« L’Ukraine a besoin de davantage d’armes » (Charles Sitzenstuhl, député Renaissance du Bas-Rhin)
Charles Sitzenstuhl
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© Blondet Eliot/ABACA via Reuters
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La nuit se termine, le train parti de Pologne pénètre dans les faubourgs de Kiev à l'aube. La grisaille humide et les feuilles jaunes peignent un automne morose de capitale d'Europe de l'Est. Une dérangeante normalité règne dans la ville. Il faut passer par les check-points, sacs de sable et barbelés, se laisser surprendre par une sirène antiaérienne, s'arrêter au mur des interminables portraits de soldats tombés au champ d'honneur, pour revenir à la réalité : l'Ukraine est toujours en guerre.
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Certes Kiev n'a pas plié, le Nord est libéré. Certes la résistance héroïque du peuple ukrainien l'a assuré d'une puissante vague de sympathie. Certes son désir d'Europe a réveillé la conscience d'unité du Vieux Continent. Mais voici la carte : l'envahisseur russe n'est pas repoussé à ses frontières, occupant un large territoire du Sud et de l'Est. La contre-offensive n'a pas apporté les résultats espérés, le front se fige, avant un hiver difficile.
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La société globale du zapping permanent risque de se lasser. Le Kremlin n'attendait pas mieux du Proche-Orient pour se faire oublier. Dans le confort de nos existences ouest-européennes, les doutes affleurent : les Ukrainiens n'ont-ils pas encore gagné ? N'avons-nous pas été trop audacieux de nous en mêler ? À quoi bon, finalement ? La France a connu son Alsace-Lorraine, l'Allemagne renoncé à la Silésie et à la Prusse, l'Ukraine ne va pas trop en demander pour la Crimée et le Donbass... La cohorte des « experts » nous revendra l'aveu de nos faiblesses sous couvert de « réalisme ».
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