Climat : les conditions d'une réussite de la conférence de Paris

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Bertrand Pancher, responsable du pôle écologie de l'UDI, défend l'idée d'une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre et la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe
Bertrand Pancher, responsable du pôle écologie de l'UDI, défend l'idée d'une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre et la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe (Crédits : DR)
Après le flop de la conférence de Varsovie, la France doit prendre le leadership de la lutte contre la réchauffement, en vue de la conférence de Paris, en 2015. Elle doit notamment promouvoir la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe. Par Bertrand Pancher, député de la Meuse, responsable du « Pôle Ecologie" de l'UDI

La 19ème conférence internationale sur le réchauffement climatique, qui s'est achevée samedi à Varsovie, était attendue. Le dernier rapport des experts du climat, le GIEC, est sans équivoque : si l'on ne fait rien, la température de la planète va augmenter de 4 à 4,5° à la fin du siècle soit 75cm à 1 mètre d'augmentation du niveau des océans; une catastrophe économique, humaine et environnementale absolue pour tous et notamment pour la France, au climat continental, et encore plus exposée que d'autres pays. Il faut donc tout faire pour limiter la hausse à 2°, ce qui est encore techniquement possible.

Le flop de Varsovie: deux objectifs manqués

Cette conférence a malheureusement abouti à un « flop ». Après Copenhague, la plus grande réunion de chefs d'Etats et de gouvernements de tous les temps, puis la conférence internationale de Doha, la rencontre de Varsovie se fixait deux objectifs clairs afin de limiter cette hausse de la température future à 2°:

1-Construire une feuille de route précise afin de pouvoir aboutir à un accord international et général en 2015 à Paris. L'accord de Doha en 2011 prévoyait en effet de parvenir en 2015 à un accord applicable à tous les pays, entrant en vigueur en 2020 et prenant la forme « d'un protocole, un autre instrument juridique ou un résultat agréé ayant force de loi en vertu de la convention applicable à toutes les parties ».

L'ensemble des pays avait alors convenu de négociations plus opérationnelles et structurées à Varsovie afin de préparer les premiers éléments d'un texte en 2014, livré à la prochaine conférence internationale de Lima, pour aboutir enfin à un accord définitif à celle de Paris en 2015. Il fallait donc acter un travail interne précis pour chaque État.

2-Définir le contenu de l'enveloppe de 100 milliards d'euros dégagée par les pays développés à l'horizon 2020, pour compenser les dégâts environnementaux notamment pour les pays fragiles. En 2010, à la conférence de Cancun, l'adaptation avait été affirmée comme défi majeur auquel devaient faire face tous les pays, ceci avec un soutien financier et technologique pour les pays les plus vulnérables. La conférence de Varsovie devait détailler les efforts de soutien, affichés pour le moment à 30 milliards de dollars sous forme d'ailleurs, avant tout, de redéploiements de crédits…

L'échec de la conférence de Paris se profile

L'on attendait de Varsovie un accord sur le recensement début 2014 des engagements des principaux pays de la planète, nous n'avons obtenu qu'une demande de remise de contributions début 2015 pour les pays le pouvant… Sur le plan financier l'ensemble des pays en voie de développement s'est heurté à la langue de bois des pays riches… L'échec de la conférence de Paris se profile…

Il est donc vital que la communauté internationale se ressaisisse et il est indispensable que l'Union Européenne, première puissance économique mondiale, se donne les moyens d'entraîner la plupart des pays de notre planète.

Deux impératifs pour la conférence de Paris

La France, qui accueillera la conférence internationale de Paris en 2015, est face à une responsabilité historique. Saura-t-elle entraîner l'Europe pour que l'Europe entraîne le monde ?

1-Comme nous l'avons fait à travers la présidence française de l'Union Européenne en 2008, par ce que l'on a appelé le « 3 fois 20 » (-20% de GES, -20% de consommation énergétique et +20% d'énergies renouvelables à l'horizon 2020), nous devons maintenant engager notre continent en 2030 sur un objectif de réduction du gaz à effet de serre (GES) de 50% afin d'aboutir à une trajectoire de réduction complète en 2050. C'est possible car, grâce à nos efforts, nous dépasserons très largement les objectifs de baisse de GES de l'époque. Le Royaume-Uni vient d'ailleurs de fixer la voie à suivre.

2-Nous devons enfin commencer à réguler les échanges au niveau de nos frontières européennes. La mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe est le seul moyen d'orienter de façon vertueuse les échanges et de faire entendre raison à ceux qui inondent nos marchés sur le dos de la planète et qui pillent nos emplois. La Chine, qui s'était laissée convaincre par un début d'engagement à Doha en 2011, a fait avorter la conférence de Varsovie. Il faut maintenant mettre les principaux pays émetteurs au pied du mur…

La France doit prendre le leadership

Afin que la conférence de Paris, présidée par la France, ne soit pas un échec, notre pays doit avoir pleinement conscience des enjeux et prendre le leadership de la lutte contre le réchauffement climatique sur le plan national, par une prochaine loi « climat énergie » de grande ambition et, sur le plan européen, par des engagements permettant d'initier un nouveau modèle à l'échelle du monde. Notre continent, qui est la 1ère puissance économique mondiale, en a la possibilité.

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 28/11/2013 à 7:34 :
Ce monsieur ne semble avoir lu que le résumé pour décideur du GIEC et avoir retenu que les valeurs les plus hautes qui, de l'aveu même du GIEC sont loin d'être les plus probables. Avec une fourchette de prévision d'élévation de température moyenne comprise entre 0,3 à 4,8°C, il faut raison garder et surtout essayer de resserrer cette fourchette qui montre que la climatologie a encore beaucoup de pain sur la planche. Mais c’est vrai que pour faire le buzz, le catastrophisme est plus payant dans tous les sens du terme !
a écrit le 27/11/2013 à 23:11 :
Les conditions d'une réussite seraient: un hiver sans neige et une canicule de 3 mois l'été prochain, puis des trombes d'eau à l'automne qui perdureraient en crues gigantesques jusqu'au printemps, chaud et pluvieux au point de faire pourrir les semences en herbe....
J'oublie quelque chose, mais quoi?
a écrit le 27/11/2013 à 22:05 :
Ce discours est ridiculissime..encore un adepte du Dieu Biodiversité..
a écrit le 27/11/2013 à 20:33 :
D'autres ont le leadership de l'industrie et de l'exportation mais nous allons avoir le "leadership de la lutte contre le réchauffement". Si c'est pas un vrai avantage concurrentiel ça... La Chine et l'Allemagne en tremblent déjà (à moins que ce ne soit de rire).
a écrit le 27/11/2013 à 19:09 :
Le "leadership de la lutte contre le réchauffement" : plus don quichottesque que çà, y'a pas

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