L'attractivité et son revers

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Il y a plusieurs façons de lire les chiffres 2010 de l'investissement étranger en France. Optimiste, si l'on s'en tient aux projets recensés, dont le nombre croît de 22%, et aux emplois créés ou sauvegardés, près de 32.000, selon l'Afii, l'Agence française pour les investissements internationaux. L'Hexagone reste la quatrième destination mondiale, la première en Europe. Les projets à fort contenu technologique et à valeur ajoutée sont en hausse et représentent près de la moitié du total. Les retombées du crédit d'impôt recherche se font sentir, les entreprises étrangères assurant désormais plus du quart de la R&D faite en France.

Enfin, les implantations de quartiers généraux s'envolent, ce qui tendrait à prouver que la fiscalité et les restrictions sur l'usage de l'anglais imposées par la loi Toubon se font moins dissuasives. Dans un pays où le taux de chômage dépasse les 9%, on ne s'en plaindra pas. Mais à y regarder de près, les chiffres de l'Afii sont moins flatteurs. D'abord, parce que le flux des investissements internationaux, en valeur cette fois et non en nombre de projets, a reculé en France, l'an dernier, de 3,7% selon la Cnuced, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement, alors qu'il progressait vers le Royaume-Uni, la Belgique ou les Etats-Unis.

En effet, la taille moyenne des projets étrangers, pris individuellement, s'est réduite, tout comme le nombre des créations d'emplois. "Last but not least", si les reprises de sociétés françaises en difficulté sont stables, rien n'est dit sur les acquisitions d'entreprises françaises en bonne santé. Et là, si l'on en juge par les saisines des tribunaux de commerce, certains investissements relèvent du pillage économique. "La France est ouverte", se félicitait lundi Nicolas Sarkozy, lors d'un conseil sur l'attractivité. Encore faut-il l'être sans naïveté. 

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