Incontournables Bric

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Par Muriel Motte, rédactrice en chef à La Tribune.

Le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, ce quatuor marié malgré lui il y a huit ans sous l'acronyme "Bric" par l'économiste en chef de Goldman Sachs, trace sa route vers le pouvoir. Conquête diplomatique bien sûr : les Bric tiennent sommet - ce fut le cas le mois dernier à Ekaterinbourg -; ils revendiquent plus d'influence au Fonds monétaire international, contestent la suprématie du roi dollar, et ne sont pas moqués lorsque l'un de leurs représentants, en l'occurrence le président brésilien da Silva, juge que le club des riches incarné par le G8 "n'a plus de raison d'être". Conquête économique évidemment : assis sur leurs 2.750 milliards de dollars de réserves de change, les Bric sont à la fois l'usine du monde et une terre de développement pour l'Occident à l'étroit sur ses marchés saturés.

Certes, s'ils donnent de la voix pour réclamer un nouvel ordre monétaire mondial, l'eau coulera sous les ponts avant que les "quatre R" (le real, la roupie, le rouble et le renminbi) ne supplantent la devise américaine dans les échanges mondiaux. Si la Chine s'apprête à endosser le maillot de deuxième puissance économique au monde, la consommation de ses 1,3 milliard d'habitants ne représente toujours que 12% des dépenses de 300 millions d'Américains. Et si la colossale épargne de ces pays fourmis fait saliver les cigales occidentales, chacun sait que, entre le débiteur et son créancier, c'est ce dernier qui prend le plus grand risque.

En l'occurrence, celui de récupérer moins que son prêt initial. Mais, mené par le métronome chinois qui lorgne la première place du podium économique mondial, l'ascendant des Bric grandit chaque jour sur les marchés où leur appétit fait varier le cours des matières premières, de l'or, des monnaies, et celui des dettes publiques. Alors pourquoi ne pas vendre l'emprunt Sarkozy à Pékin ? Au moins l'Elysée s'épargnerait-il le désagrément de voir son grand projet boudé dans les sondages.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
D'un point de vue purement consommateur, on devrait se réjouir de l'ascension de ces pays émergents au niveau économique, qui pourrait éventuellement faire naître de nouveaux produits et une certaine concurrence nous bénéficiant à terme.

D'un point de vue plutôt réaliste, les tensions qui vont se dessiner sur les cours des métaux, pétrole, gaz, etc... peuvent être le signe annonciateur d'une époque dangereuse.
Seuls les pays s'étant regroupés (par petitesse économique, comme l'UE) ou bien ceux qui sont déja alliés avec certaines superpuissances économiques (comme le japon) survivront vraiment à cette compétition des matières ou, ceux qui oseront mettre le prix pourront continuer leurs activités de toute nature.

A terme, je pense personnellement que si guerre véritable il n'y a plus, depuis quelques temps, c'est parce que les enjeux ne sont pas à la mesure des pertes économiques que cela engendrerait.
J'ai l'intime conviction qu'une fois le monde multipolaire, les grandes puissances s'arrachant les yeux pour quelques kilos de matieres premieres, auront soit, trouver une solution partielle a ce probleme des ressources dans un environnement limité (la Terre, la pauvre) par le biais de la recherche...
...Soit par la guerre, par l'élimination d'une population ou plusieurs, qui permettront aux autres de continuer de croître d'un point de vue économique.
Irréalisable cela paraît, mais lorsque les tensions économiques seront suffisamment fortes sur les marchés, pour qu'une guerre en devienne rentable, on pourra se permettre de ne pas être vraiment étonnés.

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