Le PVC, plus propre et recyclable

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La Tribune Infographie
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Les professionnels européens poursuivent leurs efforts engagés en 2000 avec succès.

L'histoire du polychlorure de vinyle, plus connu sous le nom de PVC, a connu des hauts et des bas. Encensé pour sa légèreté, sa solidité, sa résistance à l'eau et au feu et son bas coût dans les années 1950, il fut, à la fin des années 1990, une bête noire des écologistes en raison de son contenu en pétrole et en additifs nocifs comme le cadmium ou le plomb. L'association Greenpeace demandait alors son interdiction pure et simple. C'est en réaction à cette opprobre qu'est née en 2000 l'initiative Vinyl 2010, un engagement volontaire d'élimination de produits toxiques et de recyclage (voir encadré), pris collectivement par l'industrie européenne du PVC.

Depuis les années 1920, le PVC est devenu l'un des plastiques les plus utilisés au monde et a peu à peu envahi notre vie quotidienne, des tubes et flacons médicaux au packaging en passant par les jouets, l'automobile, les câbles électriques ou informatiques, les cartes de crédit et, surtout la construction et le bâtiment, qui absorbent à eux seuls 66 % de la production dans des canalisations et autres profilés de fenêtres. La demande mondiale annuelle dépasse les 35 millions de tonnes. En Europe, l'activité pèse 80 milliards d'euros et 500.000 emplois. Vinyl 2010 se targue d'avoir évité en dix ans une baisse moyenne de 20 % les pertes des parts de marché du PVC dans les différents secteurs. C'était aussi une façon d'anticiper des réglementations à venir telles que Reach (qui encadre l'utilisation de substances chimiques en Europe).

12.000 tonnes de PVC par an

Sur un plan strictement économique, l'affaire n'est pas encore très rentable. « Au mieux, la matière recyclée coûte de 5 % à 10 % de moins que la matière vierge », reconnaît Yann de Bénazé, président de Profine France, qui transforme 12.000 tonnes de PVC par an, dont 8 % recyclés, pour fabriquer des profilés de fenêtres. Sans compter les investissements réalisés collectivement ces dix dernières années pour mettre en place une filière de collecte et de traitement, effectuer des tests, convaincre les professionnels des performances des produits recyclés et adapter l'outil de production. « Cela nous a permis de repartir de l'avant, dans un secteur qui n'avait guère connu d'évolutions depuis des années », ajoute Yann de Bénazé.

De plus, les économies d'échelle et la poursuite de la hausse du prix du pétrole ne pourront qu'accroître l'intérêt économique du recyclé. Sans compter les nouvelles normes HQE et BBC, qui tiennent compte du traitement des déchets et de la recyclabilité des produits utilisés pour la construction. Mais en France, le client final, bien que sensible aux problématiques environnementales, continue à associer produit recyclé et d'occasion, donc de moins bonne qualité. Il reste du pain sur la planche des professionnels en matière de communication...

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