Président du Conseil : nain ou géant ?

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Ce sera le poste le plus emblématique de l'Union européenne. Celui sensé enfin lui donner un visage et une voix et couper court à la célèbre critique de l'Américain Henry Kissinger : « l'Europe, quel numéro de téléphone? ». Et pourtant, le profil du titulaire idéal n'est pas arrêté, ses responsabilités sont floues et il n'y a même pas de candidat officiel! Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de volontaires. Avant la crise, Jean-Claude Juncker se profilait comme le candidat idéal, sinon incontournable : issu d'un petit pays, au coeur de la zone euro, Européen multilingue, véritable dinosaure de l'intégration européenne. Mais le président de l'Eurogroupe a été critiqué pour son immobilisme lors de la crise financière. Une autre étoile est alors montée au firmament des chefs d'Etat européens : celle de Tony Blair qui était quasiment tout l' opposé du Luxembourgeois. Elle a pâli à son tour. Et voilà que le Luxembourgeois se remet en selle. « Je ne suis pas un nain... J'ai des relations amicales avec Vladimir Poutine (...) et je connais depuis longtemps les dirigeants chinois », dit-il cette semaine au quotidien Le Monde. Jean-Claude Juncker aimerait clairement être celui qui décroche le téléphone.

Une règle non écrite veut que le titulaire ait été chef de gouvernement. Mais cela laisse encore quelques possibilités. Le libéral et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt courtise discrètement les pays baltes et centre-européens. Le Premier ministre des Pays-Bas Jan Peter Balkenende a fait son « coming out » sous la pression de la presse batave. L'ancienne présidente irlandaise et commissaire aux Droits de l'Homme des Nations-Unis Mary Robinson n'a pas que les avantages du genre. Le Finlandais Paavo Lipponen a le mérite d'être un social-démocrate « nordiste » face au conservateur "sudiste" Barroso.

Il y aura bien quelqu'un au bout du fil. Mais pour dire quoi? Personne ne croît vraiment à un président fort, façon Nicolas Sarkozy pendant la présidence de l'Union européenne, précisément parce qu'il faudrait faire face à un Sarkozy ou à une Angela Merkel. Un honnête «broker » qui mette de l'huile dans les rouages entre chefs d'Etat? Eventuellement. Une troisième possibilité serait que le futur président soit une autorité morale, un repère pour les citoyens à l'instar des chefs de l'Etat allemand ou italien. Seule certitude : sa première mission sera d'écrire sa propre fiche de poste.

F.A. & Y.-A.N.

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