« Oslo, 31 août », le Festival interceltique de Lorient, « Le Rêve du gladiateur »... Ce que vous devez absolument découvrir cet été
Aurélien Cabrol, Éric Mandel, Alexis Campion et Rémi Jacob

Notre sélection de la semaine du 4 août 2025.
LTD/DR
Aurélien Cabrol, Éric Mandel, Alexis Campion et Rémi Jacob

Notre sélection de la semaine du 4 août 2025.
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En 1963, Louis Malle avait librement adapté pour le grand écran un roman du sulfureux Pierre Drieu la Rochelle, Le Feu follet, avec Maurice Ronet dans le rôle principal. Près d'un demi-siècle plus tard, le cinéaste norvégien Joachim Trier modernisait à son tour le roman original pour en faire cette fois un film intitulé Oslo, 31 août, avec Anders Danielsen Lie dans le rôle d'un trentenaire aux penchants suicidaires qui déambule dans Oslo dans cette douce journée du 31 août qui marque la fin de l'été norvégien.
Bien que très différente du film de Louis Malle, cette nouvelle proposition venue de Norvège révèle toutes les qualités de Trier. Et le film ressort opportunément avant le 20 août, date de sortie du nouvel opus du cinéaste, Valeur sentimentale, présenté et remarqué au dernier Festival de Cannes, où il a reçu le prestigieux grand prix.
Pour parachever l'ensemble, on note également la ressortie le 13 août du film précédent du cinéaste norvégien, Julie (en 12 chapitres), qui fit lui aussi grande impression à Cannes. C'est assurément l'occasion idéale de mesurer l'importance que prend désormais le cinéma de Joachim Trier au sein du 7e art européen. Une œuvre entamée en 2006 avec Nouvelle Donne. De film en film (Back Home, Thelma et ceux déjà cités), il confirme ainsi la singularité de son regard à travers des personnages impeccablement dessinés qui nous tendent en général des miroirs très pertinents. Aurélien Cabrol
« Un pied en Bretagne, un pied dans le reste du monde », Alan Stivell poursuit son bonhomme de chemin entamé voilà soixante ans avec son premier album, Telenn geltiek - Harpe celtique. En juin, il donnait un concert gratuit dans le centre-ville de Carhaix après l'inauguration d'une statue à son effigie. Ce dimanche, il sera au Festival interceltique de Lorient, le FIL (pour la 20e fois !), devant plus de 6.000 spectateurs venus acclamer ce monument bien vivant de la culture bretonne armé de sa harpe high-tech et de son chant vibrant.
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Toujours fringant à 81 printemps, refusant mordicus l'étiquette qu'on lui accole de « musicien traditionnel ». L'année dernière, le barde au fan-club prestigieux (Robert Plant, Van Morrison, Kate Bush...) nous enchantait avec Liberté - Roazhon, un double album enregistré avec l'Orchestre national de Bretagne et d'autres musiciens (60 sur scène) lors d'un concert exceptionnel donné à Rennes au Liberté. L'occasion de faire « le tour du propriétaire », dixit l'intéressé, pour revisiter avec pertinence et inventivité son répertoire ouvert à tous les vents - airs traditionnels bretons, pièces orchestrales de son opus Symphonie celtique (1979), tubes pop-folk (Tri martolod, Pop-plinn) et fusion rock-jazz-world (les splendides Spered Hollvedel et Délivrance). Ce soir, Alan Stivell se produira sans l'ONB mais avec neuf musiciens de haute volée. Le Liberté-Tour se poursuivra en Europe et en Amérique. « Un pied dans le reste du monde »... Éric Mandel
Le 54e Festival interceltique de Lorient se tient du 1er au 10 août. festival-interceltique.bzh
Caché sous un costume d'or pesant 15 kilos mais ne l'empêchant pas de se mouvoir de façon spectaculaire, suspendu par des câbles au-dessus du Stade de France, il a fait frémir et rêver le monde entier, l'an dernier, lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques parisiens. Il incarnait le « Golden Voyager » sillonnant la galaxie qu'avait imaginé Thomas Jolly.
Cet été, c'est à Nîmes que l'on retrouvera Arthur Cadre, 34 ans, dans un de ces numéros poétiques et étonnants dont il a le secret. Dans les arènes de la cité gardoise, le danseur et contorsionniste incarnera cette fois un héros condamné aux jeux du cirque par l'Empire romain... Intitulé Le Rêve du gladiateur, mis en scène par ses soins et produit avec la compagnie circassienne Dragone, ce grand spectacle mobilisera pour l'occasion pas moins de 200 artistes et figurants. « Danse, acrobatie, théâtre, chant, arts équestres et motorisés », annonce le jeune chorégraphe, décidé à voir les choses en grand.

Avant les JO, bien que repéré dès 2022 par le magazine Forbes qui l'avait mis en bonne place dans son classement des jeunes entrepreneurs les plus influents, Arthur Cadre était quasi inconnu du grand public. Mais sans aucun doute déjà prêt à embrasser une carrière d'exception : fils de deux grands sportifs (père champion de planche à voile et mère volleyeuse), révélé par la danse et son corps d'homme caoutchouc dans l'émission La France a un incroyable talent puis au Cirque du Soleil, ce jeune samouraï auquel rien ne résiste (diplômé d'architecture à Montréal, où il a vécu de 2011 à 2015) n'a peur ni d'affirmer ses ambitions ni de prendre des risques. À propos de cette création en son nom, il déclare sans ciller : « On dit qu'avant de mourir on voit défiler toute son existence. Le Rêve du gladiateur explore les vies que nous n'avons jamais vécues. Ce rêve n'est pas fait pour être compris, mais pour être ressenti. Il bouscule le réel, il éveille les sens, il s'impose, il secoue, il reste. Il nous invite à l'abandon du quotidien, à l'émerveillement... » On demande à voir. Alexis Campion
Le Rêve du gladiateur, du 8 au 15 août aux arènes de Nîmes. arenes-nimes.com

Il déniche des pépites ferroviaires aux quatre coins de la planète avec exactement la même gourmandise qu'à ses débuts. Aux manettes de l'émission Des trains pas comme les autres depuis 15 saisons, Philippe Gougler propose chaque été aux téléspectateurs de France 5 un savoureux voyage hors du temps, tous les lundis soir en prime time.
Mozambique, Bolivie, Hongrie ou encore Philippines, le cru 2025 ne manque pas de saveurs. À la clé, d'excellentes audiences, France 5 se payant parfois même le luxe de s'inviter sur le podium. « L'émission plaît et traverse les époques car le train permet de découvrir le monde de la plus belle des façons, confie le journaliste de 60 ans. C'est un engin qui laisse beaucoup de place à l'imaginaire. Une petite cabane familière permettant la rêverie, qui vous protège et vous emmène ailleurs. »
Avec en toile de fond dans ce programme un vibrant éloge de la lenteur, propice aux belles rencontres. « Les trajets sont souvent très longs, et le meilleur moyen de passer un bon moment, c'est de parler à son voisin. Les liens se tissent très facilement. Dans un train, on vit avec beaucoup de douceur, en allant par exemple au bar ou en discutant à la fenêtre avec d'autres passagers. » Un train-train apaisant filmé sur le vif et avec un maître mot : l'improvisation.
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« En France, avant le départ, on est obligé de prévoir un certain nombre de choses comme les principales étapes car on ne peut pas prendre le risque de rentrer bredouille, explique celui qui est en vadrouille plus de la moitié de l'année. Il y a certains endroits où les trains ne passent qu'une fois par semaine. C'est le cas dans l'épisode tourné dans la cordillère des Andes. Mais une fois sur place, c'est la spontanéité qui me guide. » Avec en prime un fidèle aperçu de l'esprit du pays visité. « Les trains en disent long sur la mentalité. Au Japon, le retard moyen d'un Shinkansen est de six secondes ! En Namibie, je me souviens d'un jour où j'attendais seul dans une gare en pleine brousse. Une passagère est arrivée et m'a expliqué qu'il fallait être sur ses gardes car il y avait des lions dans le coin. [Rires.] C'est la magie de cette émission. » Rémi Jacob
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