Face à la réélection de Donald Trump à la tête des États-Unis, l’Union européenne hésite. Gros plan sur trois visions qui s'opposent : celle d'Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, de Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres d'Italie et d'Olaf Scholz, chancelier fédéral d'Allemagne.Olaf Scholz sans horizon
Quand tout va mal, mieux vaut se souvenir des jours heureux. C'est ce qu'a fait l'Allemagne hier en célébrant les trente-cinq ans de la chute du mur de Berlin. Ce ne sera sans doute pas suffisant pour faire oublier la semaine écoulée, qui a vu la coalition gouvernementale exploser. « On a l'impression d'être dans une émission poubelle de télé-réalité », assène, dépitée, Irene Mihalic, députée écologiste et membre de la majorité sortante.
La crise ouverte entre le chancelier Olaf Scholz et ses ex-alliés libéraux du FDP ouvre la voie à des élections anticipées. Mais quand les programmer ? Chacun veut imposer la date de scrutin le plus favorable à son camp. Depuis trois jours, la classe politique s'écharpe sur ce choix de calendrier. « On voit combien ils sont enfermés dans leur propre logique de politique domestique malgré les appels à la responsabilité face aux événements aux États-Unis et en Ukraine », constate Stefan Seidendorf, directeur adjoint de l'Institut franco-allemand (DFI).
Ce faisant, l'Allemagne confirme son statut de maillon faible de la politique européenne. Si les ministres libéraux démissionnaires ont été immédiatement remplacés, il n'en est pas de même de leurs chefs de cabinet et conseillers. Ainsi le pays n'a plus de coordinateur intergouvernemental pour la politique transatlantique.
« Olaf est un guignol », a commenté Elon Musk sur son compte X personnel. Ce message, rédigé dans la langue de Goethe, a rappelé à l'Allemagne qu'elle avait été la cible préférée de la première administration Trump. Son ambassadeur à Berlin, Richard Grenell, a laissé un souvenir exécrable. Or, ce dernier pourrait prendre du galon à Washington.
Par Hélène Kohl, correspondante à Berlin, Florence Autret, correspondante à Bruxelles et Caroline Bordecq, correspondante à Milan