Le changement climatique n'est pas la priorité majeure du monde

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(Crédits : DR)
C'est seulement en Europe qu'on juge prioritaire la question du changement climatique. Par Bjorn Lomborg, directeur du Copenhagen Consensus Center et professeur adjoint au Copenhagen Business School. Bjorn Lomborg commente chaque jour l'actualité de la COP21 pour La Tribune

Il n'y a aucun activiste en vue ici au Bourget dans la Banlieue de Paris où se déroule actuellement le sommet sur le climat. La zone a été bouclée, ce qui est compréhensible, et l'on y retrouve quasiment pas de public.
Cependant, bien que les marches préalablement planifiées aient été annulées pour des raisons de sécurité, vous trouverez encore beaucoup de manifestants passionnés qui tentent de faire pression dans les médias et ailleurs sur les intervenants de ce débat climatique en faveur d'un traité plus drastique.

 Des activistes bien intentionnés, mais...

Beaucoup parmi ces manifestants disent parler aux noms des populations pauvres de la planète. Ils font clairement entendre aux participants de ce sommet - les négociateurs climatiques, les politiciens, les bureaucrates et les médias internationaux - que la priorité la plus urgente dans le monde actuellement est une action contre le réchauffement climatique.
Sauf que ce n'est pas le cas. Ces activistes sont de bonne foi et bien-intentionnés. Mais leurs passions et les intérêts des populations les plus démunies du monde sont loin d'être similaires.

Lorsque nous considérons l'évolution des pays en voie de développement, nous devons reconnaître les récents progrès qui ont été réalisés : des améliorations considérables en matière d'espérance de vie, un accroissement de l'accès à l'éducation, une baisse de la pauvreté et de la faim dans le monde. Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire pour améliorer la qualité de vie des populations. (Voici les 19 investissements phénoménaux, approuvés par des lauréats du Prix Nobel, qui devraient être priorisés).
L'ONU a demandé à 8 millions d'individus à travers le monde quelles politiques ils choisiraient en premier lieu. Autant pour les répondants du monde entier que ceux des pays les pauvres, le climat vient à la 16e place sur 16 choix, après 15 autres priorités.

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En lieu et place du climat, les populations privées de moyens d'expression nous indiquent clairement leurs priorités : la qualité de l'éducation figure au top de leur liste, suivi par un meilleur accès aux soins, un meilleur accès à l'emploi, un gouvernement intègre et proactif, et un meilleur accès à une alimentation nutritive.

Le changement climatique, une préoccupation de riches

L'expression « la plus grande problématique de monde » est devenue un moyen banal pour rejeter les jérémiades des privilégiés. Mais le changement climatique préoccupe effectivement beaucoup plus les pays développés que les plus mal lotis dans le monde.
Les activistes qui bravent le froid dans les rues de Paris peuvent argumenter que le changement climatique pourrait empirer ces autres problèmes : le paludisme va s'endémiser ; la nourriture va se raréfier ; les désastres climatiques vont s'empirer. Cela peut être vrai, néanmoins cet argument s'applique également à tous les problèmes : la malaria ne fait pas que tuer, elle réduit aussi le taux de fréquentation scolaire, affecte les systèmes de santé, érode l'économie et rend tout le monde plus vulnérable aux autres problématiques.
Les problèmes climatiques suscitent beaucoup de passion ici à Paris. Mais cette passion est loin de s'aligner aux aspirations et aux besoins des populations les plus pauvres de la planète.

Traduit par  Ninah Rahobisoa

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Commentaires
a écrit le 05/12/2015 à 16:45 :
bonne nouvelle de plus en plus de gens se rende conte que le climat est une imposture
qui ne serve que quelques groupe de pression et voudrais faire peur aux gens on a qu a regardé se qui ces passé il n y a pas bien longtemp de 1950 a 1970 la periode la plus froide et la pollution automobile la plus nefaste meme qu il y avais moin d auto
la consomation était beaucoup plus grande et et chaque auto polluais beaucoup plus qu aujourdhui les technologie on bien changé
a écrit le 04/12/2015 à 14:38 :
Ne pouvant plus utiliser les arguments qu'il utilisait il y a 10 ans contre les changements climatiques, LOMBORG essaie d'en trouver d'autres.
a écrit le 03/12/2015 à 23:00 :
LE MANQUE D EAU POTABLE VAS RADICALEMENT CHANGER LES MENTALITEES LES PLUS OBTIMISTES? SI LES HOMMES DE BONNES VOLONTES NE FONT RIEN EST QU ILS CONTINUENT DE REVER LE TOUT MATERIALITE? ILS VONT VITE S APERCEVOIR QUE L EAU POTABLE VAS DEVENIR PLUS RARE ET PLUS CHERE QUE LE PETROLE? CAR LA SAGESSE POPULAIRE SAIT QUE L EAU SAIT LA VIE?/// DANS LE DESSERT UN LITRE D EAU A PLUS DE VALEUR QU UN KILO D OR /// ???
a écrit le 03/12/2015 à 17:09 :
La priorité numéro un c'est de contrôler les naissances.
a écrit le 03/12/2015 à 15:14 :
Cet article est extrêmement tendancieux. Il fait le jeu de ceux qui ne veulent payer ni pour la climat ni pour la malaria. Tout le monde sait que les pauvres sont les plus nombreux et qu'ils vivent dans la nécessité qui les contraint à une vision au jour le jour.
a écrit le 03/12/2015 à 8:53 :
Pour retrouver la croissance, il faut réduire le cout du travail (pacte de responsabilité). Pour réduire le cout du travail, il faut augmenter le prix de l'énergie (note n°6 du CAE). Une partie du chomage est en fait du temps de travail libéré par les gains de productivité.
Réponse de le 03/12/2015 à 14:33 :
Le problème c'est qu'elle est difficile a mettre en œuvre dans un monde globalisé! Il faut pour cela revenir a des frontières!
a écrit le 03/12/2015 à 8:41 :
Le changement climatique est avant tout un prétexte. L'essentiel est un aspect économique: l'énergie est le moteur du développement. Il existe une relation entre cout du travail et prix de l'énergie.
a écrit le 03/12/2015 à 7:34 :
Exacte ! Les riches se rendent compte que leur fortune va fondre au soleil, car le changement climatique est apocalypse de leur modèle économique. Leurs investissements dans les marinas et autres propriétés du littoral vont couler. Ils se rendent aussi compte que leur argent ne les protège pas de toutes les maladies. Les pauvres qui font déjà face à toutes ces difficultés s'y sont adaptés. Et les pays désignés comme "en voie de développement" ne demandent pas d'aide, mais seulement de l'argent, ce qui montre qu'ils souhaitent poursuivre cette course fatale au productivisme et à la création de "richesse".
a écrit le 03/12/2015 à 7:23 :
Enfin du bon sens ! Merci pour cette analyse !
Réponse de le 03/12/2015 à 10:37 :
@Jeanchik. Je crains fort que les opinions tres sensées de Mr Lomborg ne soient très minoritaires chez les décideurs (à part Bill Gates et sa fondation, ce qui n'est pas rien). Mais bon, on peut toujours espérer.

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