L'industrie s'interroge sur les raisons de l'accident et sur les systèmes de sécurité

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En principe, les plates-formes sont équipées de multiples dispositifs d'arrêt.

L'enchaînement des faits ayant conduit à l'accident sur la ­plate-forme Deepwater Horizon est connu : du gaz remontant subitement, de façon incontrôlée, dans un riser (un tuyeau reliant le puits à la plate-forme), provoquant un feu en surface, l'explosion puis le naufrage de l'installation. Mais la raison pour laquelle les multiples systèmes de détection et de sécurité dont sont pourvues ces infrastructures n'ont pas permis de bloquer l'écoulement soulève la perplexité des professionnels de l'extraction pétrolière. « Ils avaient les systèmes de sécurité qu'on pensait sûrs et redondants », souligne un employé d'une compagnie de forage. « Comme toujours, quand on analyse un accident, on trouve cinq ou six causes, et sans l'une d'entre elles, ça ne serait pas arrivé. Il faut être modeste, on se saura peut-être jamais », poursuit-il. Par sécurité, différents systèmes de commande (électrique, hydraulique et acoustique) permettent normalement de fermer les valves du bloc obturateur du puits, qui repose sur le fond de la mer, explique un autre spécialiste.

Pas de signal acoustique

Un système appelé multiplex, électro-hydraulique, activé par les employés en surface, est utilisé dans l'ensemble de l'industrie. Un deuxième système, automatique celui-là, le « Dead Man », équipe souvent les plates-formes - et équipait Deepwater Horizon. Le « Wall Street Journal » a révélé que la plate-forme exploitée par BP n'était pas dotée d'une sécurité supplémentaire qui équipe de nombreuses installations et qui active les valves grâce à un signal acoustique. De fait, la réglementation américaine n'impose pas aux opérateurs d'installer ce type de protection, contrairement à celle en vigueur en Norvège ou au Brésil. L'agence américaine en charge de l'offshore avait un temps envisagé de les rendre obligatoires. Mais elle y a renoncé devant l'opposition des compagnies de forage, qui déploraient le prix élevé de l'appareil et doutaient de son efficacité, poursuit le « Wall Street Journal ». Savoir si une protection de ce type aurait pu éviter le drame relève de la spéculation. Mais la question de la pertinence de la régulation américaine ne manquera pas d'être posée.

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