La meilleure amie de Greta, c'est la finance  !

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L'an dernier, Greta Thunberg, militante écologiste suédoise de 16 ans, participait déjà au Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse (ici lors d'une table ronde entre François Villeroy de Galhau gouverneur de la banque centrale française, à gauche, et Willis Towers Watson, PDG de John J.Haley).
L'an dernier, Greta Thunberg, militante écologiste suédoise de 16 ans, participait déjà au Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse (ici lors d'une table ronde entre François Villeroy de Galhau gouverneur de la banque centrale française, à gauche, et Willis Towers Watson, PDG de John J.Haley). (Crédits : Reuters)
ÉDITO. À Davos, pour la 50e édition du World Economic Forum, l'activiste Greta Thunberg croisera Donald Trump mais également Larry Fink, le patron du fonds Blackrock (7.500 milliards de dollars d'actifs investis) pour qui « le risque climatique est devenu un risque financier». Par Philippe Mabille, directeur de la Rédaction.

Une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement se rendront du 21 au 24 janvier à Davos pour la cinquantième édition du World Economic Forum. Deux vedettes se croiseront pour cet événement qui rassemblera plus de 2 .800 dirigeants du monde entier : le président américain Donald Trump, dont ce sera la seconde venue depuis son élection, l'année où il sollicitera un deuxième mandat ; et la jeune Greta Thunberg, qui fera elle aussi son second Davos pour dénoncer « l'inaction » des adultes au pouvoir face au réchauffement climatique. L'inaction ? La prise de conscience à laquelle a appelé l'égérie planétaire suédoise devant l'ONU, à New York, est pourtant bien là : dans sa traditionnelle enquête sur les risques mondiaux vus par les dirigeants, le Forum économique mondial révèle que les cinq premières préoccupations des 750 chefs d'entreprise interrogés sont toutes liées à l'environnement. Il ajoute que, à moins que les parties prenantes ne s'adaptent à « l'évolution du pouvoir politique de notre époque » et aux turbulences géopolitiques qui y sont liées - tout en se préparant pour l'avenir -, il sera bientôt trop tard pour relever certains des défis économiques, environnementaux et technologiques les plus pressants. Greta ne dira pas mieux.

Blackrock allié de Greta ?

Une autre vedette américaine, de la finance celle-là, fera comme chaque année le voyage dans la station chic des Alpes suisses, Laurence Fink, le patron du fonds Blackrock qui vient de faire parler de lui en France à propos de la réforme des retraites, mais dont les détracteurs feraient bien mieux de lire la prose. Dans sa lettre annuelle à ses clients, « Larry » fait lui aussi du « Greta », mais avec des arguments sonnants et trébuchants : « Le risque climatique est devenu un risque financier. »

De quoi faire changer d'avis le climatosceptique Trump sur l'urgence de revenir dans les clous de l'accord de Paris de 2015 sur le climat ?

En tout cas, le monde de la finance, dans lequel Blackrock pèse près de 7. 500 milliards de dollars d'actifs investis, ne fait plus l'autruche.

« Les entreprises, les investisseurs et les gouvernements doivent se préparer à une réallocation significative des capitaux dans un avenir proche, plus proche que la plupart des gens ne l'anticipent », écrit Larry Fink.

Des changements radicaux sont en germe : dès lors que l'investissement durable devient le principal levier d'action pour allouer ses actifs financiers, BlackRock s'engage à « liquider les investissements affichant un risque élevé en matière de durabilité », à commencer par le charbon thermique. Les outils permettant d'évaluer les risques en matière d'ESG (environnement, social et de gouvernance) sont de plus en plus élaborés et convaincants et commencent à apporter une transparence aux épargnants et aux investisseurs.

En s'associant avec le gestionnaire de fonds français Sycomore AM, La Tribune a décidé de participer à ce grand mouvement de plaques tectoniques qui secoue déjà la finance, en publiant son baromètre des entreprises les mieux ou les moins bien préparées à l'objectif de limiter le réchauffement à + 2 °C.

Ce tableau (que vous retrouverez dans le dossier de notre Hebdo n° 317, page 7), permet de mesurer le chemin qui reste à parcourir par certains secteurs ou entreprises pour respecter les futurs critères d'investissement de la « finance neutre en carbone ».

Soyons clairs : il ne s'agit pas ici de mettre en cause les efforts, parfois réels, des entreprises pour contribuer à sauver la planète, mais de souligner le risque, tout aussi réel, pour ces entreprises de disparaître, en perdant leurs financements, si elles s'en tiennent aux bonnes intentions ou au "greenwashing" ("écoblanchiment", en français)... Greta à Davos doit s'en convaincre : sa meilleure amie est la finance !

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Commentaires
a écrit le 18/01/2020 à 13:26 :
Greta aime le cinéma stop greta arrête le ciné vas a l’école
a écrit le 17/01/2020 à 21:45 :
Chaque époque de dupe a son personnage 😁
A l’époque où il fallait sauver l’Afrique : c’était les groupes musicaux , les concerts ...
A l’époque où il fallait combattre l’Aparteid , fallait son «   personnage fort »
Maintenant qu’il faut défendre la «  terre «  et «  l’écologie «  il faut une «  petite graine «  qui deviendra grande ... une personne crée comme toutes les autres de toute pièce ( ça fait longtemps que la sélection naturelle est morte ), car ce n’est pas nous qui choisissons c’est ce monde «  club très fermé » qui choisit qui comment, ou ,pourquoi Et quand ...
a écrit le 17/01/2020 à 15:51 :
C'est normal : tout ça c'est du virtuel pour remplir les médias : les milliards de milliards, la fin du monde pour demain, etc..., c'est juste pour oublier qu'on ne sait pas à quel point nos vies sont em...antes.
Puisqu'on est gavé de tout, nous, les bobos.
a écrit le 17/01/2020 à 11:41 :
Le titre est volontairement ambigu, car est-ce pécher contre le Peuple souverain que de s'entretenir des problèmes climatiques avec les financiers de la planète ? Le populisme s'est emparé des meilleurs esprits. Pauvre cher pays !
a écrit le 17/01/2020 à 11:05 :
Quelle bande de faux-cul ! Ils vont agir a minima non pas par conviction écologique mais par peur de perdre du pognon.
a écrit le 17/01/2020 à 10:34 :
Ils ne sont pas en train de voir l'effondrement de leur monde ? Et cela les alarme ? Ils testent tout et n'importe quoi pour sauver ce qui est encore sauvable de leur ancien monde.
a écrit le 17/01/2020 à 10:30 :
Pas sur que la finance et la transition écologique vont de paire. Faite une recherche internet : L'effet Reine Rouge de Gaël Giraud pour vous en convaincre.
a écrit le 17/01/2020 à 9:46 :
Une pisseuse qui parle d'economie. Le monde devient fada.
a écrit le 17/01/2020 à 9:04 :
le meilleur ami de la petite haineuse a couette, c'est son pere qui lui ecrit ses discours de propagande, puis c'est twitter qui permet de relayer ca, en tuant plein d'ours blancs sans que ca lui pose le moindre probleme moral
ce qui pollue le plus actuuellement c'est internet, et j'ai pas l'impression qu'entre deux avions elle ait l'intention d'y renoncer
a écrit le 17/01/2020 à 8:39 :
"Greta à Davos doit s'en convaincre"

Non ! C'est à la finance de convaincre Greta certainement pas l'inverse, c'est grotesque d'ailleurs de le penser, et de convaincre 7 milliards d'individus qui n'ont pas les moyens financiers et matériels pour arrêter la destruction de la planète et le massacre de l'humanité engendré par cette même finance.

DE la logique pure et dure et si déjà vous commencez par déresponsabiliser encore et toujours les principaux responsables cela ne sert strictement à rien, si les actionnaires milliardaires sont incapables de comprendre que ce n'est qu'à eux de défaire ce qu'ils ont fait c'est mort.

Que ces gens qui nous menacent nous rassurent enfin ! Parce que le principe sécuritaire ils savent nous le vendre tout en évitant soigneusement de nous protéger nous leur avons cédé, bêtement il est vrai, une grande part de notre liberté pour que dalle, pire pour nous éliminer !

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