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Rentrée littéraire : « Le Mal joli », passion pas simple signée Emma Becker

Olivier Mony

Publié le 15 septembre 2024 à 03:14

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« Le Mal joli » d'Emma Becker, publiés aux éditions Albin Michel, 416 pages, est en vente à 21,90 euros.

« Le Mal joli » d'Emma Becker, publiés aux éditions Albin Michel, 416 pages, est en vente à 21,90 euros.

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N145 ● 12 juillet 2026

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Une femme aime un homme qui n’est pas son genre. Vieille histoire dépoussiérée par le talent d’Emma Becker.

« Écrire la vérité est plus difficile que de l'inventer », aimait à dire le grand James Salter. Il faut à cela une rigueur morale autant que d'écriture qui confine à l'apostolat. Il n'en faudrait donc pas beaucoup à l'auteur de ces lignes pour considérer Emma Becker, le nouveau « charmant petit monstre » sulfureux des lettres françaises, entre Sagan donc (pour le goût de la liberté et le dégoût du qu'en-dira-t‑on) et Albertine Sarrazin, comme aspirant à la sainteté. Car enfin, et la publication en cette rentrée de son déjà sixième roman, Le Mal joli, le démontre en long, en large et en travers, cette fille se tient toujours aussi résolument que bravement au plus près de sa vérité, à la corne du taureau.

Quel est-il, ce « mal joli », terme échappé de l'obstétrique, se référant aux douleurs de l'accouchement  ? Disons, pour éclairer seulement ceux qui eurent à l'éprouver, la passion. Une grâce et un désastre, à toutes fins utiles. Soit donc un soir de printemps à Paris, lors de l'un de ces cocktails aux airs de « last chance bar » où le milieu littéraire essaie d'oublier qu'il ne se ressemble plus, la rencontre d'Emma Becker et d'Antonin de Quincy d'Avricourt. Un écrivain lui aussi - d'une dimension, disons, plus vernaculaire... Mais tout de même, c'est leur point en commun. Il n'y en a, pour ainsi dire, pas d'autre.

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Il est parisien (tellement parisien...), elle vit dans le Sud avec un mari et deux enfants en bas âge. Il est de droite, ne jurant que par ­Brasillach et Rebatet  ; pas elle, pas du tout. Il est d'un dandysme exagéré confinant à une inutile préciosité  ; elle en tient à ce que les choses de la séduction ne proviennent pas nécessairement de la garde-robe. Entre eux pourtant, une alchimie survient, violente, crue, puissamment et ­désespérément sexuelle. Pas seulement la belle affaire de l'aristo et de la scandaleuse. Une histoire qui ne manque ni de queue ni de tête, mais tout de même d'un horizon ­possible. Une histoire de trois saisons, printemps donc, été, automne, où le ­flamboiement du désir se nourrit autant d'absence que de l'éternel présent du ­plaisir.

Olivier Mony

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