Retraite, vite un centriste !

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Par François Lenglet, directeur des rédactions de La Tribune.

220.000 selon les syndicats, 22.000 selon la police : telles sont les estimations du nombre de manifestants à Marseille, lors de la journée de protestation de jeudi contre la réforme des retraites. Il n'y a guère que les plaisantes contrées méridionales où l'on peut évaluer une réalité en principe tangible avec une marge d'erreur de 1.000 %. Visiblement, Raimu n'est pas mort, et il a arrêté le cinéma pour se reconvertir dans le décompte des protestataires.

Les estimations nationales, pour être moins outrancières, ne sont pas plus éclairantes, variant du simple au double selon les sources. Par-delà ces querelles, un constat s'impose : le front est stable. Le 7 septembre, la rue avait marqué un point. Le 23, il y a match nul, car la progression n'a pas été significative. A y regarder de près, le rapport de force s'est même légèrement détérioré en défaveur des syndicats, puisqu'ils appellent désormais à une journée d'action un samedi. La dynamique n'est plus de leur côté, eux-mêmes le reconnaissent en affichant leur crainte de ne pas parvenir à mobiliser une troisième fois un jour de semaine.

Reste à savoir comment sortir du face-à-face. La finalité de la réforme n'est guère contestée. Le débat porte sur les modalités, notamment sur les inégalités hommes-femmes, qui proviennent en fait du monde du travail, et sont aggravées par la réforme des retraites. Une action du gouvernement sur ce point permettrait de sauver les apparences : les syndicats obtiendraient une avancée fort utile, et l'exécutif ne ferait de concession que sur un sujet parallèle, au besoin avec l'aide des parlementaires qui examinent le texte.

Qui appelle-t-on en pareilles circonstances ? Qui sont les as du déminage, les Red Adair de l'incendie social, les artistes de la concorde universelle, qui associent expertise, rouerie et sens politique ? Les centristes. Ou, mieux encore, les sénateurs centristes. Cela tombe bien, le projet de réforme arrive au Sénat. Et l'on veut revaloriser le travail des seniors.

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