La chronique de Marc Fiorentino. Après les « Grenelle », voici l’heure du « conclave »
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Il faut commencer l'année avec des pensées positives. Oui, je sais, ce n'est pas simple compte tenu du contexte économique et fiscal, particulièrement sur les placements. Alors je vais essayer de vous présenter le verre (ou le portefeuille...) à moitié plein. La mauvaise nouvelle, c'est l'incertitude. Le mot de l'année 2025 pour la France. L'absence de budget pèse déjà lourdement sur les taux d'emprunt du pays.
Mais la ligne rouge pour les marchés et les investissements est la remise en question de la réforme des retraites. Après les « conventions », les « Grenelle », nous allons avoir droit à un « conclave ». J'avoue que je suis bluffé par l'inventivité de nos dirigeants en matière de noms. Après les « plans de résilience », voici donc l'heure du « conclave ».
Et avant que la fumée blanche apparaisse, si elle apparaît, nous allons traverser quelques semaines d'agitation pendant lesquelles la réforme des retraites de 2023 sera en ballottage. Or la réforme des retraites 2023 est déjà obsolète. Du fait de l'effondrement de notre natalité, au plus bas depuis 1919, et du fait du vieillissement accéléré de la population. On va tergiverser sur les 64 ans alors que nous devrions être déjà à 67 ans. Bref, ça va secouer.
« Et la bonne nouvelle, alors ? » me direz-vous. La bonne nouvelle pour les épargnants, c'est justement la mauvaise nouvelle sur les taux. Malgré l'effondrement de l'inflation, car c'est un effondrement, les taux d'emprunt français ne vont pas baisser aussi rapidement qu'ils le devraient. Les taux d'emprunt français à dix ans, taux de référence, devraient déjà être à 2 %. Or ils sont toujours sérieusement accrochés au-dessus de 3 %. Profitez-en.
Comment ? Toujours les mêmes recettes. Les fonds en euros « boostés » des compagnies d'assurances qui devraient encore vous permettre d'obtenir des rendements autour de 4 %. Les fonds obligataires, toujours, à échéance ou pas, sur lesquels vous pouvez avoir des perspectives de rendement autour de 5 %. Et la nouvelle coqueluche du placement : les fonds de dettes privées.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Les fonds de dettes privées sont des fonds constitués de dettes d'entreprises, plus ou moins grandes, plus ou moins risquées. La mutualisation de 70 à 200 dettes d'entreprises permet de réduire le risque de défaut (le non-remboursement après une défaillance d'entreprise). Et les rendements annoncés par les acteurs du secteur vont de 6 % à plus de 9 %. En fonction du risque. Les plus grandes maisons françaises et même internationales proposent ce type de fonds, et ils sont éligibles à l'assurance-vie et aux PER. Mais vous pouvez aussi investir en direct à travers un compte-titres.
À lire également
Sans prendre trop de risques, je peux déjà vous annoncer que ces fonds seront le « placement de l'année ». Alors faites contre mauvaise fortune bon cœur, ou plutôt contre mauvais cœur bonne fortune ! Je vous avais prévenus : cette année, nous optons pour l'optimisme. En toutes circonstances. C'est une résolution de début d'année. Et comme toutes ces résolutions, je ne la respecterai pas.
Chaque vendredi sur BFM Business, retrouvez Marc Fiorentino de 20 heures à 21 heures.
Marc Fiorentino