Inde-Chine : le dégel diplomatique accéléré par la tempête Trump
Emmanuel Derville, correspondant à New Delhi
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Pour la première fois depuis sept ans, Narendra Modi, le premier ministre indien, se rend en Chine, à l'occasion du Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai.
LTD/Press Information Bureau (PIB) / Anadolu via AFP
Narendra Modi se rend ce week-end en Chine, longtemps vue comme l’ennemi régional. Un rapprochement qui est favorisé par la guerre commerciale de Donald Trump.
Le 25e Sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, qui réunit aujourd'hui et demain plus de vingt pays à Tianjin, aura une saveur particulière pour l'Inde. C'est la première fois que le Premier ministre Narendra Modi met les pieds en Chine depuis sept ans. Il rencontrera Xi Jinping en marge de l'événement. Alors que Donald Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur les importations indiennes cette semaine, cette visite symbolise le dégel entre les deux géants.
Les frères ennemis n'ont toutefois pas attendu le locataire de la Maison-Blanche pour faire un pas vers l'autre. Depuis un an, Pékin et New Delhi apaisent leurs tensions à la frontière des deux pays, le long de la ligne de contrôle au Ladakh, dans l'ouest de l'Himalaya.
En 2020, des affrontements entre les deux armées y avaient fait vingt morts côté indien et au moins quatre côté chinois. Quatre ans plus tard, les deux puissances nucléaires finalisaient un accord de retrait partiel des troupes. Cette désescalade permit à Pékin de se concentrer sur Taïwan tandis que l'armée indienne se recentrait sur le front ouest, face au Pakistan, à qui elle a livré bataille pendant quatre jours en mai.
L'offensive commerciale de Trump contre l'Inde a accéléré cette normalisation. Jusqu'à la réélection du milliardaire, le rapprochement avec les États-Unis entamé depuis les années 2000 alimentait la compétition sino-indienne. Pékin voyait d'un mauvais œil le partenariat militaire entre Delhi et Washington, perçu comme une stratégie pour contenir la puissance chinoise. La tempête Trump a rebattu les cartes.
L'intransigeance américaine pousse en effet le gouvernement Modi à chercher d'autres débouchés à l'export et d'autres investisseurs. Son administration planche depuis des mois sur des mesures pour faciliter les investissements chinois dans des secteurs non stratégiques. Cela permettrait de contenir le déficit commercial avec Pékin, qui a atteint 94 milliards de dollars sur l'exercice 2024-2025. Un record.
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