La Birmanie face au désastre
Antoine Malo

Selon un bilan officiel très provisoire, 1 644 personnes ont trouvé la mort et 3 408 ont été blessées.
LTD/Sai Aung MAIN / AFP
Antoine Malo

Selon un bilan officiel très provisoire, 1 644 personnes ont trouvé la mort et 3 408 ont été blessées.
LTD/Sai Aung MAIN / AFP
[Article publié le 30 mars à 05h25, mis à jour à 12h27]
C'est le premier miracle après la catastrophe qui a frappé la Birmanie vendredi : une femme de 30 ans a été sortie vivante des décombres d'un immeuble à Mandalay, la deuxième ville de cet État du Sud-Est asiatique, située près de l'épicentre du séisme qui a dévasté le cœur du pays. Une maigre consolation pour des sauveteurs qui luttent toujours pour retrouver des survivants.
Dans cette même ville de Mandalay, un responsable de la Croix-Rouge affirmait hier que plus de 90 personnes étaient piégées dans les ruines d'un bâtiment d'habitation de 12 étages.
La junte birmane a indiqué dimanche que le séisme avait environ 1.700 morts, 3.400 blessés et 300 disparus dans le pays. Mais l'ampleur de la catastrophe reste toujours difficile à évaluer avec précision, dans ce pays isolé et fracturé, où les généraux combattent des dizaines de groupes armés dans plusieurs régions. Il existe une probabilité de 35% que le bilan des victimes se situe dans une fourchette de 10.000 à 100.000 personnes, selon le modèle de prévision de l'Institut géologique américain (USGS).
Il a été ressenti jusqu'à Bangkok, la capitale thaïlandaise, où il a aussi fait des victimes. Signe de l'ampleur du désastre, la junte au pouvoir, pourtant rétive à demander un soutien international lors des catastrophes naturelles passées, a lancé un appel à l'aide à « tous les pays » et « toutes les organisations » volontaires. La Chine, principal allié du régime militaire, y a répondu rapidement en envoyant 82 secouristes et en promettant 12,7 millions d'euros. Donald Trump a aussi annoncé que les États-Unis porteraient assistance.
La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé dimanche un appel pour récolter en urgence plus de 100 millions de dollars pour venir en aide aux victimes du séisme dévastateur en Birmanie.
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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué qu'elle avait envoyé en urgence près de 3 tonnes de fournitures médicales vers les hôpitaux de Mandalay et de Naypyidaw où sont pris en charge des milliers de blessés. Des pays de la région ont répondu à l'appel au secours lancé par le chef de la junte Min Aung Hlaing - une démarche rare pour le pouvoir militaire qui, par le passé, s'était montré réticent à réclamer un tel soutien cas de catastrophe naturelle. La Chine a déclaré avoir envoyé 82 sauveteurs et s'est engagée à fournir 13,8 millions de dollars d'aide humanitaire d'urgence. Un avion chargé de kits d'hygiène, de couvertures, de nourriture et d'autres produits de première nécessité a atterri samedi à Rangoun, en provenance d'Inde. La Corée du Sud, les Etats-Unis et l'Union européenne, notamment, ont aussi annoncé une aide.
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Du côté des adversaires du pouvoir, des combattants anti-junte ont déclaré samedi un cessez-le-feu partiel de deux semaines à partir de dimanche, a annoncé le Gouvernement d'unité nationale (NUG), un organe d'opposition fondé par d'anciens députés du parti pro-démocratie d'Aung San Suu Kyi pour beaucoup en exil. Cette catastrophe survient alors que la Birmanie est, depuis le coup d'État de février 2021, en proie à une guerre civile meurtrière qui a décimé le système de santé et fait 3,5 millions de déplacés. Les agences humanitaires ont prévenu que le pays n'était absolument pas préparé à faire face à une telle tragédie.
(Avec AFP)
Antoine Malo