La nouvelle guerre froide n’est pas forcément celle que l’on croit

Marc Endeweld
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Poutine et macron ont parle de l'ukraine et de la syrie
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Poutine et macron ont parle de l'ukraine et de la syrie
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Sur le front international, Emmanuel Macron surprend son monde. Multipliant les formules chocs, il tente de bousculer le petit village des relations internationales, notamment les diplomates et leurs œillères si confortables. Fin août, lors de son discours aux ambassadeurs, il avait stigmatisé « l'État profond » qui régnerait au Quai d'Orsay, et qui résisterait à tout rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine. Étrange victimisation publique de la part d'un chef d'État qui fait part ouvertement de son impuissance à transformer en profondeur l'administration diplomatique.
Doublement étrange, car cette formule, celle de « l'État profond », est utilisée régulièrement par Donald Trump et ses partisans face à l'establishment de Washington, et face au Pentagone et aux services de renseignement. Reste qu'aux États-Unis, le « complexe militaro-industriel » existe bel et bien, et a naturellement tendance à s'autonomiser des responsables élus. En pleine guerre froide, le président Eisenhower, héros de guerre, décriait à raison ce véritable lobby d'État alors hostile à toute détente vis-à-vis du bloc soviétique. On est bien loin de cette situation en France.
Au cours de sa campagne, Emmanuel Macron avait annoncé la couleur. Dans ses discours, il affirmait vouloir tourner la page du « néoconservatisme », et assumait se placer dans une logique « gaullo-mitterrandienne ». Dans son livre Révolution, il consacrait un chapitre aux relations internationales, dans lequel il critiquait l'interventionnisme militaire au nom de considérations humanitaires, tirant notamment les leçons du fiasco de l'après-guerre en Libye. Il annonçait aussi vouloir rétablir un dialogue avec la Russie.
Dans son interview choc à The Economist, dans laquelle il constate « la mort cérébrale de l'Otan », Emmanuel Macron propose un diagnostic sans concession de la nouvelle donne. Constatant le désengagement américain vis-à-vis de l'Europe, il souligne « l'effondrement du bloc occidental ». C'est pourquoi il exhorte ses partenaires à assumer l'établissement d'une « Europe puissance » pour assurer leur autonomie stratégique et leur sécurité : « Vous devez réinternaliser votre politique de voisinage, vous ne pouvez pas la laisser gérer par des tiers qui n'ont pas les mêmes intérêts que vous. » Ajoutant : « Je pense que l'Europe ne sera respectée que si elle-même a une réflexion en termes de souveraineté. »
Marc Endeweld