Quoi de neuf en finance ? L'Europe

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de La Tribune.

L'Europe marche en crabe. Mais elle avance encore. Et, parfois, c'est pour le meilleur. L'accord qui se dessine depuis hier sur la supervision financière constitue, malgré sa complexité, un véritable progrès. Le nouvel arsenal législatif, que les Vingt-Sept s'apprêtent à adopter, dotera l'Union de trois nouvelles autorités de surveillance pour les marchés, la banque et l'assurance, ainsi que d'un comité pour les risques systémiques.

L'accord ne s'est pas fait sans mal et les plus allants ont dû faire des concessions pour obtenir l'adhésion des autorités nationales et tempérer l'hostilité du Royaume-Uni, extrêmement sourcilleux dès qu'il s'agit de la City. C'est ainsi que l'autorité bancaire n'aura pas de pouvoirs directs sur les établissements paneuropéens, ou que les nouveaux superviseurs sectoriels ne seront pas regroupés à Francfort. Londres, notamment, y voyait le spectre d'un insupportable fédéralisme. Mais il n'empêche.

L'Union, avec ces instances, se dote pour la première fois depuis la naissance de la Banque centrale européenne (BCE), en 1998, d'institutions financières communes. Ce qui n'est pas rien. Le Vieux Continent comble aussi, largement, le retard qu'il avait pris sur les États-Unis en juillet, avec la promulgation par le président Obama de la plus vaste réforme de la régulation financière américaine depuis les années 1930.

Cela permettra à Bruxelles d'aborder en bien meilleure posture les prochaines réunions du G20. L'Europe aura prouvé qu'elle pouvait mettre de l'ordre dans ses affaires. Et fait oublier ses cafouillages et ses ratés sur les autres gros dossiers financiers : dérivés, agences de notation et gestion alternative...

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