Le Japon montre la voie à ne pas suivre, l'Europe ne fait pas mieux

 |   |  664  mots
(Crédits : Reuters)
Quelle voie va suivre le premier ministre japonais une fois conforté par les élections? Probablement celle de l'investissement public, qui passe par l'accroissement de la taille du bilan de la Banque du Japon et une hausse du déficit budgétaire Par François Leclerc @fdleclerc

Le Japon, troisième puissance économique mondiale, va-t-il commencer à réduire son endettement ? Cela ne se présente pas bien, et les dirigeants européens feraient bien de s'y intéresser avant de laisser l'Europe s'enfoncer dans une situation de japonisation larvée, qui est chaque jour qui passe confortée par des indices déprimés.

Sous l'impulsion du premier ministre Shinzo Abe, la Banque du Japon poursuit la plus grande opération de création monétaire jamais réalisée, tirant ainsi la carte de la dernière chance. Mais avec quels résultats ? Sorti de la récession en 2012 et connaissant des débuts de croissance encourageants en 2013, le pays est lourdement retombé dans la récession. Ni la faible contribution du commerce extérieur, ni l'augmentation des dépenses publiques n'ont pu l'empêcher. Quant à l'inflation, son timide sursaut est d'une grande fragilité et résulte largement des importations d'hydrocarbures. En conséquence, le premier ministre a annoncé qu'il renonçait à une deuxième augmentation de la TVA, afin de ne pas aggraver la baisse de la consommation. C'était la seule mesure tangible de réduction du déficit budgétaire, au demeurant d'impact modeste.

Le cercle vertueux ne s'est pas enclenché

La stratégie de création monétaire massive poursuivie par Shinzo Abe reposait sur un retour à la croissance de l'ordre de 3 % par an, avec pour objectif de réduire ainsi le déficit et de sortir de la déflation. La combinaison de taux d'intérêt plus faibles et d'un déficit budgétaire moins élevé permettrait de réduire progressivement l'endettement (qui a atteint le niveau de 245 % du PIB au Japon).
Mais ce cercle vertueux ne s'est pas enclenché. Si la baisse des taux est intervenue et l'aiguille de l'inflation a frémi, la croissance n'est pas revenue et le Japon n'est pas franchement sorti du piège de la déflation ; ce qui laisse entier le problème de son désendettement, un problème que le FMI ne manque pas de souligner à chaque occasion. Entre diminuer le déficit et favoriser la croissance, les impératifs sont contradictoires, une situation qui tend à se reproduire.

La fuite en avant: la relance par l'investissement public

Que peut alors décider le premier ministre - une fois consolidée son assise politique en convoquant de nouvelles élections - si ce n'est continuer de pratiquer la fuite en avant en continuant d'espérer des résultats ? En attendant des jours meilleurs, cela signifiera continuer d'accroître la taille du bilan de la Banque du Japon et creuser le déficit budgétaire, afin de tenter à nouveau de relancer la croissance par l'investissement public.

Une problématique similaire en Europe

Placés devant une problématique similaire dans un contexte différent, la Commission européenne présidée par Jean-Claude Juncker continue de travailler à un plan d'investissement pluriannuel massif, afin de le présenter à l'adoption du sommet européen de décembre prochain. Le projet actuel reposerait sur la création d'un fonds d'investissement de 300 milliards d'euros, au sein duquel l'apport public ne représenterait que 30 milliards d'euros, ce qui représenterait un effet levier de facteur 10.

Un tel objectif élevé est en effet incontournable, vu les fonds publics limités qui peuvent être mobilisés. L'augmentation précédente de capital de la Banque européenne d'investissement (BEI) ne peut être rééditée et l'utilisation des fonds du Mécanisme européen de stabilité (MES) se heurte au veto allemand. Pour attirer les investisseurs privés en si grand nombre, il n'y a pas d'autres moyens que de les garantir contre les pertes éventuelles du fonds d'investissement dont ils seraient appelés à souscrire les obligations. À cet effet, le mécanisme des Collateralized debt obligations (CDO) serait utilisé, les fonds publics utilisés comme tranche couvrant les premiers risques et les fonds privés bénéficiant des retombées des profits. A suivre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/11/2014 à 19:24 :
Au moins on sait qu'il ne faut pas suivre la même politique économique que les Japonais ont appliqué chez eux. Pourvu que nos élus ne fassent pas la même erreur
a écrit le 18/11/2014 à 18:20 :
Le Japon ( non pas les japonais mais l' élite, abe, le pld etc.. ) veut la guerre et y va direct. On y met juste les formes de la ' démocratie '. Du revanchisme d' un coté et de l' autre car il n' y a plus d' autres solution. C' est une ritournelle de l' histoire. ce sera çà la troisième flêches, celle que tout le monde attend ( les moins crédules s' entend ). Il va y avoir comme d' habitude, bourrage d' urne et la mafia.
Réponse de le 19/11/2014 à 19:24 :
Vous devriez augmenter le tranxene...
Réponse de le 20/11/2014 à 9:10 :
Vous êtes incrédules comme toutes les masses que l' on rencontre.. c' est normal sinon le monde ne pourrait pas fonctionné. Votre maison ? vous pensez qu' elle vaut 500.000 euro ? comme le pensait à raison, il n' y a pas si longtemps les irakiens, syriens, ukrainiens etc.. hé bien non, elle ne vaudra même pas le prix de la plomberie avant la fin du 3ème mandat de Abe., Comme il est lassant d' avoir à expliquer, étant un tout petit mieux au fait de ses choses, qui est Abe ( petit fils de criminel de classe A condamné, exfiltré et utilisé par les usa, le rôle de la mafia etc..) tapoter donc simplement shinzo abe sur wikipedia, vous en apprendrez déjà un peu plus.. on en reparle ensuite..

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :