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James Gray : « Je suis très inquiet du possible retour de Trump »

Camille Langrand

Publié le 15 septembre 2024 à 03:20

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Le réalisateur américain, sur les planches de Deauville, le 9 septembre.

Le réalisateur américain, sur les planches de Deauville, le 9 septembre.

Julien Reynaud/APS-Medias/ABACAPRESS

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N145 ● 12 juillet 2026

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ENTRETIEN - Invité d'honneur à l'édition 2024 du festival de Deauville, le cinéaste juif-new-yorkais James Gray s'est vu récompensé pour l'ensemble de sa carrière.

Lundi soir, tout de noir vêtu, James Gray montait sur la scène du festival de Deauville, qu'il n'avait pas foulée depuis trente ans. Maintes fois sélectionné mais jamais récompensé, cet immense réalisateur n'en tient pas rigueur à la France  : « Je ne serais nulle part sans ce pays », a-t‑il déclaré alors qu'il recevait une récompense pour sa carrière, après quelques blagues à l'humour juif new-yorkais. Féru de cinéma européen et issu d'une famille d'immigrants juifs russes arrivée aux USA en 1920, James Gray trace un chemin de cinéaste raffiné, attaché aux destins des désillusionnés de la vie, des losers magnifiques en quête d'une place dans la société.

Explorant les différents genres du cinéma sans jamais tomber dans les clichés (Little Odessa, The Lost City of Z, Ad Astra, The Immigrant, Armageddon Time...), il injecte du sens au spectaculaire et accompagne avec lucidité ses personnages dans leurs quêtes existentielles torturées, mêlant les questions intimes, sociales et familiales à celles de la grande histoire. À Deauville, après avoir gravé son nom sur une cabine des planches, il a souligné une chose : « J'espère pouvoir atteindre cet endroit où je trouverai du sens et de la beauté, pas simplement dans le cinéma mais dans chaque geste artistique. »

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« J'ai pris la décision d'écarter Ibrahim Maalouf du jury » (Aude Hesbert, directrice du Festival du cinéma américain de Deauville)

L'Américain europhile

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Je suis très américain mais je suis probablement un Américain d'une autre époque et, en plus, je viens de New York, cette « île » de la côte Est... Ma famille a émigré de Russie et j'ai certainement aussi ce fil conducteur en moi, sans en être totalement conscient. Les États-Unis ne s'intéressent pas beaucoup à l'exploration des phases de l'Histoire ni aux classes sociales, à la manière dont elles affectent notre vie, alors que c'est une véritable préoccupation pour moi. J'aime les films européens pour cela  : quand ils sont réussis, non seulement les personnages sont profonds et l'histoire excellente, mais ils intègrent aussi le cours de ­l'Histoire, qui nous définit. Cette richesse thématique est très attrayante. Prenez les films de Visconti ou Les Nuits de Cabiria de Fellini  : ce qui est génial, c'est l'immense sentiment d'amour qu'il contient, mais aussi la connexion à une vision beaucoup plus large de l'Italie d'après-guerre et l'inutilité de la dévotion à la religion. Les rêves d'un personnage sont à la fois comblés et anéantis, et l'immensité du concept qui les dépasse en fait toute la beauté.

Camille Langrand

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