La chronique de Marc Fiorentino. Pour 2025, demandez le programme
Marc Fiorentino

Retrouvez chaque semaine la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

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C'est la fin de l'année. Une période importante pour votre argent. Avec deux événements majeurs : la course à la réduction des impôts (quoi ? ! vous n'avez pas encore de plan épargne retraite ? !). Et la course aux publications des prévisions économiques et financières pour l'année 2025. Chaque établissement financier, grand ou petit, publie ses anticipations macroéconomiques. Et ses conseils en placements pour l'année prochaine.
Une fête pour moi car j'adore me plonger dans la lecture de ces rapports épais (virtuellement...) et détaillés. L'exercice le plus amusant consiste d'ailleurs à lire les prévisions de l'année précédente pour se rendre compte qu'elles se révèlent toutes, ou presque, totalement fausses. Les rapports de prévisions sont un peu comme les sondages. Ils se trompent tout le temps mais on ne peut pas s'en passer et on les suit avec beaucoup d'attention.
Ce n'est pas une critique, car l'art de la prévision devient de plus en plus difficile. Comment aurait-on pu imaginer que les indices boursiers américains afficheraient près de 30 % de hausse après une année 2023 déjà exceptionnelle ? Comment anticiper une hausse de la bourse allemande de plus de 20 % alors qu'on claironne partout que l'Allemagne est en récession et qu'elle a perdu la guerre industrielle ? Pouvait-on prévoir que le CAC sous-performerait très largement la grande majorité des indices boursiers du fait d'une dissolution totalement inattendue ? Sans évoquer les taux d'intérêt français qui baissent malgré la crise politique et l'absence de budget... Bref, l'exercice n'est pas simple. Mais ce qui me frappe, année après année, c'est à quel point ces prévisions sont présentées comme des quasi-certitudes.
Pour 2025, demandez le programme. Il est le même à peu près dans toutes les grandes maisons internationales dignes de ce nom : les États-Unis vont encore exploser les compteurs et écraser le reste du monde, l'Europe est à « sous-pondérer » (traduisez : à éviter) et la France n'apparaît même plus dans les radars des établissements anglo-saxons. Sur les taux, c'est aussi la quasi-unanimité : baisse accélérée en Europe, et reflation donc maintien des taux élevés aux États-Unis.
Quant à la Chine, plus personne ne s'aventure à prendre de risques : elle va rebondir... un jour. Quant aux pays émergents, pour paraphraser le général de Gaulle, ce sont des investissements d'avenir... et qui le resteront. Et j'oubliais bien sûr le bitcoin qui va valoir 1 million de dollars, au moins...
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Ma première réaction quand je vois ce magnifique chœur chanter à l'unisson, c'est la méfiance. Oui, les États-Unis ont tout pour réussir, mais en Bourse la performance économique ne fait pas toujours le bonheur des actionnaires à court terme. Oui, l'Europe est en crise, mais elle a des leviers de rebond. Oui, la Chine est en crise, mais elle a tout de même un réservoir massif de consommateurs et d'industries. J'ai presque envie de prendre le contrepied de toutes ces prévisions. De toute façon, nous aurons tous tort ou raison un jour...
Marc Fiorentino