Le médicament en plein film d'erreur

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Par Olivier Provost, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

La France est à la fois le pays de Descartes et celui d'Alfred Jarry, le père du très loufoque Ubu roi. Les observateurs qui veulent la comprendre en lisant le premier ont tôt fait de basculer dans l'univers du second. C'est sympathique quand il s'agit de ses moeurs politiques et sociétales. C'est inquiétant quand cela touche aux problèmes de santé publique. Le sinistre exemple du médicament Mediator, qui a peut-être guéri des milliers de personnes mais semble aussi en avoir précipité dans la tombe un certain nombre, illustre de façon inquiétante l'opacité du parcours d'autorisation de mise sur le marché d'un produit pharmaceutique dans l'Hexagone. S'il s'agissait d'un problème isolé, on pourrait plaider la faille du système. Mais, dès que l'on creuse, on réalise que c'est loin d'être un cas unique.

La France n'a certes pas le monopole de l'erreur médicamenteuse. Mais, du sang contaminé à l'hormone de croissance, en passant par les décès causés par une canicule mal gérée, on ne compte plus les ministres de la Santé tombés au champ d'horreur de l'impréparation administrative et de la carence politique. Et derrière eux, les démissions plus ou moins forcées des acteurs de cette chaîne de défaillance, relèvent également de l'épidémie. La puissance des lobbies, alliée à la lourdeur d'un système aux responsabilités diluées, aboutit à une répétition coupable des accidents. Un comble pour un pays qui se vante de posséder l'une des meilleures organisations des soins dans le monde. 

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