Le niet à Obama et aux syndicats

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Pas de relance supplémentaire ! C'est la réponse, hier soir, de François Fillon aux syndicats. C'est aussi celle, hier à Bruxelles, des Européens à l'Amérique. Obama estime, lui aussi, que les Européens doivent en faire plus...

Oui. Obama, les syndicats, même combat ! C'est vrai. Depuis quelques jours, le président américain fait pression sur les Européens pour qu'ils renforcent leur plan de relance.

L'Amérique, sur ce plan, en fait plus que l'Europe. Le dernier plan de relance, là-bas, c'est l'équivalent de 600 milliards d'euros contre au total pour les 27, 200 milliards à peine. Près de 4% de leur produit intérieur là-bas contre à peine 2% ici. Un déficit qui va vers les 10% du Pib en Amérique, de 3% seulement en Europe. Bref, il y a bien une différence d'échelle. Là où l'Etat américain tire au bazooka, les Etats européens donnent l'impression de jouer petit bras.

Et ça, les Américains trouvent que ce n'est pas bien. Barack Obama l'a dit : chacun dans le monde doit contribuer à la relance mondiale. Et dans ce jeu, l'Europe n'en ferait pas assez. D'où cet appel de Washington...

Hier, dans une belle unanimité, les chefs d'Etat et de gouvernement ont rejeté cet appel...

Oui. Un niet, net et ferme. Pour justifier leur refus, les Européens ont invoqué trois raisons.

Un. Ils estiment qu'ils n'ont pas à recevoir de leçon de l'Amérique. C'est quand même d'Amérique que vient la crise. On ne voit pas pourquoi les premiers responsables de cette crise seraient en droit de jouer aujourd'hui les professeurs.

Deux. L'Europe invoque sa différence, son modèle économique et sociale. Et c'est vrai. Un salarié de Saab, en Suède, qui perd son emploi, ce n'est pas la même chose qu'un salarié licencié par General Motors à Detroit. En Suède, il touche des indemnités de chômage, bénéficie d'aides sociales et a généralement quelques économies. Aux Etats-Unis, des indemnités, il n'en aura que quelques semaines, des aides, il en aura peu, de l'épargne, il n'en a pas, au contraire, il est généralement très endetté.

Bref, en Europe, il y a des amortisseurs, des stabilisateurs automatiques plus puissants qu'en Amérique. Ils fonctionnent un peu comme un plan de relance caché.

Les plans européens de relance n'ont pas amélioré les choses jusqu'à présent ?

Justement, c'est le troisième argument des Européens. Pas la peine de remettre du charbon dans la machine tant que les premiers chargements n'ont pas été livrés. Les plans de relance mettent, un peu partout, du temps, à se concrétiser. En Europe comme aux Etats-Unis. Il est encore trop tôt pour juger de leur efficacité.

Obama, comme les syndicats, vont donc continuer à en demander plus. Ils vont, en France, bénéficier d'un soutien inattendu...Celui de l'Insee. L'institut, officiel, de la statistique a révisé, hier, ses prévisions pour 2009. Sombres, très sombres. Un véritable appel, supplémentaire, à un plan supplémentaire !

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