La chronique de François Clemenceau. Samba ou requiem pour l’État de droit ?
François Clemenceau
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LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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L'avantage d'une démocratie, comparée à un régime autoritaire - qui vire très souvent à la dictature -, c'est qu'elle ne repose pas uniquement sur des élections libres, pluralistes et transparentes. L'État de droit, dont il est l'émanation, implique aussi la séparation et l'équilibre des pouvoirs.
Le Brésil vient de nous en donner une éclatante leçon avec la condamnation par un panel de la Cour suprême de l'ex-président Jair Bolsonaro. Bravant les manifestations de rue réclamant son acquittement, balayant les risques d'une dégradation sérieuse des relations diplomatiques et commerciales avec les États-Unis de Donald Trump, ignorant les menaces de mort contre l'un d'entre eux, quatre des cinq magistrats désignés ont tenu à qualifier les faits de tentative de coup d'État et à en faire porter la responsabilité pénale à l'ancien dirigeant d'extrême droite et à ses complices.
Jair Bolsonaro et les hauts gradés qui l'ont accompagné dans cette aventure du 8 janvier 2023 ont bien comploté en vue de reprendre le pouvoir à l'issue d'une élection présidentielle perdue de justesse. Le chef de l'État avait pourtant reconnu sa défaite à l'issue du second tour du 30 octobre 2022 et promis de respecter la Constitution.
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Mais, en laissant clairement entendre que ses partisans avaient raison de protester contre les fraudes qui, selon lui, avaient entaché le scrutin, il a prolongé l'ambiguïté de la période de transition. En déposant lui-même plainte pour irrégularités, compte tenu de prétendus bugs dans les machines de vote électronique, il a fait monter la pression contre les juges. La Cour suprême n'a pas cédé, elle a fini par invalider sa requête et le chef du Parti des travailleurs, Luiz Inácio Lula da Silva, fut investi le 1er janvier.
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