Plus de 31 milliards d'euros de deals en 2010 dans les cleantech

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Le baromètre exclusif GreenUnivers/La Tribune recense près de 90 levées de fonds et fusions-acquisitions majeures dans les cleantech dans le monde au quatrième trimestre 2010 pour un montant global de près de 8,8 milliards d'euros. C'est plus du double que le trimestre précédent, à 3,6 milliards. Le chiffre est aussi en forte hausse par rapport au 4ème trimestre 2009 (7,6 milliards d'euros).

A l'étranger, nous avons recensé 46 opérations significatives au 4ème trimestre, pour un montant total connu (*) de plus de 11,2 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros) : c'est un record comparé aux 4,9 milliards de dollars du 3e trimestre, 5 milliards du 2e trimestre et 2,9 milliards du 1er trimestre. Ce chiffre est aussi en nette hausse par rapport aux 9,2 milliards de dollars de transactions du 4e trimestre 2009, qui marquait la sortie de crise.
En France, GreenUnivers a comptabilisé 43 levées de fonds et fusions acquisitions au 4ème trimestre 2010 pour un montant global de 162,7 millions d'euros (*). La tendance est à la hausse par rapport au 3e trimestre où 27 transactions avaient été enregistrées pour 140,6 millions. Mais le montant est en chute par rapport au dernier trimestre 2009 qui avait culminé à 1,2 milliard d'euros, un record atteint grâce à des fusions-acquisitions exceptionnelles.
Sur l'ensemble de 2010 le montant global des transactions s'élève à 31,6 milliards d'euros, contre 20 milliards en 2009. Pour l'étranger, il s'élève à 30,2 milliards d'euros contre 18,7 milliards en 2009, soit un bond de 61%. Pour la France, le bilan annuel est de 1,4 milliard d'euros, soit une hausse beaucoup plus modeste de 7% par rapport à 2009.

A l'étranger, une floraison d'entrées en Bourse
Les deux deals les plus importants de l'année ont été bouclés au dernier trimestre : le rachat par le géant suisse ABB d'un des leaders mondiaux des moteurs industriels économes en énergie, l'américain Baldor, pour 4,2 milliards de dollars (dette incluse), et l'introduction en Bourse d'Enel Green Power, la filiale d'énergies renouvelables de la compagnie italienne Enel, pour 2,46 milliards d'euros (3,2 milliards de dollars).
Le 4eme trimestre a vu une multiplication d'entrées en Bourse, plus ou moins réussies : outre celle d'Enel Green Power, se sont cotés notamment les groupes chinois Chaori Solar Energy Science & Technology (cellules photovoltaïques), China Datang Renewable Power, deuxième développeur chinois dans l'éolien, le « petit » producteur chinois de polysilicium pour cellules solaires Daqo et le producteur américain de biocarburants de nouvelle génération Amyris, dans lequel le français Total a investi.
2011 devrait voir de nouvelles sociétés des cleantech tenter la Bourse aux Etats-Unis et en Chine, comme le leader chinois des éoliennes Sinovel, qui compte lever très bientôt 1,4 milliards de dollars à Shanghai, ou encore Silver Spring Networks, la start-up américaine vedette des logiciels pour compteurs intelligents ainsi que le développeur californien de centrales solaires thermiques BrightSource.

Forte activité dans le smart grid et l'efficacité énergétique
Du côté des secteurs, près de la moitié des transactions et des montants au 4ème trimestre concernent des groupes d'énergies solaire et éolienne, avec respectivement 1,7 milliard de dollars et 3,3 milliards de dollars. Les marchés les plus dynamiques sont l'Italie où les alléchants tarifs d'achat font flamber les investissements, la Californie qui accélère dans les méga-centrales dans le désert, et la Chine où les groupes lèvent des fonds colossaux.
Cette tendance serait d'autant plus marquée si nous avions inclus dans notre baromètre les investissements d'infrastructures, autrement dit les rachats de parcs éoliens ou solaires, car de grandes centrales européennes ont changé de main en fin d'année, ainsi qu'aux Etats-Unis. Ce flux va s'intensifier en 2011 avec la prochaine mise en vente par le groupe espagnol ACS de ses parcs d'énergies renouvelables, évalués à 4 milliards de dollars.
Le bâtiment vert, le smart grid et l'efficacité énergétique (4,75 milliards de dollars en tout, 18 grandes opérations) ont également connu une forte activité dans les levées de fonds et fusions-acquisitions, avec par exemple le rachat de Baldor par ABB. Ces trois secteurs promettent de jouer un rôle important en 2011.
Sur l'ensemble de 2010, parmi les transactions-phares figurent aussi l'introduction en Bourse du fabricant chinois d'éoliennes Goldwind et plusieurs acquisitions dans le domaine de la gestion intelligente de l'énergie : rachat par la compagnie belge Elia du groupe allemand de transmissions de 50Hertz, rachat par ABB de l'américain Ventyx (logiciels de gestion de l'énergie). A noter qu'ABB a réalisé deux des 10 plus grosses opérations de 2010, dans le secteur de la gestion d'énergie qui connaît un tourbillon de fusions-acquisitions.

En France, les industriels à la manoeuvre
En France, notre baromètre du 4e trimestre intègre dix fusions-acquisitions. Sur la lancée des trimestres précédents, les grands industriels se sont montrés très actifs, avec une star : Schneider Electric. A lui seul, le groupe signe trois rachats (pour des montants restés confidentiels) : il s'est emparé de la start-up Energy Pool, spécialiste de l'effacement électrique, et de deux entreprises centrées sur le secteur plein d'avenir de la gestion et du pilotage de l'énergie dans le bâtiment, Vizelia et D5X.
Autre industriel en pointe, Saint-Gobain, déjà très offensif dans les cleantech, qui réalise la plus grosse acquisition du trimestre. Il s'est emparé, pour 57 millions d'euros (80 millions de dollars), de 50% de la société américaine Sage, qui a mis au point un procédé de verre recouvert d'un revêtement électrochimique et isolant capable de s'assombrir sur commande, ce qui limite l'entrée de la lumière et de la chaleur. Un rachat qui montre l'ambition du français sur le marché de l'amélioration énergétique de l'habitat.
Du côté des levées de fonds, notre baromètre en intègre 23 au dernier trimestre pour un montant de 52,6 millions d'euros (hors levées de fonds pour des infrastructures d'énergies renouvelables). Les fonds spécialisés dans les cleantech sont en première ligne : Emertec finit l'année en beauté en investissant dans le traitement de l'air (Ethera), le silicium pour le solaire (S'Tile), le recyclage (Régéfilms) et les biocarburants à base d'algues (Fermentalg) alors que le fonds Demeter a mis de l'argent dans le solaire (MPO Energy) et les biocarburants à base de micro-algues (Fermentalg).

Un poids toujours important pour les énergies renouvelables
Du côté des secteurs, les énergies renouvelables représentent un peu moins du tiers des transactions (10 pour un montant de près de 25 millions d'euros), avec notamment l'importante levée de fonds de 15 millions du producteur d'énergies renouvelables Vol-V (éolien, solaire, biomasse). Malgré les turbulences dans le solaire, les investisseurs ont continué à investir dans des entreprises du secteur.
Mais le dernier trimestre montre aussi un intérêt pour d'autres secteurs, comme les transports propres (Muses, Eco&Mobilité...), l'eau (Bio-UV, Aqualabo...) ou le smart grid (Actility, Neelogy...), dont la montée en puissance devrait se poursuivre en 2011.
Sur l'ensemble de l'année pour les acteurs français, l'efficacité énergétique et les biocarburants se taillent la part du lion. L'opération la plus importante est la reprise de Giannoni, fabricant d'échangeurs pour chaudières à condensation économes en CO2, par le fonds Carlyle pour 318 millions d'euros. Les biocarburants occupent deux places sur le podium, avec l'investissement du brésilien Petrobras dans Guarani, filiale du groupe Tereos, et celui de Total dans la société américaine Amyris.

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