Attaques de prisons : l’ombre de la DZ Mafia
Émilie Blachere
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des narcotrafiquants issus de la DZ Mafia seraient derrière les récentes attaques de prisons.
LTD/DR
Émilie Blachere
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des narcotrafiquants issus de la DZ Mafia seraient derrière les récentes attaques de prisons.
LTD/DR
Mardi 15 avril, 0 h 40. Une pluie intense s'abat sur le centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède, dans le Var, lorsqu'une voiture blanche se gare devant l'entrée. Sur une vidéo enregistrée par les caméras de surveillance que nous avons visionnée en exclusivité, un homme en noir - silhouette frêle, visage camouflé - sort du véhicule à 00 h 42 et tire à l'arme de guerre. Quinze balles criblent le mur métallique de l'enceinte.
Une traverse la porte jusqu'à la vitre blindée du poste de surveillance, sans blesser l'agente... Une opération éclair, ultra-violente, censée intimider. Ce n'est pas la première fois que des prisons sont la cible de tirs, mais l'attaque à Toulon semble coordonnée avec d'autres sur le territoire.
En trois nuits, de Tarascon à Nanterre en passant par Agen, Valence ou encore Aix-en-Provence, douze ont été recensées ; portes d'entrée, domiciles et véhicules du personnel ont été dégradés, incendiés. Sur Telegram, un mystérieux groupe, DDPF - pour « défense des prisonniers français » - revendique ces actions, laissant croire qu'il pourrait s'agir de militants d'extrême gauche... Un leurre.
Selon les premiers éléments d'enquête, l'ombre des narcotrafiquants planerait sur ces incidents, en particulier celle de la DZ Mafia... « Si elle est derrière ces événements, c'est un affront terrible pour l'État, lâche un surveillant de prison. La peur change de camp et le message est clair : "On veut bien aller en prison, mais faut pas nous empêcher de bosser et de faire du fric ! Sinon..." Ça ne présage rien de bon ! »
À lire également
Après la French Connection et les brigands corses, la DZ Mafia s'inscrit au rang célèbre des voyous marseillais. Ni mafia ni véritable cartel : on peine encore à définir ce groupe criminel surarmé qui mise sur la terreur pour écrire sa légende et grossir ses rangs. « Dans les prisons, on a des détenus qui se réclament de la DZ pour inspirer la peur, observe Wilfried Fonck, secrétaire national Ufap-Unsa justice. La plupart du temps, c'est de l'esbroufe, mais sait-on jamais. Appartenir à la DZ, c'est un levier désormais. Il y a toujours eu des menaces, mais c'était limité, individuel, souvent des paroles en l'air. Là, ils prouvent qu'ils peuvent agir. »
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Émilie Blachere