Désinflation d’un côté de l’Atlantique, reflation de l’autre ?
Votre Argent Par Marc Fiorentino

Retrouvez chaque semaine la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Connaissez-vous la « reflation » ? Vous avez déjà entendu parler d'inflation - trop, même, de déflation, de désinflation, mais le mot à la mode en ce moment est « reflation ». Il est sur les lèvres de tous les économistes depuis la victoire de Trump à la présidentielle américaine. Et comprendre sa signification est important pour votre argent. Pour faire simple, l'inflation est la hausse des prix et des services. Nous venons de connaître avec l'après-Covid et la guerre en Ukraine une période de forte accélération de l'inflation.
La désinflation est le ralentissement de la hausse des prix. Nous sommes en période de désinflation depuis quelques mois, particulièrement en Europe, avec une inflation qui se rapproche de l'objectif de 2 % des banques centrales. La déflation est une notion un peu plus complexe : une baisse durable des prix et de la valeur des actifs. L'exemple de déflation le plus flagrant a été celui du Japon dans les années 1990 et 2000. La déflation mène à une baisse des taux, voire des taux négatifs.
Et la « reflation », alors ? Elle consiste à mener une politique monétaire laxiste et une politique de relance économique pour booster la reprise de l'inflation. Or les économistes prévoient une période de « reflation » aux États-Unis, et ce pour plusieurs raisons : la baisse des impôts et la dérégulation qui vont alimenter un rebond de la croissance économique et donc de l'inflation ; les droits de douane qu'a confirmés Trump cette semaine, qui renché-rissent le coût des produits importés et donc la hausse des prix.
Vous l'avez compris depuis quelques années : l'élément essentiel pour vos placements est le taux d'intérêt. Quand ceux-ci montent, cela pèse sur les prix de l'immobilier mais favorise les opportunités de placements en produits de taux, du livret A aux fonds obligataires en passant par les fonds euros de l'assurance-vie et du plan d'épargne retraite. Alors, se dirige-t-on vers une reflation ? Pour l'Europe, la réponse est claire : c'est non. Notre croissance est anémique, nos dettes sont, pour certains pays comme la France, abyssales.
Nous allons donc continuer notre cycle de « désinflation ». Et si la BCE ne réagit pas plus vite et plus fort, la désinflation pourrait se transformer en déflation. Les taux d'intérêt en Europe vont donc continuer à baisser. Lentement, trop lentement, mais sûrement. Adaptez vos placements en fonction de cette anticipation en favorisant les placements de taux d'intérêt. En revanche, aux États-Unis, la menace d'un rebond de l'inflation est réelle. Ou plutôt, la menace d'une inflation qui ne baissera pas aussi vite que souhaité.
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Ce qui favorisera un maintien des taux américains à un niveau relativement élevé. La conséquence directe sera une pression à la baisse sur l'euro par rapport à un dollar qui bénéficiera de taux de placement plus élevés et du différentiel de taux de croissance largement favorable aux États-Unis. Désinflation donc en Europe, reflation, ou maintien de l'inflation, aux États-Unis : c'est le programme pour les mois qui viennent.
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