertise de l'Université de Caen, le consortium Searieus a déposé un  dossier de candidature le 16 mai dernier portant sur la réalisation d'une ferme pilote de 10 hydroliennes de 1,3 MW chacune dans la zone du Raz Blanchard raccordée au réseau électrique local pour une puissance totale installée de 13 MW (pour un coût de 60 millions d'euros environ). Les dix machines seraient mises en service en 2019.

Ils ont également proposé à l'Ademe une option avec sept machines pour une puissance installée de 9,1 MW (40 millions environ). L'objectif de Searieus est de tester l'installation et le fonctionnement d'une ferme d'hydroliennes à une échelle pré-commerciale. Et in fine, de valider le concept de cette machine sur le plan technique et commercial pour la proposer à l'exportation.

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a écrit le 12/11/2014 à 12:01 :
Je suis étonné de voir autant de centaines de millions d'euros distribués dans ces initiatives, sympathiques au demeurant, mais parfaitement inutiles quand on sait que l'approvisionnement en énergie électrique de notre pays est totalement assuré par le nucléaire, à un prix nettement inférieur.
Le plus urgent ne serait-il pas de créer des emplois dans un secteur où il y a du besoin ?
a écrit le 12/11/2014 à 11:57 :
pourquoi pas sur les fleuves ????
a écrit le 12/11/2014 à 11:13 :
Quelle est la probabilité CMN, Hydroquest ou Valorem embauche quelqu’un de l'ADEME? Nulle!
Par contre Alstom/GDF Suez ou EDF EN/DCNS renverront la balle et ça ne leur coutera pas bien cher
CQFD
a écrit le 12/11/2014 à 11:10 :
120 millions € de budget public financé par les contribuables français et distribué à des grands groupes, qui, en plus, reçoivent des subventions locales. Double pactole !
a écrit le 12/11/2014 à 10:45 :
Il faut taxer les importations de systèmes et de pièces détachées liés à la production d'énergie renouvelables, provenant d'Asie et d'Amérique du Nord. Cet argent doit alimenter le fond d'investissement en charge de mettre en oeuvre le déploiement de sites de production d'énergie renouvelable, et investir sur des projets, d'abord français. Ce protectionnisme intelligent permet de recréer des filières industrielles ; détruites par les gouvernements précédents et les vieux dirigeants qui, je l'espère, sont maintenant à la retraite. Le gouvernement actuel pédale dans la semoule ; le gouvernement précédent était composé de débiles ; l'UE pourrit l'industrie avec toujours plus de normes à la con. Heureusement pour nous que des groupes d'entrepreneurs ne lâchent rien pour faire aboutir leurs projets industriels !
a écrit le 11/11/2014 à 20:04 :
Au stade d'évolution actuel, l'idée d'un consortium franco-Français, me paraît bonne. Cependant si nous voulons donner de l'essor aux énergies nouvelles nous devons concéder une part du marché avec un partenariat élargie. Cette règle ne s'est jamais démentie. Ce partenariat doit se faire au sein de la communauté Européenne en premier choix. Le choix Européen devant servir de guide.
a écrit le 11/11/2014 à 12:09 :
On voit avec ce dossier combien nos technocrates sont courageux et encouragent les entrepreneurs ... Ce pays est foutu !
a écrit le 11/11/2014 à 11:49 :
DCNS a eu une attitude pragmatique en rachetant la société qui a conçu et développé ces hydroliennes et n'aura plus qu'à les fabriquer et les entretenir (ce qui n'est pas simple si on connait l'endroit où elles seront posées). Je ne crois pas qu'elles seront des hachoirs à poissons (qui sont peu nombreux dans cette zone de fort courant).
Le prototype d'Alstom, tel qu'on peut le voir, ressemble vraiment à un prototype... et ce n'est pas la solution que GDF-Suez avait retenu au départ mais un projet développé dans un pays nordique... abandonné pour reprendre une solution française.
Personnellement, je préfère voir DCNS construire des hydroliennes que des sous-marins.
L'électricité produite devrait être compétitive avec l'éolien off-shore et je regrette que nombre de français soient aussi opposé à l'éolien terrestre qui est une solution beaucoup plus économique que toutes les autres énergies vertes et la seule qui soit compétitive avec le nucléaire moderne type EPR..
il faudra aussi développer les solutions de stockage, dont la version la plus économique est la retenue d'eau... qui fait brailler nos écologistes, à défaut de faire fonctionner les centrales thermique d'appoint.
a écrit le 11/11/2014 à 11:41 :
hydrolienne ou pas .... la qualité de l’électricité se dégrade en France .... j'ai due m'équiper d'un onduleur pour mon pc (sous Linux ... je précise) !
a écrit le 11/11/2014 à 9:55 :
Une societe privée qui a besoin d argent public pour exister, ne mérite pas d'être. Arretons les aides "magouilles" et diminuons les charges de TOUTES les entreprises avec cet argent. Stop aux distortions de concurrence par argent public. Et stop à l'économie de parasites basée sur la "chasse aux subventions". --Un chef d entreprise qui prefere passer son temps à créer et vendre plutot que remplir des dossiers pour profiter de l'argent public.
Réponse de le 11/11/2014 à 11:39 :
savez vous combien de société vivent de la commande publique ? Je parierais même sur EDF ou gdf Suez, il faut réfléchir avant de dire n'importe quoi, ça n'en fait pas des sociétés non viables et pérennes.
Réponse de le 06/12/2014 à 16:22 :
Je parlais des aides, des subventions et des crédits d'impôt.
a écrit le 11/11/2014 à 9:33 :
Comme d'hab préférence est donnée par les fonctionnaires aux anciennes entreprises d'état. Il en est de même dans tous les secteurs où ces boulets sont présents. Une ostalgie à la française p.
a écrit le 10/11/2014 à 21:17 :
L'agence pour l'environnement ne s'intéresse pas à la géothermie, pourquoi, pour quelles raisons ?
a écrit le 10/11/2014 à 21:05 :
Il faut savoir ce que l'on veut. Si on rejette le nucléaire, il faudra bien trouver une autre alternative !... ou alors revenir aux centrales à charbon comme en Allemagne et en Chine...
Si on n'accepte pas un minimum de risque industriel on revient au Moyen Âge. Est-ce cela que l'on veut ?
Les éoliennes, beaucoup moins puissantes pour un encombrement plus important sont néfastes pour l'environnement esthétique en premier lieu.
Et puis, ces hydrolienne sont très perfectibles.
a écrit le 10/11/2014 à 19:44 :
Si la photo correspond a l'hélice utilisé; c'est dommage pour l'écosystème. Il va y avoir beaucoup de poissons de couper en deux. Une ellipsoïde serait écologiquement plus correcte...
Réponse de le 11/11/2014 à 14:46 :
A la vitesse a laquelle tourne l'helice , aucun poisson ne risque d ette coupé en 2..
Cette hydrolienne a déjà été testée au large de Brehat en Bretagne il y a un an . Une zone très poissonneuse.
Réponse de le 08/12/2014 à 9:33 :
D'accord avec vous et le système serait plus compact
a écrit le 10/11/2014 à 18:37 :
On ne pipe pas mot sur les actuels (et qui coûtent très cher) déboires de Alstom au Brésil. Par tous les moyens, dit-on, on essaie de contourner la justice brésilienne mais l'affaire a pris une tournure plutôt politique et rien n'est moins sur que Alstom en sorte indemne.
a écrit le 10/11/2014 à 17:56 :
Comme d'habitude 100 % de l'AMI pour les gros. Les réseaux copain-coquin marchent a fond quand il s'agit de puiser des finances publics. Mais pour financer la R&D française et créer des emplois pérennes d'avenir, il n'y a plus personne.
a écrit le 10/11/2014 à 16:59 :
Beaucoup d'acteurs français sont partis sur les hydroliennes, éoliennes en mer et autres projets sur les énergies marines, ce serait sympa qu'ils ne se fassent pas le guerre, d'autant plus que ce serait déséquilibré, la DCNS aurait un avantage certain! Hihi

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