Investissement public : de nouvelles priorités pour faire face aux enjeux des prochaines décennies
Guéric Jacquet, Issam Taleb et Pierre-Aymeric Dewez

De gauche à droite, Guéric Jacquet, Issam Taleb et Pierre-Aymeric Dewez
Franck Dunouau
Guéric Jacquet, Issam Taleb et Pierre-Aymeric Dewez

De gauche à droite, Guéric Jacquet, Issam Taleb et Pierre-Aymeric Dewez
Franck Dunouau
Cet engagement s'incarne dans les annonces récentes liées à des investissements publics, qui mobilisent des montants considérables : un plan de relance européen à 750 milliards d'euros, un plan national de relance et de résilience en France à 100 milliards d'euros, un 4e programme d'investissement d'avenir à 20 milliards d'euros, un plan France 2030 à près de 30 milliards d'euros, etc. Ces montants sont corrélés aux grandes ambitions que la France et l'Europe se fixent d'ici 2030 : améliorer la compétitivité de l'économie, réorienter notre tissu productif vers les besoins de demain (batteries électriques, hydrogène, etc.) ou encore favoriser notre indépendance dans des secteurs clés (santé, agroalimentaire, défense). Ils pourraient même se révéler insuffisants pour financer l'ensemble des besoins, notamment en matière de transports, de recherche & développement et de transition écologique.
D'après nos calculs, pour couvrir les besoins identifiés, il manquerait environ 60 milliards d'euros par an à financer, soit via l'investissement public, soit en collaboration avec des financements du secteur privé. En effet, les besoins liés à la transition environnementale vont doubler dans la prochaine décennie et représenteront 75 milliards d'euros par an à financer, venant s'ajouter aux besoins liés à la modernisation des systèmes de transport ou de rénovation des infrastructures sociales (hôpitaux, écoles, établissements culturels...). Plusieurs scénarios sont envisageables pour répondre à ces besoins. Si l'augmentation du volume d'investissement - au détriment de nos finances publiques - est difficilement envisageable, l'intervention publique pourrait être recentrée sur certains secteurs.
Des logiques partenariales pourraient également être développées, tant à l'échelle européenne qu'avec le secteur privé pour créer un effet de levier sur les secteurs d'avenir. Ce scénario implique d'une part, de recentrer les investissements financés à 100% par la puissance publique sur les seuls secteurs où le marché ne peut supporter les investissements en question et d'autre part, pour les autres secteurs, de systématiser le recours à l'effet de levier avec l'investissement privé pour tout investissement public
Certaines filières peuvent servir d'exemple, comme l'effort de transformation de notre système de transports le prouve (du TGV à la voiture électrique). Quel que soit le scénario envisagé, plusieurs pistes permettraient d'assurer une gestion plus efficiente de l'investissement public. La répartition de l'effort entre l'État, les collectivités territoriales et les établissements publics est, en complément, une force du modèle français qui permet de toucher tous les territoires et tous les secteurs.
Il en résulte toutefois des difficultés de coordination et d'allocation des deniers publics sur les projets les plus nécessaires compte tenu de la multiplicité d'acteurs susceptibles d'intervenir dans l'initialisation et la réalisation de ces derniers. Le modèle français est également complexe pour les porteurs de projet, qui peinent à naviguer entre les différentes opportunités offertes par des dispositifs qui se font concurrence.
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Ainsi, quatre pistes peuvent être identifiées pour faire de l'investissement public un instrument de la transformation de notre pays :
Ainsi, l'investissement public, maîtrisé dans ses montants, et mieux alloués sur ses priorités, pourra contribuer au soutien d'une croissance durable et soutenable.
Guéric Jacquet, Issam Taleb et Pierre-Aymeric Dewez
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