Collapse énergétique ?

 |   |  344  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
.

Il y a longtemps que le monde n'avait été confronté à des interrogations aussi fortes sur son devenir énergétique. Quatre décennies durant, pétrole et nucléaire se sont relayés, au moins dans le temps, pour fournir une énergie abondante et, le plus souvent, peu chère. L'embargo pétrolier, décrété par les pays arabes en 1973, avait conduit l'Occident à mettre en place une politique d'indépendance énergétique centrée pour l'essentiel sur la filière nucléaire. Et, depuis, chaque envolée du cours du baril redonnait vie à cette énergie, malgré deux longs « hivers » après les accidents de Three Mile Island, en mars 1979 aux États-Unis, et de Tchernobyl, en avril 1986 en Ukraine. Cette alternance est sur le point de se rompre. Le recul, ces derniers jours, du prix du pétrole ne doit, en effet, pas faire illusion. Il suffirait de peu de chose, d'une manifestation qui dégénère à Manama, la capitale du royaume de Bahreïn, terre d'affrontement entre sunnites et chiites, véritable épicentre du golfe Persique entre Arabie Saoudite et Iran, pour que le cours de l'or noir s'envole à nouveau. L'onde de choc serait, cette fois, sans commune mesure avec les inquiétudes soulevées par la guerre civile en Libye. Quant au nucléaire, il voit se profiler un nouvel « hiver », les écologistes professant même une nouvelle ère glaciaire ! Non que la France ou les États-Unis renonce à cette filière, et encore moins la Chine - aucun de ces États ne saurait par quoi la remplacer -, mais parce que celle-ci est durablement condamnée à rassurer sur son innocuité. Entre les « stress tests » annoncés par Bruxelles, les fermetures « provisoires » de réacteurs par Berlin, la « suspension » du renouvellement du parc suisse, on voit mal se faufiler de nouveaux projets. Pétrole, nucléaire... Ce télescopage ouvre la voie à un aggiornamento complet des politiques énergétiques. S'habituer au solaire, se résigner à la défiguration des paysages par l'éolien et, plus encore, réhabiliter les économies... pagay@latribune.fr

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :